Jonathan

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #74. Up The Creek

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Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !



#74. Les Branchés du Bahut de Robert Butler (1984)

Parfois, sans véritable raison apparente, il y a des mauvais films qui nous marquent et laissent une marque jouissivement indélébile dans notre psyché de cinéphiles plus où moins endurcis.
C'est plus fort que nous et s'en est même franchement inexplicable, mais on aime certains mauvais film, que ce soit pour une poignée de scènes, un ou plusieurs personnages/comédiens, voire même tout simplement pour le souvenir que peut susciter sa vision.
À mes yeux, Les Branchés du Bahut est clairement de ces péloches-là, ces films découvert à l'improviste sur une VHS (chose qui est totalement impossible aujourd'hui, entre la mort consommée des vidéoclubs et la diffusion lisse et répétitive des diffuseurs hexagonaux), que l'on a clairement honte d'aimer - une chance quand ce sont des films vraiment rares à trouver -, mais qu'on ne peut pourtant s'empêcher de mater à l'occasion, quand la douloureuse mélancolie du passé vient pointer le bout de son nez.
Teen movie d'aventures s'inscrivant dans la plus pure tradition du genre (National Lampoon's Animal House d'Harold Ramis avait ouvert le bal quelques temps avant lui) et bâtit autour d'un humour aussi subtil et fin qu'un hippopotame en rute - la comparaison n'est absolument pas exagérée -, le long-métrage de Robert Butler (réalisateur sur plusieurs séries TV de l'époque, de Lois et Clark à Remington Steel en passant par Columbo) n'attend pas le premier quart d'heure pour faire exactement comprendre à son spectateur, où il en est et surtout ce qu'il l'attend à l'écran pendant une petite heure et demie.
C'est simple, la présentation des héros se fait avec une finesse toute relative certes, mais elle a le mérite de pleinement placer dans le contexte toutes les personnalités qui émaillent le récit : le séducteur qui ne séduit pas, le timide/coincé/constipé, le bien en chair qui pense qu'à bouffer et le vieux sage qui a redoublé une bonne quinzaine de fois - et qui a un chien, Jake, bien trop génial et malin pour lui.

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Une belle bande de losers magnifiques, qui incarne les pires élèves de la pire université de tous les États-Unis : Lepetomane - tout est dans le nom -, obligé par le big boss du campus d'aller gagner une intercollégiale de canots pneumatiques en eaux vives (des rivières VRAIMENT vives), pour redonner un peu de couleurs à l'image publique de l'établissement.
En échange, ils auront droit aux diplômes de leurs choix, un double cadeau pour le campus qui pourra enfin se débarrasser d'eux.
N'y connaissant absolument rien à ce sport, et n'en ayant littéralement rien a cirer de gagner où non, ils vont pourtant se prendre au jeu de cette compétition folle, en entrant en conflit avec les tenants du titre, qui trichent comme des sagouins pour garder leur bien, mais aussi d'une école militaire qu'ils ont fait éliminer pour cause de sabotage...
Et c'est la que réside toute l'attraction géniale qu'incarne Up The Creek en v.o, une comédie burlesque volontairement bas du front, au traitement des personnages assez anecdotique (des gros traits de personnalités appuyés, des seconds rôles sacrifiés,...), aussi cul, décérébré et vulgaire qu'il est superficiel, prévisible, idiot et maladroit (avant tout et surtout, dans son traitement des figures féminines).
Des défauts certains dans une majorité des films - et encore plus des comédies -, mais qui incarne ici, étrangement, une force, sublimant des gags dantesques et totalement WTF (une séquence de devinette/charade avec un chien, c'est désormais possible sur grand écran), mais surtout une volonté première de donner aux spectateurs ce qu'ils veulent : du rire bien gras à la pelle.
Et dans les années 80, on cherchait rarement plus loin que cela...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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