[CRITIQUE] : Ma Toute Petite École
Réalisateur : Pascal Plisson
Acteurs : -
Distributeur : Jour2Fête
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h28min.
Synopsis :
Nichée à 1 600 mètres d’altitude dans le minuscule hameau de La Gurraz (35 habitants), en Haute Tarentaise, se trouve la plus petite école de France : huit élèves, de la maternelle au CM2, un seul lieu de savoir et de vie. Le film s’invite dans la vie de ces enfants, de leur unique enseignante et de leurs familles qui, chaque année, font face à la même question : faute d’un nombre suffisant d’élèves, l’école fermera-t-elle ?
Malmenée et lentement mais sûrement désacralisée, moins par la faute d'un peuple français acculé qu'à ses gouvernants qui annihile ses valeurs les plus importantes (la transmission des savoirs et l'égalité des chances, franchement discutable aujourd'hui, pour rester poli), là où elle incarne pourtant le poumon de notre cohésion sociale et forge en grande partie les citoyens que nous sommes, l'école républicaine survit face à l'adversité, continue de maintenir en vie la jeunesse des territoires à une heure où l'Éducation nationale agonise dans une crise profonde sans fin, fragilisée par des décennies de réformes hors-sol et de restrictions budgétaires qui se font chaque rentrée, de plus en plus imposantes.
Une survie précaire car bâtie sur l'engagement sans faille (mais qui à ses limites humaines) du corps enseignant, des étudiants de tout âge et des parents d'élèves, qui s'élèvent comme ils le peuvent face à la surdité d'un gouvernant aux réponses glaciales, consciemment distant et déconnecté des réalités du terrain, qui n'a pour réponse que la répression (proportionnée dans sa violence, belle blague), les fermetures de classes et une logique purement comptable, insensible et humaine (où la dissimulation, voire le mensonge pour ne pas jouer la carte de la naïveté).
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C'est dans cette fracture profonde et douloureuse, renforcée par le cynisme de la gestion technocratique des élus, que s'inscrit le délicat documentaire Notre toute petite école de Pascal Plisson, immersion dans l'expression même de cette résistance quotidienne, au plus près de la plus petite école de France, nichée dans le minuscule hameau de La Gurraz (à peine 35 habitants au compteur), en Haute Tarentaise : huit élèves, de la maternelle au CM2, un seul lieu de savoir et de vie.
Une classe atypique qui lutte chaque année contre l'absurdité du système et une désertification calculée (il faut avoir un nombre suffisant d’élèves pour exister), pour la noblesse d'offrir une éducation à une poignée de gamins qui seraient consciemment abandonnés sans.
À hauteur d'ordinaire, Plisson montre la réalité d'une condition faite de système D, de résilience et de petites joies authentiques malgré la fatigue et la fatalité, où le dévouement et le sacrifice du corps enseignant réussit à faire tenir debout une baraque qui se fissure de toute part, à contrer le mépris institutionnel et ses injonctions, à contredire une hiérarchie qui ne semble pas/plus connaître la vérité du terrain.
Un hommage puissant et vibrant à celles et ceux qui n'hypothèque pas l'éducation, pour ne pas dilapider la richesse de notre société de demain.
Jonathan Chevrier








