[CRITIQUE] : Heart of the Beast
Réalisateur : David Ayer
Acteur : Brad Pitt, Uber, J.K. Simmons, Anna Lambe,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Action, Aventure, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min.
Synopsis :
Après un terrible crash d’avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, depuis toujours à ses côtés. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.
Il y a encore une poignée d'année, fort d'une belle brochette de séances dispensables voire risibles, dont bien nommé The Tax Collector, une purge sans nom (une merveille de bête malade et sauvage aussi désordonnée qu'elle ne semblait jamais savoir ou aller ni sur quel immondice swinguer, entre une ecriture amorphe et une mise en scène indigne d'un DTV de Brett Ratner, le film se complaisait dans une bêtise incohérente autant que dans une brutalité mélodramatico-crasse, n'apportant aucune substance à une histoire rebattue et caricaturale as hell), fut l'ultime goutte de pisse sur le walk of shame conscient d'un cinéaste lessivé, recherchant son mojo perdu en revenant " aux sources " de son cinéma, pour lequel il ne semblait plus vraiment avoir de souvenir non plus; David Ayer était au fond du fond du trou qu'il s'était lui-même creusé, et semblait incapable de pouvoir s'en extirper par ses propres moyens.
Mais puisque tout est possible à Hollywood, même les renaissances les plus improbables, il aura fallu qu'il croise, à l'instar de Guy Ritchie, la route du tataneur chauve Jason Statham, pour qu'il remette sa caméra enfin à l'endroit, et propose à la fois quelque chose de cohérent techniquement mais aussi et surtout, de réellement chouette à mirer : The Beekeeper et A Working Man, du bis qui bissouille efficacement, net et sans fioriture, totalement vissé sur la volonté de donner au spectateur ce qu'il attend, un tacos trois viandes d'action suppléments frites de tataneries du plus badass des kickeurs dégarnis.
En un sens, et même s'il ronronne sur un groove beaucoup plus sinueux - le survival sous fond d'amitié homme-chien -, Heart of The Beast tient sa réussite sur le même type de cahier des charges aux éléments clés : un pitch épuré (lorsque son avion léger s'écrase dans la nature sauvage de l'Alaska, un vétéran des forces spéciales accompagné de son chien, un berger allemand traumatisé qui a combattu à ses côtés, doit parcourir un petit peu mins d'une centaine de kilomètres pour sauver sa peau), un personnage principal finement croqué et empathique - tout comme son compagnon à quatre pattes, qui vole littéralement le show -, ainsi qu'une mise en place simple et efficace de ses enjeux narratifs, fruit d'une narration qui n'a jamais peur de sa prévisibilité (car il a l'intelligence de ne pas jouer abusivement de son suspense, tant l'issue de ce périple est très vite dévoilée).
Tout va strictement à l'essentiel et s'établit sans trop de heurts, malgré un rythme un poil en dents de scie (et une nette impression que les rebondissements, aussi bien amenés soient-ils, s'enchaînent avec une redondance un peu trop calculée pour le bien et le réalisme voulu par l'intrigue), puisque l'accent est sensiblement mis sur la relation émouvante et l'amour indéfectible qui unit le héros (un Brad Pitt tout en sobriété, convaincant en ancien béret vert physiquement et psychologiquement lessivé) et son chien, dont la compréhension exceptionnelle des besoins de son maître couplée à des aptitudes de survie exacerbées, ne font que renforcer une complicité qui n'a aucun mal à déborder des limites du cadre - tout est dans le titre, après tout.
Un chouïa plombé par des effets visuels pas toujours heureux, tranchant avec la beauté d'un cadre Néo-zélandais (oups, Alaskiens...) aussi rude que sublime (que le DOP Mauro Fiore retranscrit avec puissance), mais constamment avec le cœur au bon endroit, Heart of The Beast, qui permet à Ayer de retrouver quelques-unes de ses thématiques favorites (les traumatismes de guerre - pas uniquement les PTSD -, les notions d'amitié et de devoir dans une forme assez paradoxale, de l'idéalisation du corps militaire, quand bien même il laisse les hommes - et les animaux - en miettes,...), incarne un beau et prenant film d'aventure sauce survival qui traite d'un sujet rarement abordé (le stress post-traumatique et la détresse des chiens militaires, confrontés au pire de ce que l'absurdité de l'homme est capable), tout en célébrant l'amour entre deux âmes abîmées par la vie, mais fidèlement liées par l'envie profonde de sauver coûte que coûte l'autre.
Et puis bon, avec un chien tel qu'Odin (Uber dans la vraie vie), on était déjà sacrément conquis avant même de mettre un pied en salles...
Jonathan Chevrier
Acteur : Brad Pitt, Uber, J.K. Simmons, Anna Lambe,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Action, Aventure, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min.
Synopsis :
Après un terrible crash d’avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, depuis toujours à ses côtés. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.
Il y a encore une poignée d'année, fort d'une belle brochette de séances dispensables voire risibles, dont bien nommé The Tax Collector, une purge sans nom (une merveille de bête malade et sauvage aussi désordonnée qu'elle ne semblait jamais savoir ou aller ni sur quel immondice swinguer, entre une ecriture amorphe et une mise en scène indigne d'un DTV de Brett Ratner, le film se complaisait dans une bêtise incohérente autant que dans une brutalité mélodramatico-crasse, n'apportant aucune substance à une histoire rebattue et caricaturale as hell), fut l'ultime goutte de pisse sur le walk of shame conscient d'un cinéaste lessivé, recherchant son mojo perdu en revenant " aux sources " de son cinéma, pour lequel il ne semblait plus vraiment avoir de souvenir non plus; David Ayer était au fond du fond du trou qu'il s'était lui-même creusé, et semblait incapable de pouvoir s'en extirper par ses propres moyens.
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| Copyright Paramount Pictures |
Mais puisque tout est possible à Hollywood, même les renaissances les plus improbables, il aura fallu qu'il croise, à l'instar de Guy Ritchie, la route du tataneur chauve Jason Statham, pour qu'il remette sa caméra enfin à l'endroit, et propose à la fois quelque chose de cohérent techniquement mais aussi et surtout, de réellement chouette à mirer : The Beekeeper et A Working Man, du bis qui bissouille efficacement, net et sans fioriture, totalement vissé sur la volonté de donner au spectateur ce qu'il attend, un tacos trois viandes d'action suppléments frites de tataneries du plus badass des kickeurs dégarnis.
En un sens, et même s'il ronronne sur un groove beaucoup plus sinueux - le survival sous fond d'amitié homme-chien -, Heart of The Beast tient sa réussite sur le même type de cahier des charges aux éléments clés : un pitch épuré (lorsque son avion léger s'écrase dans la nature sauvage de l'Alaska, un vétéran des forces spéciales accompagné de son chien, un berger allemand traumatisé qui a combattu à ses côtés, doit parcourir un petit peu mins d'une centaine de kilomètres pour sauver sa peau), un personnage principal finement croqué et empathique - tout comme son compagnon à quatre pattes, qui vole littéralement le show -, ainsi qu'une mise en place simple et efficace de ses enjeux narratifs, fruit d'une narration qui n'a jamais peur de sa prévisibilité (car il a l'intelligence de ne pas jouer abusivement de son suspense, tant l'issue de ce périple est très vite dévoilée).
Tout va strictement à l'essentiel et s'établit sans trop de heurts, malgré un rythme un poil en dents de scie (et une nette impression que les rebondissements, aussi bien amenés soient-ils, s'enchaînent avec une redondance un peu trop calculée pour le bien et le réalisme voulu par l'intrigue), puisque l'accent est sensiblement mis sur la relation émouvante et l'amour indéfectible qui unit le héros (un Brad Pitt tout en sobriété, convaincant en ancien béret vert physiquement et psychologiquement lessivé) et son chien, dont la compréhension exceptionnelle des besoins de son maître couplée à des aptitudes de survie exacerbées, ne font que renforcer une complicité qui n'a aucun mal à déborder des limites du cadre - tout est dans le titre, après tout.
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| Copyright Paramount Pictures |
Un chouïa plombé par des effets visuels pas toujours heureux, tranchant avec la beauté d'un cadre Néo-zélandais (oups, Alaskiens...) aussi rude que sublime (que le DOP Mauro Fiore retranscrit avec puissance), mais constamment avec le cœur au bon endroit, Heart of The Beast, qui permet à Ayer de retrouver quelques-unes de ses thématiques favorites (les traumatismes de guerre - pas uniquement les PTSD -, les notions d'amitié et de devoir dans une forme assez paradoxale, de l'idéalisation du corps militaire, quand bien même il laisse les hommes - et les animaux - en miettes,...), incarne un beau et prenant film d'aventure sauce survival qui traite d'un sujet rarement abordé (le stress post-traumatique et la détresse des chiens militaires, confrontés au pire de ce que l'absurdité de l'homme est capable), tout en célébrant l'amour entre deux âmes abîmées par la vie, mais fidèlement liées par l'envie profonde de sauver coûte que coûte l'autre.
Et puis bon, avec un chien tel qu'Odin (Uber dans la vraie vie), on était déjà sacrément conquis avant même de mettre un pied en salles...
Jonathan Chevrier










