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[CRITIQUE] : Imposters


Réalisateur : Caleb J. Phillips
Acteurs : Jessica Rothe, Charlie Barnett, Yul Vazquez,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Science Fiction, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h42min.

Synopsis :
Le fils en bas âge d'un couple est enlevé. Lorsque la mère, dévastée, découvre un moyen de le récupérer, son mari devient de plus en plus soupçonneux, doutant que l’enfant qu’elle a ramené à la maison soit réellement leur fils.



Pour les gros bouffeurs d'actionners faciles que nous sommes, Imposters aurait presque des faux contours d'une énième tatanerie de ce bon vieux Jason Statham - voire même d'un Liam Neeson en plein boom de la trilogie Taken -, flairez plutôt : un couple emménage dans un bled paumé pour mener une vie tranquille, mais des gens s'évaporent et des tremblements de terre inexpliqués se produisent, le tout culimant à la disparition de leur bébé lors d'une grande fête parce que... pourquoi pas.

Ni une, ni deux, l'éternel Qui-Gon Jinn aurait menacé, traqué, tué les responsables, même s'ils venaient de l'au-delà, en composant une petite destruction massive de toute la population environnante, là où le Stath et son flegme magnétique d'ancien flic/agent spécial au passé trouble, aurait briser plus d'os qu'un boucher en une matinée à Rungis.
Mais Caleb Phillips, directeur de la photographie qui, passé quelques courts-métrages plus ou moins remarqués, se décide à s'essayer au long-métrage sans forcément donner du peps à sa caméra (une mise en scène globalement conventionnelle, se résumant à une banale succession de champs/contrechamps), n'est pas du genre à flirter avec le bis qui tâche (c'est con), mais plus avec le drame familial mâtiné de thriller à combustion (très) très lente avant d'embrasser franchement le surnaturel dans un dernier tiers un poil expéditif.

Films Blue Finch

Ici, ses parents inquiets n'ont pas des velléités de kickeurs (on s'attend même, plutôt, à un fissure affective définitive sous le poids de l'adultère et du traumatisme), malgré des flics incompétents et des figures étranges rodant autour de la baraque, pas même lorsqu'ils retrouvent le gamin dans une étrange grotte avec la certitude qu'il n'est peut-être plus réellement celui qu'ils ont perdus - tout comme sa mère.

Mais dans ce parti pris frustrant de vouloir contenir jusqu'à l'exaspérance la plus totale, la nature de son mystère (alors que son introduction titille gentiment l'intérêt) il y a, au fond, quelques questionnements toujours intéressants à triturer (sur la parentalité, la nécessité de sauver coûte que coûte les apparences, quitte à se perdre dans un mariage sans amour et bouffé par le vide,...), même si Phillips les survole avec une léthargie irritante - sapant mignon tout son potentiel émotionnel -, quand bien même il a l'intelligence de s'appuyer sur le jeu tout en nuances d'une Jessica Rothe investie (là où Charlie Barnett semble totalement à côté de la plaque en mari insatisfait par sa vie tranquille), qui donne du cœur et du corps à cette mère désemparée, étouffée par sa propre existence.
Elle est le phare lumineux de ce petit bout de cinéma rythmé à la truelle et qui prend beaucoup trop son temps pour se lancer et délivrer ses intentions premières (aborder les notions de réalités parallèles et de dimensions alternatives), où les " Imposteurs " sont finalement douloureusement humains : ceux qui décident, par convention, de mener des vies inauthentiques pour correspondre à l'image biaisée de la famille traditionnelle parfaite à l'extérieur, mais totalement brisée de l'intérieur.


Jonathan Chevrier