BrainDead

[FUCKING SÉRIES] : BrainDead : Une satire politique... explosive !


(Critique - sans spoilers - de la saison 1, toujours en cours)


Alors que la merveilleuse The Good Wife vient de rendre son ultime souffle (en attendant un potentiel spin-off, qui sait), ses créateurs, Michelle et Robert King eux, n'ont décemment pas trainés pour aller voir si leur plume était plus fraiche et productive ailleurs.
Toujours solidement rattachés à CBS, le couple de scénaristes/producteurs sont décemment partis sur un terrain ou on ne les attendait pas - tout comme la chaine d'ailleurs -, avec leur nouvelle création, BrainDead; de loin l'ovni le plus enthousiasmant de l'été télé 2016.

Méchamment barré, le show porté par la beaucoup trop rare - et sublime - Mary Elizabeth Winstead, ainsi que quelques têtes connues du petit écran (Danny " Cold Case " Pino, Tony " Monk " Shalhoub), conte les premiers pas de la jolie Laurel Healy à Washington dans le cabinet de son frère Luke, sénateur au sein de l'administration américaine, ou elle irrite d'un rôle ingrat mais nécessaire (forcé par son père à " surveiller " son frère, celui-ci l'oblige à le rejoindre en promesse de fonds pour son prochain projet de documentaire); et ce même si la politique est loin d'être sa tasse de thé.


Mais alors que le gouvernement est en crise, la jeune documentariste va vite découvrir qu'une entité extraterrestres, des insectes venus de l'espace se nourrissent peu à peu des cerveaux des membres du Congrès et des employés de la Maison Blanche, prenant le contrôle du pays.
La belle et Washington tout entier va devoir faire face à des politiciens sans cervelles, mais également à des têtes ayant une forte tendance à... exploser.

Volontairement coincé le cul entre plusieurs chaises, celles de la féroce satire politique et de la SF apocalyptique, sans oublier celles du drama romantico-burlesque, BrainDead dénote de la production actuelle avec une volonté accrue de piquer l'intérêt d'un spectateur peu habituée à ce genre de proposition sur le petit écran; mais également avec un vrai propos réaliste et cinglant, encore plus en cette période d'élections présidentielles outre-Atlantique (la série n'hésitant pas d'ailleurs, à utiliser des images des candidats Donald Trump et Hillary Clinton).


Ridiculement drôle mais surtout incroyablement cynique sans pour autant atteindre la maestria de Veep - drama oblige -, pétri de bonnes idées (le jingle en musique au début de chaque épisodes pour rappeler les événements précédents), la série prend son temps pour installer ses enjeux et croquer finement ses personnages, tous justement interprétés et attachants (notamment Winstead, qui porte le show sur ses larges épaules, et Shalhoub, réellement à part et dans son élément avec un rôle sur mesure).

Intelligente, décalé et se moquant constamment aussi bien d'elle-même que de la politique, un brin inégale et désordonné mais décollant pleinement dès le cinquième épisode - qui développe durablement son intrigue -, BrainDead est sans nul doute l'une des nouvelles séries les plus prometteuses et jouissives du moment.
Dommage que le public US ne la suive pas - même si les secondes visions en replay explosent ses audiences -, tant un show estival comme celui-ci qui sort autant du lot, mériterait pleinement d'avoir l'opportunité de s'inscrire sur la durée.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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