Alyssa

[CRITIQUE] : Judy


Réalisateur : Rupert Goold
Acteurs : Renée Zellweger, Jessie Buckley, Finn Wittrock, Rufus Sewell, Michael Gambon,...
Distributeur : Pathé
Budget : -
Genre : Biopic, Drame.
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h58min.

Synopsis :
Hiver 1968. La légendaire Judy Garland débarque à Londres pour se produire à guichets fermés au Talk of the Town. Cela fait trente ans déjà qu’elle est devenue une star planétaire grâce au Magicien d’Oz. Judy a débuté son travail d’artiste à l’âge de deux ans, cela fait maintenant plus de quatre décennies qu’elle chante pour gagner sa vie. Elle est épuisée. Alors qu’elle se prépare pour le spectacle, qu’elle se bat avec son agent, charme les musiciens et évoque ses souvenirs entre amis ; sa vivacité et sa générosité séduisent son entourage. Hantée par une enfance sacrifiée pour Hollywood, elle aspire à rentrer chez elle et à consacrer du temps à ses enfants. Aura-t-elle seulement la force d’aller de l’avant ?




Critique :


Férocement conventionnel et bouleversant à la fois, Judy de Rupert Goold pose sa caméra au crépuscule de la carrière - et même de la vie - de la légende Judy Garland, une femme épuisée après avoir vécue trente années sous le feu des projecteurs, trois décennies qui peuvent s'apparenter à un fort Alamo émotionnel ou elle s'est battue contre maris parasites, une presse malveillante et les suzerains misogynes du showbiz, qui lui ont tout pris, sauf peut-être son sourire et son charme envoûtant.
Elle veut raccrocher et s'occuper (enfin) de sa progéniture, mais l'argent manque cruellement, elle accepte donc une petite tournée de cinq semaines au Talk of the Town à Londres, une série de concerts qui seront célèbres pour leurs aspects chaotiques, ou elle est apparue frêle, malade, ivre ou même en pleurs.
Cela fait partie du show comme on dit, et encore plus chez une femme dont les plus grands éclairs de génies ont été arrachés à son cœur abattu.



Adaptation de la pièce de théâtre End of the Rainbow de Peter Quilter, Judy est un biopic standard mais joliment réconfortant, dans la veine du récent Stan & Ollie, lui aussi articulé sur le crépuscule de la carrière de deux légendes.
Jamais à charge et sans le moindre parti-pris (il est franc et ne choisit jamais son camp), le film explore la détérioration physique de Garland, ses dépendances, sa misère et sa mortalité là ou, paradoxalement, il permet à Renée Zellweger de croquer sa performance la plus détendue et la plus personnelle depuis (très) longtemps.
Moue tremblante, regard puissant, démarche appliquée, elle mime son sujet avec brio et transmet avec intelligence et délicatesse le sentiment de quelqu'un qui n'a qu'une quarantaine d'années mais semble avoir le double dans son coeur, uniquement ravivé et rajeuni par le frisson électrique et enjoué d'être sur scène.
Elle incarne une Judy résiliente qui a pris pour elle tout ce que la vie avait à lui lancer dans la poire, elle est toujours... enfin, elle essaie de rester debout, même si elle chute parfois, physiquement et psychologiquement, sur scène.
Mais elle se bat toujours, vaillante sur de nombreux fronts, principalement financiers et affectifs, elle qui est lancée dans une querelle acrimonieuse avec ce qui fut son troisième mari au sujet de ses enfants.
Seule à Londres, elle se jete sur sa chance d'obtenir des revenus solides tout autant que dans les bras d'une adoration réparatrice offerte par ses fans, alors que dans son intimité, elle noie sa tristesse et sa solitude dans l'alcool et les médicaments (même si Goold pointe son addiction avec timidité).




Portrait sincère et étudié (et même entrecoupé de flashbacks sur son enfance, notamment pendant le tournage du Magicien d'Oz), clairement influencé par le mi-fictif, mi-autobiographique I Can't Go on Singing de 1963 (ou elle campait une star du chant audacieuse mais vulnérable faisant des spectacles au London Palladium, et qui tentait de renouer avec sa progéniture), Judy fait le job tout en ratant le coche sur certains points essentiels (notamment la relation conflictuelle entre Judy et sa fille Liza Minelli, qui mériterait elle aussi un biopic à sa mesure).
Mais il a le bon ton d'offrir un regard réaliste sur la nécessité de ne pas attendre de miracles, et de montrer la terrible tristesse d'une femme, dont le talent était autant un cadeau qu'un fardeau (les aléas de la célébrité) et qui sur scène, offrait à ses spectateurs un bonheur qui lui semblait constamment refusé.


Jonathan Chevrier







Un brillant biopic sur une star qui a marqué tout une génération, notamment avec la chanson « Over the rainbow », un beau message sur la tolérance et l’espoir qui résonne encore de nos jours.
Le film cible précisément la dernière année vécue par une Judy Garland vulnérable après des années de gloires, de presse malveillante et d’amours déchus, offrant quelques flashbacks sur les points important de sa vie et sa carrière, qui a démarrée avec son rôle iconique de Dorothy dans Le Magicien d’Oz.




Une femme au destin brisée, que l'on bourre de médicaments - méthamphétamine surtout - dès son adolescence, pour des raisons dérisoires et déraisonnables en premier lieu : sa perte de poids, tant elle est sans cesse jugée trop grosse par rapport aux autres actrices, puis plus tard pour qu’elle reste éveillée lors de tournage tardif (Il n’y avait aucune loi qui protégeais les enfants dans les années 40). Une addiction notamment au barbituriques, qui l’abimera précocement : disons-le clairement, Hollywood est en grande partie responsable de son trepas.

Durant l’année 1968 Judy Garland est quasiment pauvre, sans domicile fixe et éreintée par un troisième divorce, elle est obligé alors de faire une série de concert au Talk to Town de Londres, pour retrouver une stabilité financière et conserver la garde de ses enfants. L’accueil chaleureux de Londres et l’amour de ses fans la consumera, encore plus lorsqu’elle se retrouve seule à son hôtel, face à elle-même.
C’est impossible de rester de marbre devant le destin de ce petit bout de femme, une étoile née qui a été broyée par un système qui en demandait trop, et par des hommes qui l’ont honteusement utilisé. Une addiction à l'amour, la scène et les médicaments trop ancrée en elle, et filmé avec délicatesse comme pour épouser la douceur que représentait Judy Garland dans l’inconscient collectif.




Seulement Judy est tout sauf une petite chose fragile, mais bienune femme battante, qui garde la tête haute même dans la plus grande des souffrances. Brillamment interprétée par une Renée Zellweger en plein retour en grâce, qui fait preuve d'un investissement total jusqu’à modifier sa façon de parler, de marcher, et même de se maintenir pour être totalement Judy.
Elle est magnifiée par des plans séquences fantastiques lors des scènes chantée, une réalisation juste qui ne lâche pas la comédienne, et offre un regard plein de tristesse et sans mièvrerie, un hommage vibrant - jusque dans son final bouleversant - à cette star partie bien trop tôt.



Alyssa Adjaoui




John Chevrier

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