[CRITIQUE] : Ma Famille de samouraïs
Réalisateur : Célia Catunda
Avec : avec les voix de Justine Hostekint, Laurent Pasquier, Angélique Heller,...
Distributeur : Gebeka Films
Budget : -
Genre : Animation, Drame, Historique.
Nationalité : Brésilien, Japonais.
Durée : 1h22min.
Synopsis :
Sao Paulo, années 1980… Noboru doit préparer pour l’école un exposé sur ses origines japonaises qu’il a toujours cherché à gommer. Il doit alors se tourner vers son grand-père grincheux, Hideo, pour apprendre à connaître en profondeur sa famille et l’histoire de l’arrivée de ce dernier au Brésil en 1920, quand il était encore un jeune homme. Ayant toujours voulu éviter d’évoquer son passé et son déracinement, poussé par son épouse, adorable grand-mère, Hideo accepte à contre-cœur de raconter à Noboru son histoire et son installation en Amérique du Sud. Au fur et à mesure que ce dernier plonge dans le récit de l’exil de ses ancêtres, le jeune écolier se plaira à s’approprier cette culture de l’autre bout du monde et découvrira même l’existence d’un oncle inconnu.
Qu'on se le dise, elles sont rares, les évasions cinématographiques capables de vous bousculer à une heure où, période de rentrée et dernier tiers de l'année oblige, vous pensiez que les belles découvertes seraient à réserver pour une période beaucoup plus propice au refuge dans les salles obscures.
Mais, à l'instar des semaines précédentes, et quand bien même l'attention est totalement focalisée où presque sur la course aux statuettes dorées venues de l'autre côté de l'Atlantique (dont quelques séances même calibrées, restent hautement recommandables, attention), les belles découvertes sont toujours présentes pour celles et ceux qui se donnent la peine de vouloir les voir.
Et il y a des détails qui ne trompent pas, Ma Famille de samouraïs, estampillé premier long-métrage en solo de la cinéaste de Célia Catunda, s'annonçait déjà aussi doux que mélancolique et ce dès sa bande annonce.
![]() |
| Copyright Gebeka Films |
Partant d'un pitch aussi simple qu'universel (alors qu'il doit préparer un exposé sur ses origines japonaises qu’il a toujours cherché à gommer, un gamin sino-américain doit se tourner vers son grand-père pour apprendre à connaître en profondeur sa famille et l’histoire, de leur arrivée au Brésil dans les années 20, à leur présent dans les années 80), le film déroule lentement et tendrement un récit structuré autant sur la réappropriation de son propre héritage culturel et l'importance de sa connaissance comme de sa préservation, que sur un partage/dialogue intergénérationnel au détour de la (re)construction d'une relation grand-père/petit-fils poignante et forgée dans une écoute qui fissure les non-dits, entre un ainé déraciné qui est fermement attaché à une terre qu'il n'a pourtant jamais pleinement considéré comme sienne, et un môme en quête de compréhension face à la réalité d'une histoire - comme d'une identité - familiale qui, comme la vie en elle-même, est définitivement plus complexe (et pas dénuée de heurts) qu'elle n'en à l'air.
Le tout embaumé dans une animation cotonneuse aux traits chaleureux, qui renforce l'émotion tapie au cœur de son écriture.
Clairement, l'une des belles surprises de cette pourtant riche rentrée ciné 2026.
Jonathan Chevrier









