[ENTRETIEN] : Entretien avec Marc Fitoussi (Ni vue, ni connue)
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| Copyright JEROME PREBOIS |
Si la friction entre réalité et fiction aurait pu alourdir le récit, Ni vue, ni connue se révèle une comédie des plus sympathiques par ses parallèles, bien aidée par deux actrices qui s’amusent et une mise en scène intéressante. Venu présenter le film en ouverture du Festival International du Film Francophone de Namur, Marc Fitoussi a pris le temps de répondre à nos questions sur ce titre qui célèbre les figurants.
D'où est venue l'envie du film ?
Il vient de l'envie de retrouver Isabelle Huppert et d'essayer de réfléchir à un rôle qu'elle n'avait pas déjà joué. Ce n'est pas une mince affaire quand on voit sa filmographie. À chaque fois que je retrouve Isabelle, j'essaie un peu de lui proposer quelque chose de si possible inédit. Par exemple, sur le précédent film qu'on a fait ensemble, La Ritournelle, je lui ai proposé de devenir agricultrice, elle qui est si parisienne, si citadine. Sur ce film, je me suis dit que la grande idée serait d'offrir à cette actrice, qui est peut-être la plus connue, le rôle d'une actrice totalement inconnue, et donc le rôle d'une figurante. Et pour ça, je l'ai appelée avant même de commencer à écrire. Il m'est déjà arrivé de l'appeler pour lui suggérer d'autres envies. Je me rends compte qu’elle me dit souvent oui tout de suite parce que, même si je lui avais proposé un rôle qu'elle aurait pu déjà jouer, on va dire que sous ma plume, ça reste quelque chose qu'elle découvrirait. Mais en tout cas, ce rôle de figurante l'excitait beaucoup et je me suis lancé. Et puis, là où l'aventure est devenue très chouette, c'est qu'en réfléchissant à ce personnage, je me suis dit qu'il allait forcément être confronté à des gens du métier, à des acteurs et des actrices plus connus qu'elles, plus accomplis. C'est comme ça que m'est venue l'idée de l'insérer dans ce cercle très fermé du cinéma français et de faire appel à des actrices que j'aime, comme par exemple Sandrine Kiberlain. J’avais aussi envie de retrouver et de lui proposer un personnage d'actrice avec un grand A, même de diva on va dire, totalement déconnectée, mais qu'elle jouerait sous son propre nom. Donc là aussi, il valait mieux demander la permission avant. Je ne me suis pas aventuré à écrire et à lui soumettre le scénario où elle se serait découverte citée avec des répliques parfois pas si flatteuses.
Justement, je trouve que cette approche référentielle pourrait tourner à vide dans certains films mais qu’ici elle nourrit vraiment les personnages par son décalage. Quelles ont été vos conversations plus précises avec ces personnages/acteurs qui devaient assumer leur propre image, leur propre fictionnalité d'une certaine manière ?
En fait, toutes les personnes avec qui j'ai travaillé sont des personnes que je ne connaissais pas toutes forcément avant d'entamer ce film. Par exemple, c'était ma première rencontre avec Vincent Dedienne, qui d'ailleurs ouvre un peu le bal et joue une sorte de connard, qui a beaucoup de dédain pour les figurants. Mais je me suis surtout entouré de gens qui aiment ce métier, qui aiment en parler mais aussi que l'on en parle avec franchise et le trouble que ça permet de voir. Pour Sandrine, qui a l'air de jouer son propre rôle, mais qui n'est pourtant pas elle-même, ça permet en fait quelque chose de plus saisissant que ce que je cherchais à raconter, pour parler justement de ce que sont les actrices, qu'elles soient connues ou inconnues. Mais l'idée n'était vraiment pas de cracher dans la soupe, de dénoncer à tout prix -parce que je dénonce des choses quand même dans ce film- mais d'être le plus honnête possible. Et surtout, quand on parle de figurants, c'est parler du cinéma vu d'en bas, et donc parler nécessairement de la hiérarchie, des privilèges, des injustices. J'ai fait partie de l'aventure 10 Pour Cent, et c'est vrai qu'on avait un peu tendance à beaucoup glamouriser le monde du cinéma, qui reste à mes yeux une machine à rêves, et ce sont d'ailleurs les premiers plans du film qui cherchent à exprimer ça, cette magie qui peut s'opérer lorsque toute une équipe, tout un collectif, travaille pour organiser le tournage d'une séquence. Mais il fallait, à côté de ça, dire ce qu'on montre peu, ce qu'on ne veut pas voir et ce qu'il faut en effet dénoncer.
C'est en effet ce qui frappe directement dès le début : on sent vraiment votre envie de collectiviser le cinéma. À quel moment vous êtes-vous dit que vous alliez démarrer visuellement comme ça ?
C'est-à-dire que je voulais d'entrée de jeu établir le fait que le cinéma est un vecteur, et un milieu aussi, qui me plaît, me fascine, que j'aime dépeindre dans ce qu'il a aussi de plus beau. Il est quand même intéressant d'avoir une sorte de cassure totale lorsqu'on voit dans ces images-là une Isabelle Huppert qui traverse des couloirs, qu'on peut penser que c’est elle qui se rend à cette table régie copieuse, et que soudain, la musique s'arrête : on a un bruit de machine à café, et patatras, on découvre qu'elle s'appelle Corinne Maclou, qu'elle est figurante et qu'elle est interdite de table régie. Je tenais à cette cassure, à montrer que le film va être à la fois ces premières images, et aussi avoir un ton vraiment sans concession sur le sort des figurants.
À ce niveau, quelles ont été vos conversations de recherche avec les figurants ?
J'avais fait un documentaire en 2008 sur les figurants et c'est un sujet qui m'a toujours plutôt passionné. Quand on est réalisateur, on ne connaît pas très bien le travail de ses camarades, comment eux fonctionnent, dirigent et agissent sur un plateau. C'est vrai que dès mes premiers films, on me faisait remarquer que je portais beaucoup d'attention à la figuration, parce que pour moi, ce sont des gens qui sont dans le cadre, en tout cas dans le plan. Quand bien même ils sont en arrière-plan, on les voit, et je trouve qu'une séquence aussi génialement jouée par des acteurs principaux peut être totalement ratée si derrière, des gens défilent mal et jouent mal en tant que figurants. C’est comme ça que j'ai rencontré les figurants qui me remerciaient de les diriger, de leur donner des indications précises, de finalement même les complimenter à la fin d'un plan, parce que je trouve que ça contribue à la réussite d'un film. Et derrière, j'ai cherché à mieux les connaître. Avec ce documentaire, je cherchais à les mettre au premier plan et à voir en arrière-plan ces acteurs connus qu'on a l'habitude de voir. Et c'est vrai que j'ai compris alors qu'il y avait plusieurs profils de figurants, dont celui de Corinne Maclou, cette figurante professionnelle qui fait beaucoup de figuration, avec toujours l'espoir d'être remarquée pour ainsi décrocher un vrai rôle.
Vous abordez un certain pan du cinéma français, mais vous, en tant que réalisateur, quelle est votre vision du cinéma francophone en général, étant donné que nous sommes actuellement au FIFFF ?
J'ai réellement l'impression qu'aujourd'hui, le cinéma francophone est extrêmement diversifié. Je trouve qu'il y a des propositions de sorties chaque semaine, que je trouve réussies... On parlait de Notre Salut, à côté de ça, on a la semaine suivante une comédie comme la mienne. J'aime beaucoup cette richesse du cinéma francophone. D'ailleurs, ce film-là a fait l'ouverture du Festival francophone d'Angoulême, qui permet aussi à chaque fois des focus sur des cinémas de pays francophones. Cette année, c'était le Cambodge. On pourrait se contenter de cinéma francophone, j'ai envie de dire, mais on serait en tout cas assez rassasiés de cinéma. Après, je reconnais que c'est plutôt le cinéma vers lequel je me tourne. C'est le cinéma qui, personnellement, m'attire le plus, et dont je suis le plus assidu.
Concernant le fond, il y a évidemment ce rapport social qui se crée, notamment dans la relation entre Corinne et Sandrine, où il y a cet aspect, en plus de la question de l’actrice, cette vision de pouvoir. Comment maintenir quelque chose qui aurait pu être lourd narrativement, mais dans une narration qui est claire et toujours au plus proche des deux personnages ?
C’est vrai que c'est un équilibre à trouver. En fait, je pense que c'est la comédie qui permet ça. J'ai toujours fonctionné comme ça dans mes scénarios. La comédie est finalement un peu le chausse-pied utilisé pour pouvoir complètement pénétrer dans des choses pas toujours joyeuses ni glorieuses. Grâce à la comédie, on dit beaucoup de choses l'air de rien. Là, parler de la hiérarchie du cinéma, de ses privilèges, de ces gens tellement autocentrés qu'ils en oublient de voir les personnes qui sont à côté d’eux sur un même plateau, ... C'est quelque chose que j'observe en tant que metteur en scène et dans la vraie vie. Je trouvais qu'il fallait trouver un subtil moyen d'en parler sans être non plus plombant... Je pense que si le film se contentait de dénoncer, il serait trop lourd de sens, trop manichéen et peut-être surtout trop noir. J'ai l'impression que ce ton employé va permettre une sorte de coup de projecteur sur les figurants, ouvrir les yeux peut-être à beaucoup de gens. Et c'est tant mieux parce qu'en plus de ça, je ne les condamne pas. Je pense qu'il ne faudrait pas grand-chose pour que les figurants soient mieux traités. Déjà, il faudrait commencer par cette table régie qui pourrait être ouverte à tous. Mais en tout cas, dans cette rencontre entre Sandrine et Isabelle, c'est une histoire de cinéma dans le sens où on s’interroge si un figurant peut vraiment sympathiser avec un acteur et être amené comme ça à se côtoyer aussi régulièrement. Je pense que oui, mais il faudrait pour ça qu'on permette aux figurants d'être un peu plus présents sur des plateaux et considérés sur un plateau. Par exemple, je ne crois pas qu'une actrice donne ordre de se tenir à l'écart des figurants. Personne ne réclame ou n'exige ça. Il s'avère juste que comme un plateau est souvent un endroit bruyant, on fait le choix de faire venir les figurants au tout dernier moment, à un moment où finalement, les acteurs sont concentrés, où ils ne sont absolument pas aptes à rencontrer quelqu'un d'autre et on fait disparaître les figurants aussitôt la dernière prise terminée. Donc il y a quand même toujours de l'empêchement.
Devoir jouer le jeu, c'est quelque chose qui paraît facile en tant que spectateur. Comment diriger un jeu qui doit assumer sa fictionnalité ?
Je pense que les actrices avec qui j'ai travaillé ne se sont jamais posé, en tout cas, cette question-là quand elles ont dû entreprendre le tournage de ce film. C'est-à-dire que Sandrine a vraiment le sentiment de jouer un rôle : celui d'une actrice très connue à qui tout semble réussir et qui pourtant a énormément de doutes. Quant à Isabelle, elle joue une figurante, une actrice qui n'a jamais percé et qui continue d'y croire et de s'accrocher. Jamais nous n'avons fait référence à leur vraie carrière au moment du tournage, je veux dire. Jamais Sandrine, par exemple, ne m'a corrigé pour me dire « Je ne le dirais pas comme ça » puisque de toute façon, ce n'était pas comme elle le disait qui importait, mais plus comme il fallait le dire dans ce scénario. Mais je reconnais quand même que j'ai fait en sorte aussi de lui donner des preuves de fiction. C'est tout bête mais Sandrine adore les chats et là, j'ai sciemment choisi de lui mettre deux teckels dans les bras. Elle ne boit pas une goutte d'alcool et dès qu'elle rentre chez elle, elle se sert un énorme verre de vin rouge. Ce sont aussi des choses qui à mon avis l'ont aidée naturellement à se sentir très éloignée d'elle et donc à s'amuser pleinement avec ce personnage.
C'est aussi intéressant car, par rapport à Isabelle, ça rend le dernier plan plus pertinent et amusant...
Oui, mais le dernier plan pour le coup est le plan qui pourrait nous laisser penser qu'elle retrouve sa « grandeur » et qu’Isabelle est de retour, que nous sommes sortis de l'histoire de Corinne Maclou. Nous sommes à nouveau avec une Isabelle dans une berline comme elle peut beaucoup en emprunter et qui se rend en plus vers un palace. Sauf que, et ça j'y tenais, je ne lui ai pas fait enlever la fameuse houppette qu'elle a sur la tête, qui est un peu la signature de cette Corinne Maclou et qui d'ailleurs est un signe distinctif parce que ces figurants qui tentent désespérément de percer ont souvent une sorte de signature. Perdus dans la masse, ils se disent qu’un metteur en scène pourra un jour les remarquer en arrière-plan. Donc malgré tout il y a ce nom Isabelle comme ça clairement affiché mais il y a aussi encore de la Corinne Maclou.
Est-ce qu'il y a un point du film sur lequel vous auriez bien voulu revenir et pour lequel vous n'en avez pas eu l'occasion ?
C'est plus un souhait parce qu'on parlait forcément beaucoup de cinéma, d'acteur et d'actrice mais cette histoire est d'abord une histoire de persévérance de détermination, de ténacité. Je suis extrêmement touché quand ce film fait mouche auprès de gens qui ne sont pas du tout du cinéma parce que je crois que, quel que soit notre métier, notre carrière, notre milieu professionnel, on peut tous être comme cette Corinne, déterminée, convaincus que nous n'avons pas encore atteint nos rêves. Par exemple, hier avait lieu l'avant-première parisienne du film. J'avais travaillé sur une série avec une actrice qui est une femme trans qui se revendique comme telle et elle a été vraiment bouleversée par le film parce qu'elle n'y a vu qu'une seule chose : le combat de Corine Maclou qui était un peu le sien, c'est-à-dire de devoir s'imposer, se battre parfois seule pour revendiquer ce qu'elle est. J'aime beaucoup quand finalement, d'une histoire dite de cinéma, on se retrouve dans quelque chose qui interpelle tout le monde.
C'est pour moi ce qui fait la réussite du film, encore une fois d'un premier plan pour rappeler à toute cette petite échelle, on passe dans tous les cadres de cinéma...
D’ailleurs avec le compositeur Bertrand Burgalat, on a appelé ce morceau « La magie des plateaux » parce que je sais que, si j'ai eu envie de faire du cinéma un jour, c'est aussi parce que j'étais émerveillé par ces images-là.
C’est vrai que c'est un équilibre à trouver. En fait, je pense que c'est la comédie qui permet ça. J'ai toujours fonctionné comme ça dans mes scénarios. La comédie est finalement un peu le chausse-pied utilisé pour pouvoir complètement pénétrer dans des choses pas toujours joyeuses ni glorieuses. Grâce à la comédie, on dit beaucoup de choses l'air de rien. Là, parler de la hiérarchie du cinéma, de ses privilèges, de ces gens tellement autocentrés qu'ils en oublient de voir les personnes qui sont à côté d’eux sur un même plateau, ... C'est quelque chose que j'observe en tant que metteur en scène et dans la vraie vie. Je trouvais qu'il fallait trouver un subtil moyen d'en parler sans être non plus plombant... Je pense que si le film se contentait de dénoncer, il serait trop lourd de sens, trop manichéen et peut-être surtout trop noir. J'ai l'impression que ce ton employé va permettre une sorte de coup de projecteur sur les figurants, ouvrir les yeux peut-être à beaucoup de gens. Et c'est tant mieux parce qu'en plus de ça, je ne les condamne pas. Je pense qu'il ne faudrait pas grand-chose pour que les figurants soient mieux traités. Déjà, il faudrait commencer par cette table régie qui pourrait être ouverte à tous. Mais en tout cas, dans cette rencontre entre Sandrine et Isabelle, c'est une histoire de cinéma dans le sens où on s’interroge si un figurant peut vraiment sympathiser avec un acteur et être amené comme ça à se côtoyer aussi régulièrement. Je pense que oui, mais il faudrait pour ça qu'on permette aux figurants d'être un peu plus présents sur des plateaux et considérés sur un plateau. Par exemple, je ne crois pas qu'une actrice donne ordre de se tenir à l'écart des figurants. Personne ne réclame ou n'exige ça. Il s'avère juste que comme un plateau est souvent un endroit bruyant, on fait le choix de faire venir les figurants au tout dernier moment, à un moment où finalement, les acteurs sont concentrés, où ils ne sont absolument pas aptes à rencontrer quelqu'un d'autre et on fait disparaître les figurants aussitôt la dernière prise terminée. Donc il y a quand même toujours de l'empêchement.
Devoir jouer le jeu, c'est quelque chose qui paraît facile en tant que spectateur. Comment diriger un jeu qui doit assumer sa fictionnalité ?
Je pense que les actrices avec qui j'ai travaillé ne se sont jamais posé, en tout cas, cette question-là quand elles ont dû entreprendre le tournage de ce film. C'est-à-dire que Sandrine a vraiment le sentiment de jouer un rôle : celui d'une actrice très connue à qui tout semble réussir et qui pourtant a énormément de doutes. Quant à Isabelle, elle joue une figurante, une actrice qui n'a jamais percé et qui continue d'y croire et de s'accrocher. Jamais nous n'avons fait référence à leur vraie carrière au moment du tournage, je veux dire. Jamais Sandrine, par exemple, ne m'a corrigé pour me dire « Je ne le dirais pas comme ça » puisque de toute façon, ce n'était pas comme elle le disait qui importait, mais plus comme il fallait le dire dans ce scénario. Mais je reconnais quand même que j'ai fait en sorte aussi de lui donner des preuves de fiction. C'est tout bête mais Sandrine adore les chats et là, j'ai sciemment choisi de lui mettre deux teckels dans les bras. Elle ne boit pas une goutte d'alcool et dès qu'elle rentre chez elle, elle se sert un énorme verre de vin rouge. Ce sont aussi des choses qui à mon avis l'ont aidée naturellement à se sentir très éloignée d'elle et donc à s'amuser pleinement avec ce personnage.
C'est aussi intéressant car, par rapport à Isabelle, ça rend le dernier plan plus pertinent et amusant...
Oui, mais le dernier plan pour le coup est le plan qui pourrait nous laisser penser qu'elle retrouve sa « grandeur » et qu’Isabelle est de retour, que nous sommes sortis de l'histoire de Corinne Maclou. Nous sommes à nouveau avec une Isabelle dans une berline comme elle peut beaucoup en emprunter et qui se rend en plus vers un palace. Sauf que, et ça j'y tenais, je ne lui ai pas fait enlever la fameuse houppette qu'elle a sur la tête, qui est un peu la signature de cette Corinne Maclou et qui d'ailleurs est un signe distinctif parce que ces figurants qui tentent désespérément de percer ont souvent une sorte de signature. Perdus dans la masse, ils se disent qu’un metteur en scène pourra un jour les remarquer en arrière-plan. Donc malgré tout il y a ce nom Isabelle comme ça clairement affiché mais il y a aussi encore de la Corinne Maclou.
Est-ce qu'il y a un point du film sur lequel vous auriez bien voulu revenir et pour lequel vous n'en avez pas eu l'occasion ?
C'est plus un souhait parce qu'on parlait forcément beaucoup de cinéma, d'acteur et d'actrice mais cette histoire est d'abord une histoire de persévérance de détermination, de ténacité. Je suis extrêmement touché quand ce film fait mouche auprès de gens qui ne sont pas du tout du cinéma parce que je crois que, quel que soit notre métier, notre carrière, notre milieu professionnel, on peut tous être comme cette Corinne, déterminée, convaincus que nous n'avons pas encore atteint nos rêves. Par exemple, hier avait lieu l'avant-première parisienne du film. J'avais travaillé sur une série avec une actrice qui est une femme trans qui se revendique comme telle et elle a été vraiment bouleversée par le film parce qu'elle n'y a vu qu'une seule chose : le combat de Corine Maclou qui était un peu le sien, c'est-à-dire de devoir s'imposer, se battre parfois seule pour revendiquer ce qu'elle est. J'aime beaucoup quand finalement, d'une histoire dite de cinéma, on se retrouve dans quelque chose qui interpelle tout le monde.
C'est pour moi ce qui fait la réussite du film, encore une fois d'un premier plan pour rappeler à toute cette petite échelle, on passe dans tous les cadres de cinéma...
D’ailleurs avec le compositeur Bertrand Burgalat, on a appelé ce morceau « La magie des plateaux » parce que je sais que, si j'ai eu envie de faire du cinéma un jour, c'est aussi parce que j'étais émerveillé par ces images-là.
Propos recueillis par Liam Debruel.
Merci à Gudrun Burie et Imagine Films ainsi qu’à l’équipe du FIFF pour cet entretien.








