10 Cloverfield Lane

[CRITIQUE] : 10 Cloverfield Lane


Réalisateur : Dan Trachtenberg
Acteurs : Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Science-Fiction, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h45min.

Synopsis :
Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d'abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu'il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d'envergure. En l'absence de certitude, elle décide de s'échapper...



Critique :


Depuis des lustres, nous ne doutons pas une seule seconde de l'audace de ce bon vieux J.J. Abrams, l'un des derniers grands maîtres du mystère à Hollywood (avec Christopher Nolan), lui qui a d'ailleurs bâti sa légende sur sa faculté a offrir de vraies surprises en salles - non sans avoir cultivé un méchant goût pour le secret durant des campagnes promos maîtrisées jusqu'au bout des ongles.

Mais force est d'avouer que le bonhomme a fait ici très fort avec cette suite du buzzé mais fun Cloverfield de Matt Reeves.


Tourné dans le secret le plus total a tel point que le film s'est permit de débuter sa campagne promo à peine deux mois avant sa sortie en salles, 10 Cloverfield Lane (dont le script est signé par Josh Campbell & Matt Stuecken et Damien Chazelle) était indiscutablement, l'un des objets filmiques les plus mystérieux et alléchants de ces dernières années dans les salles obscures.

Suite plus ou moins parenté au film original mise en boite par l'inconnu Dan Trachtenberg, et porté par un casting vedette talentueux - John Goodman, Mary Elizabeth Winstead et John " The Newsroom " Gallagher Jr -,  abandonnant l'aspect found footage du premier opus pour lui préférer une ambiance tendue façon huit-clos dans un bunker; le film vendait du rêve via sa première bande annonce follement énigmatique, intrigante mais (surtout) excitante.
On en voyait très peu, et c'était franchement pas plus mal.

Pas mal car le plaisir de sa vision n'en sera que plus surprenante, tant le film, vrai/faux spin-off d'une réussite exemplaire (le film catastrophe laisse place ici à un huis-clos aussi dévastateur), s'apparente à un Misery sauce apocalyptique mais surtout à une œuvre férocement inspirée des classiques SF des 50's - on pense instinctivement à la série La Quatrième Dimension -, transpirant l'amour pour le cinéma paranoïaque d'antan et un respect sans phare du genre.


Sur un pitch à l'efficacité redoutable (une femme, Michelle, suite à un accident, se retrouve enfermé dans un bunker avec un autre homme, Emmett, par un hôte inquiétant, Howard, tout en ne sachant rien du drame qui a frappé le monde extérieur), Trachtenberg déroule durant un tout petit peu plus d'une heure trente (même si son final est un peu plus brouillon et brutal), une intrigue aussi soignée que maitrisée, instillant avec intelligence le malaise (de la simple claustrophobie du cadre principal au manque de notion de temps, sans oublier l’ambiguïté des intentions du personnage d'Howard) au sein d'une intrigue rythmé à la tension aussi prenante que ses dialogues sont d'un naturel confondant - sans pour autant être très bavard.

Référencé, malin (le spectateur croit, faussement, tout du long avoir une longueur d'avance sur les protagonistes), fouillé (les personnages, même s'il ne sont que trois, sont finement scriptés), techniquement appliqué et d'une sobriété exemplaire, s'il ne renouvelle rien au cinéma de genre; 10 Cloverfield Lane n'en est pas moins un thriller haletant et généreux, dominé par une partition remarquable d'un John Goodman totalement habité mais également d'une sublime Mary Elizabeth Winstead absolument extraordinaire (son meilleur rôle à ce jour, avec Smashed) et joliment empathique.

On ne l'avait pas vu venir, la nouvelle production J.J. Abrams incarne pourtant l'un des meilleurs films de ce premier trimestre ciné de 2016.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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