Antoine Fuqua

[CRITIQUE] : Equalizer


Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Denzel Washington, Chloë Grace Moretz, Marton Csokas, Melissa Leo,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : 50 000 000 $
Genre : Thriller, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h12min.

Synopsis :
Pour McCall, la page était tournée. Il pensait en avoir fini avec son mystérieux passé. Mais lorsqu’il fait la connaissance de Teri, une jeune fille victime de gangsters russes violents, il lui est impossible de ne pas réagir. Sa soif de justice se réveille et il sort de sa retraite pour lui venir en aide. McCall n’a pas oublié ses talents d’autrefois…
Désormais, si quelqu’un a un problème, si une victime se retrouve devant des obstacles insurmontables sans personne vers qui se tourner, McCall est là. Il est l’Equalizer…


Critique :

En voilà bien une série culte des 80's, qui méritait bien son petit rafraichissement sur grand écran, à l'instar de 21 Jump Street, et Dieu sait qu'elle ne sont pas beaucoup à l'être au sien d'une industrie Hollywoodienne qui adapte ou ré-adapte à outrance, pour peu qu'elle puisse récolter en masse du billet vert au dépend des amoureux du cinéma que nous sommes.

Equalizer, qui aura su habilement squatté la grille de diffusions de la chaine CBS durant quatre saisons, entre 1985 et 1989, était l'un de ses petits bijoux policiers qui citait avec malice les vigilante flicks culte des années 70 (Un Justicier dans la Ville notamment), tout en dénotant fortement avec ces petits camarades de l'époque, Hooker, Starsky & Hutch et compagnie.

Pas étonnant donc qu'une transposition sur grand écran des aventures de l'ancien agent secret solitaire Robert McCall, nous allèche au plus haut point, tant les bons vigilante flicks manquent cruellement dans le paysage cinématographique de ces dernières années (on note simplement les précieux Death Sentence, Jack Reacher, Prisoners et le récent Big Bad Wolves).


Après les défections successives - pour incompatibilité d'emploi du temps dit-on - des excellents Paul Haggis (Les Trois Derniers Jours, qui devait d'ailleurs retrouver Crowe sur ce film), Nicolas Winding Refn et Rupert Wyatt (La Planète des Singes : Les Origines), c'était finalement au sous-estimé Antoine Fuqua, fraichement sorti du carton surprise de La Chute de la Maison Blanche, à qui la direction de la péloche avait échoué, il y a un tout petit peu plus d'un an maintenant.

Un choix on ne peut plus heureux puisqu'il aura permit au bonhomme de retrouvé pour l'occasion, l'inestimable Denzel Washington treize ans après l'excellent Training Day, qui fut le premier film exploité en salles pour le metteur en scène, mais surtout l'unique performance à ce jour qui permit au comédien de remporter l'Oscar du Meilleur Acteur.

Si sans eux, le projet aguichait déjà pas mal les amateurs de cinéma burné, la présence du duo associé à celle de la jolie Chloë Grace Moretz - dont le rôle d'une jeune prostituée, promettait de faire fortement écho au personnage de Jodie Foster dans Taxi Driver -, faisait de cet Equalizer l'un des rendez-vous les plus immanquable de ce premier (et très chargé) mercredi d'octobre...

Le film suit plus ou moins la même trame que la série TV originale, à savoir l'histoire d'un héros qui méprise réellement toute forme d’injustice, et qui consacrera sa vie à venir en aide à ceux qui la subissent.
Ici, Bob McCall, veuf et simple employé dans un Workmart, a tiré un trait à sa vie passer pour mener une existence des plus tranquille, en attendant de rejoindre sa bien aimée dans l'au-delà.


Il pensait en avoir fini avec son mystérieux passé et pourtant, lorsqu'il rencontre la jolie Teri, une jeune prostituée victime de gangsters russes violents, la bête qui sommeille en lui ne peut que se réveiller et réagir.
Sa soif de justice ressurgit et il sort de sa retraite pour lui venir en aide, quitte à liquider tous les mafieux russes qui croiseront son chemin, le bonhomme n'ayant rien oublié de ses talents d’autrefois...

Qu'on se le dise désormais, si quelqu’un a un problème, si une victime se retrouve devant des obstacles insurmontables sans personne vers qui se tourner, McCall est là. Il est l’Equalizer...

Sans faire les fines bouches, difficile de ne pas admettre que face à un tel personnage, solitaire, mystérieux, à la brutalité et à la violence des plus primaires, on se demande bien ce qu'aurait pu en faire ce bon vieux Refn, surtout avec une star impliquée telle que l'immense Denzel face caméra.
Cette association détonante n'arrivera - probablement - jamais, nous nous sommes donc vu obligé de nous contenter d'Antoine Fuqua derrière la caméra... mais quel lot de consolation !

Le cinéaste, amoureux du cinéma d'action sans subtilité aucune, auquel il a offert, tout comme au polar, quelques-unes des péloches les mieux emballés et efficaces de ces dernières années (Training Day, Shooter, L'Elite de Brooklyn et Olympus Has Fallen), se la joue ici Tony Scott style - qu'il nous manque le frangin de Ridley n'empêche -, emballant avec énergie un thriller certes classique dans son approche et un poil le cul coincé entre les deux chaises  polar libre et noir des 70's et l'actionner bourrin et réfléchit de la fin des 80's/début 90's, mais furieusement divertissant et à l’esthétique joliment léchée.


L'itinéraire sans humanité d'une brute quinquagénaire au charisme animal, quasi-invincible puisque jamais démuni ni ébranlé même dans les situations les plus tendus et complexes, et qui accumule les mises à morts toutes plus jouissives et différentes les unes que les autres.

Via une mise en scène inspiré qui se permet tous les excès, même les plus kitsch (les effets ralentis et accélérés façon clip MTV, infâme ailleurs mais bizarrement fun ici), une lumière criarde, des décors finement choisis et une gestion du suspense remarquable sur plus de deux heures - jamais trop longue -, le cinéaste fait de Equalizer un bain de sang à l'ambiance et à la violence excessive constamment oppressante, une péloche froide, tendue et décomplexée, certes manquant cruellement de psychologie mais qui évoque joliment aussi bien le cinéma de Quentin Tarantino que celui du maitre Sam Peckinpah.

Dans la peau d'un personnage auquel il est bien difficile de se reconnaitre - et pour lequel on ne s'inquiète d'ailleurs pas de toute la péloche - mais dont on ne peut que jouissivement épouser sa vendetta, Denzel Washington en mode Man on Fire 2.0, tout en sobriété, reprend à la perfection la succession de feu Edward Woodward, tandis que la très peu présente mais étonnante Chloë Grace Moretz confirme tout le bien que l'on peut penser d'elle, dans le rôle d’une prostituée ayant un peu trop servit de sac de frappes.

A leurs côtés, Marton Csokas incarne lui un convainquant et redoutable homme de mains de la pègre russe.


Equalizer ou une adaptation franchement réussite d'un cop show méconnu mais culte, un thriller nerveux, haletant, violent et tendu dans la droite lignée des revenge movie des 70's, qui ,'est pas dénué de défauts et qui ne renouvelle certes pas le genre, mais remplit pleinement son contrat de divertissement classique, méchamment efficace et décomplexé.

Bref, un pur plaisir coupable sanglant et badass comme on les aime, tout simplement.

On attend donc impatiemment la suite - puisque le film a déjà une séquelle de promise par Sony -, histoire de voir le old school McCall aller concurrencer deux autres supers agents franchisés et de retour sur le devant de la scène, des certains Ethan Hunt et Jason Bourne...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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