[CRITIQUE] : Une femme aujourd’hui
Réalisateur : Robert Guédiguian
Acteurs : Marilou Aussilloux, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Grégoire Leprince-Ringuet,...
Distributeur : Diaphana Distribution
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Français, Italien.
Durée : 2h03min.
Synopsis :
Juliette, 30 ans, semble avoir tout pour elle : un poste prestigieux dans la finance, une belle maison, une vie rythmée par les voyages et les amours de passage. Lorsqu’elle est agressée par un collègue, son monde s’effondre. Juliette s'engage alors sur un nouveau chemin pour redonner un sens à sa vie.
Des vraies gourmandises que peut détenir en elle la production hexagonale, la découverte d'un nouvel effort signé par Robert Guédiguian, à la régularité proprement exemplaire - un film tous les deux ans, voire moins parfois -, est peut-être l'une des plus réconfortante.
Des petites douceurs sur pellicule fleurant bon le pastis et les grillons tant le cinéaste a toujours été associé à sa ville de cœur Marseille, même s'il s'est permis à de rares et belles occasions, quelques - légères - infidélités tout aussi ensoleillées (on pense, notamment, au magnifique Voyage en Arménie où à son excellent Twist à Bamako, petite balade humaniste et mélodramatique sur une jeunesse idéaliste et rêveuse confrontée à la rudesse de son continent, et la lente déliquescence de leur innocence et de leurs idéaux, dans un Mali fraîchement indépendant).
Mais le Vieux Port restant le Vieux Port, c'est toujours au sein de la cité phocéenne que son cinéma est le plus à l'aise et que, de facto, il nous est le plus agréable de le retrouver lui et sa troupe de fidèles comédiens dont les visages changent, à l'image de son cadre léché par le soleil, très rarement : on ne change pas une équipe qui gagne - où plutôt, une famille de cinéma qui gagne -, et encore plus au sein d'une filmographie cohérente et pleine de grâce, sensiblement logée entre Pagnol et Renoir.
Mais place à son vingt-cinquième film donc qui, sur le papier, semblait sensiblement s'inscrire dans l'ombre du précédent, qui où il abandonnait son optimisme enchanteur légendaire pour quelque chose de plus grave et rugueux (La pie voleuse, qui marquait autant l'ultime apparition sur grand écran du regretté comédien Jacques Boudet).
Acteurs : Marilou Aussilloux, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Grégoire Leprince-Ringuet,...
Distributeur : Diaphana Distribution
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Français, Italien.
Durée : 2h03min.
Synopsis :
Juliette, 30 ans, semble avoir tout pour elle : un poste prestigieux dans la finance, une belle maison, une vie rythmée par les voyages et les amours de passage. Lorsqu’elle est agressée par un collègue, son monde s’effondre. Juliette s'engage alors sur un nouveau chemin pour redonner un sens à sa vie.
Des vraies gourmandises que peut détenir en elle la production hexagonale, la découverte d'un nouvel effort signé par Robert Guédiguian, à la régularité proprement exemplaire - un film tous les deux ans, voire moins parfois -, est peut-être l'une des plus réconfortante.
Des petites douceurs sur pellicule fleurant bon le pastis et les grillons tant le cinéaste a toujours été associé à sa ville de cœur Marseille, même s'il s'est permis à de rares et belles occasions, quelques - légères - infidélités tout aussi ensoleillées (on pense, notamment, au magnifique Voyage en Arménie où à son excellent Twist à Bamako, petite balade humaniste et mélodramatique sur une jeunesse idéaliste et rêveuse confrontée à la rudesse de son continent, et la lente déliquescence de leur innocence et de leurs idéaux, dans un Mali fraîchement indépendant).
Mais le Vieux Port restant le Vieux Port, c'est toujours au sein de la cité phocéenne que son cinéma est le plus à l'aise et que, de facto, il nous est le plus agréable de le retrouver lui et sa troupe de fidèles comédiens dont les visages changent, à l'image de son cadre léché par le soleil, très rarement : on ne change pas une équipe qui gagne - où plutôt, une famille de cinéma qui gagne -, et encore plus au sein d'une filmographie cohérente et pleine de grâce, sensiblement logée entre Pagnol et Renoir.
Mais place à son vingt-cinquième film donc qui, sur le papier, semblait sensiblement s'inscrire dans l'ombre du précédent, qui où il abandonnait son optimisme enchanteur légendaire pour quelque chose de plus grave et rugueux (La pie voleuse, qui marquait autant l'ultime apparition sur grand écran du regretté comédien Jacques Boudet).
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| Copyright Diaphana |
En réalité, Une Femme aujourd'hui, même s'il porte toujours fièrement son humaniste en bandoulière, croule sous le poids de ses maladresses au mieux irritantes, au pire franchement gênantes, clouée que sa narration est aux basques d'une jeune trentenaire bossant dans le milieu de la finance et qui incarne le symbole même d'une brillante ascension sociale (avec un regard frais sur l'univers du « Nouveau Marseille »), payée au prix d'une rupture plus où moins frontale avec sa famille (dont une mère qui ne comprend pas forcément des choix de vie, complètement centrés sur son travail), qui va voir son existence se briser par la violence sourde de l'homme : un viol, commis par l'un de ses collègues, en toute impunité.
Une tragédie cruelle qui sert de pivot à ce qui apparaît moins comme une reconstruction dans la douleur qu'une drastique transformation pour une figure se découvrant altruiste loin du joug violent et de l'aliénation du capitalisme (elle se réconcilie même avec ses proches), un virage à 180° qui sonne partiellement faux autant parce que Guédiguian alourdit son portrait bardé de clichés (rendu touchant par la prestation solaire de Marilou Aussilloux) de sous-thèmatiques sur une société contemporaine fracturée - à peine esquissés - qui viennent parasiter l'essentiel (l'isolement des victimes et la remise en question de leur parole; les dynamiques écrasantes de pouvoir), que parce qu'il semble incapable de se départir d'une vision bien pensante, voire excessivement simpliste.
Un vrai gros couac donc, et pas qu'un peu.
Jonathan Chevrier


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