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[CRITIQUE] : L'île des souvenirs


Réalisateurs : Joel Crawford et Januel P. Mercado
Acteurs : avec les voix de Manon Bresch, Anaïde Rozam, H.E.R.,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Animation, Aventure, Comédie, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h48min.

Synopsis :
Jo et Raissa, deux meilleures amies depuis la primaire, viennent d'obtenir le baccalauréat. Elles s’apprêtent désormais à s’engager dans des voies différentes. Tandis qu’elles fêtent leur dernière soirée ensemble, elles tombent sur un portail mystérieux qui les emmène sur l’île fantastique de Nakali, peuplée de créatures féeriques et mythologiques, tout droit sorties des contes philippins de leur enfance. Si certaines de ces créatures sont bienveillantes, d’autres, au contraire, se révèlent de terribles ennemies. Avec l’aide de Raww, chien-garou aussi bien intentionné que malchanceux, et d’une bande de petits compagnons dotés de pouvoirs extraordinaires, Jo et Raissa doivent affronter la Redoutable Manananggal, la créature la plus terrifiante de l’île. Quand les deux jeunes filles comprennent qu’elles doivent renoncer à leurs souvenirs communs pour pouvoir rentrer chez elles, Jo et Raissa se lancent dans une course contre la montre pour quitter l’île avant qu’elles ne puissent même plus se rappeler s’être connues un jour…




Et si, mine de rien, le fantastique Le Chat potté 2 : La Dernière Quête du tandem Joel Campbell/Januel P. Mercado, qui trompait sensiblement ses contours de spin-off d'une franchise lessivée (Shrek, qui fera son retour prochainement avec un cinquième opus...), pour mieux incarner une aventure animée, poignante et visuellement grisante, avait incarné le coup de pied créatif au popotin, dont avait furieusement besoin une Dreamworks qui certes, ne s'expurge pas encore totalement de sorties de route fumantes (le manqué Ruby, l'ado Kraken, le cataclysmique Gabby et la maison magique - Le film), mais se laisse sensiblement plus porter par des idées originales et entraînantes, et non plus une franchisation à outrance de ses succès d'antan (excepté l'éléphant dans la pièce Shrek, encore une fois).

Prenons pour preuve l'excellent diptyque Bad Guys, La Nuit d'Orion mais surtout le magnifique Le Robot sauvage de Chris Sanders, petit bout de cinéma penchant résolument plus du côté de Ghibli, que du modèle moraliste de la firme aux grandes oreilles, un bonheur de divertissement animé minimaliste et réconfortant qui abordait sans réserve la beauté comme la dureté fondamentale de l'existence.

Copyright Dreamworks Animation

L'île des souvenirs de Joel Crawford et Januel P. Mercado (déjà derrière Le Chat potté 2 : La Dernière Quête... pas de hasard) suit merveilleusement ce mojo retrouvé, petit morceau de cinéma coloré et trépidant qui cherche à stimuler sensoriellement de son auditoire à chaque plan (jusqu'à l'excès parfois), sans fondamentalement le laisser de côté avec une narration certes facile, mais loin d'être prétexte dans sa manière d'aborder le terrain balisé de la quête initiatico-fantastique (deux meilleures amies un brin marginalisées et en passe de se séparer après l'obtention de leur diplôme, passent une dernière soirée ensemble qui s'avère méchamment rocambolesque : elles tombent sur un portail mystérieux qui les emmène sur l’île fantastique de Nakali, peuplée de créatures féeriques et mythologiques, tout droit sorties des contes philippins de leur enfance, où elles devront renoncer à leurs souvenirs communs pour pouvoir rentrer chez elles).

Mené tambour battant, quitte à ne jamais assez se laisser le temps de respirer (et de développer ses personnages comme son histoire, ce qui nuit à son pendant émotionnel/dramatique et à sa belle thématique centrale : la peur de se séparer de son/sa BFF), le film déborde d'énergie comme rarement (on peut, intimement, le placer dans l'ombre du diptyque Into The Spider-verse), véritable confluence d'influences (un esprit 80s/90s, la japanimation, le jeu vidéo, le folklore philippin,...) qui n'a pas peur d'embrasser un versant plus sombre - jusque dans son humour -, pour mieux rappeler une vérité essentielle : grandir ne signifie pas tout oublier.
Qu'on se le dise, quand Dreamworks ne bride pas son groove, seul Pixar peut jouer des coudes avec...


Jonathan Chevrier