[CRITIQUE] : Retour au collège
Réalisateur : Antoine Fromental
Avec : -
Distributeur : In Filmo Veritas
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h25min
Synopsis :
Au collège Auguste Renoir, deux élèves de 3ème risquent de passer devant le conseil de discipline. Sarah, c’est pour une histoire de tipex qui s’est terminée en bagarre dans la salle de classe. Quant à Yasmine, sa prof d’arts plastiques est à bout après que la jeune fille l’a traitée de « bipolaire ». Autour de monsieur Comès, le principal haut en couleur qui s’apprête à prendre sa retraite, l’équipe pédagogique se démène pour trouver une solution.
S'il n'a aucune emprise sur le contexte de sa sortie, gageons que le documentaire Retour au collège d'Antoine Fromental n'arrive pas, fondamentalement, à une heure des plus enthousiastes, l’Éducation nationale encaissant - et à raison - une énième rentrée sous haute tension, rythmée par les revendications d'étudiants asphyxiés par le manque de moyen (à tous les niveaux) et un corps enseignant plus abimé que jamais (et dont la crise du recrutement n'est pas prête de s'arranger), tiraillés de toute part par une réponse policière à la brutalité disproportionnée, des débats politico-stériles de chaînes de désinformations assumant de plus en plus leur gloubi-boulga instrumentalisé, mais aussi et surtout une politique gouvernementale - volontairement - plus déconnectée que jamais.
Pourtant, le septième art est l'un des seuls outils contemporains - encore - capable de lutter contre les discours hors-sol, contre l'absurdité rigides des rapports technocratiques que l'on prend pour vérité absolue, pour pointer le difficile quotidien de services publiques à genoux, la réalité de citoyens las de comprendre que les belles paroles d'hier sont les mensonges d'aujourd'hui et de demain (si tenté est qu'elles aient été authentiques un jour), las d'être bouffé par l'impression amère de n'être qu'un pion au cœur d'un algorithme méprisant et pippé qu'il fait fonctionné au prix de sa santé, mais où il n'est jamais appelé a être essentiel.
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Filmé à hauteur d'âmes (une proximité essentielle), dénué de tout misérabilisme et pudique juste ce qu'il faut, le documentaire charme par sa transparence et sincérité, lui qui pose sa caméra au collège Auguste-Renoir d’Asnières-sur-Seine pour suivre la dernière année de service de son principal, Monsieur Comès, figure un poil haute en couleur, sans pour autant laisser de côté tout le microcosme scolaire dans son intégralité, filmant la banalité d'un quotidien où la joie comme la tension et l'ennui ne font plus qu'un.
Du cinéma-vérité brute, pas original pour un sou et qui aurait sans doute mérité d'être un peu plus taillé dans la roche, mais qui a le bon ton de ne masquer aucune des aspérités d'une réalité crue (et peut-être encore plus catastrophique aujourd'hui) : l'école publique, une chance que l'on ne considère plus réellement comme telle, se meurt - économiquement comme humainement -, et il est à chacun de décider s'il reste spectateur/spectatrice de se désastre, où acteur/actrice de l'espoir d'un avenir meilleur.
La jeunesse nous montre, chaque jour, qu'elle a choisit le second camp...
Jonathan Chevrier


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