[CRITIQUE] : Kwibuka, se souvenir
Réalisateur : Jonas d'Adesky
Acteurs : Sonia Rolland, Jean-Hugues Anglade, Parfait Mugiraneza Ntambiyindekwe,...
Distributeur : Les Alchimistes
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français, Belge, Rwandais.
Durée : 1h32min.
Synopsis :
Lia, basketteuse franco-rwandaise, est invitée à rejoindre l'équipe nationale du Rwanda pour le championnat d'Afrique. Ce retour dans le pays qu'elle a fui étant enfant ravive les souvenirs du passé et va profondément bouleverser sa vie.
Tu n'as peut-être pas l'âge pour laisser ta nostalgie te titiller plus que de raison, mais il fut un temps pas si lointain (bon, une bonne vingtaine d'années), où chaque nouvelle Miss France ayant fraîchement rendu leur écharpe, ne cherchait pas systématiquement à devenir présentatrice et/où chroniqueuse télé; l'une d'entre elles avait même une ambition bien plus casse-gueule et moins générique : devenir comédienne.
Pour toute une génération de téléphages biberonnés aux productions made in M6, la magnifique Sonia Rolland est et restera à jamais indissociable de la série Léa Parker, tentative timide mais néanmoins louable de bousculer une grille de diffusion jonglant entre des erzats de Louis la Brocante (on caricature à peine) et une pluie de concepts d'émissions de télé-réalité appelés à connaître un boom excessif (pour ne pas dire méchamment incompréhensible) au crépuscule des années 2000, pour mieux jouer sur le même terrain musclé des divertissements ricains calibrés pour fédérer en masse.
Pas toujours adroit mais d'une générosité rare, le show, qui tranchait radicalement avec le tout-venant de la fiction policière française de l'époque, avait fait d'elle une flic d'élite de la division Alpha, une sorte de Totally Spies - en plus sérieuse - experte en arts martiaux et naviguant entre infiltration à haut risque et le boulot bateau d'archiviste un poil gauche.
Un petit bonbon façon vent de modernité pour le PAF de l'époque, fugace certes (deux saisons et 50 épisodes, tout de même) mais mémorable.
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| Copyright Les Alchimistes / Tact Productions / Neon Rouge Production / Karekezi Film Production/SoMad / IndigoMood Films |
Autant dire, comme dit plus haut, qu'il y a une nostalgie profondément douce-amère qui se dégage dans le fait de la revoir, sur grand écran, deux décennies plus tard, au détour d'un projet qu'elle porte de nouveau de la tête et des épaules (et qui s'impose, en partie, en miroir avec sa propre histoire) : Kwibuka, se souvenir, second long-métrage du cinéaste belge d'origine rwandaise Jonas D'Adesky, drame perfectible mais poignant sous fond de traumatisme, de deuil et de résilience, cloué aux basques d'une basketteuse professionnelle accomplie, qui avait fui le Rwanda à l’âge de 9 ans en plein cœur du génocide des Tutsis de 1994, pour l'Europe, et qui se voit confrontée aux fantômes de son passé lorsqu'on lui propose d'intégrer l'équipe nationale rwandaise pour le championnat d'Afrique.
Récit de réappropriation (de son histoire et de ses origines) comme de guérison et de retrouvailles, résolument sincère dans ses intentions (une commémoration authentique et dénué de tout voyeurisme, sur l'un des pires génocides de récentes mémoire), le film péche néanmoins à pleinement impliquer son auditoire, moins la faute à une distribution plutôt convaincante (Sonia Rolland comme Jean-Hughes Anglade) qu'à une mise en scène sans ampleur, mais aussi à une narration beaucoup trop maladroite pour son bien (bardée de sous-intrigues dispensables, voire même d'un contexte sportif très vite bazardé).
Pas de quoi rendre cette balade tragique désagréable cela dit, même si elle apparaît sensiblement moins vibrante et impactante qu'elle aurait pu l'être.
Jonathan Chevrier


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