[CRITIQUE] : Les Roches Rouches
Réalisateur : Bruno Dumont
Acteur : Kaylon Lancel, Kelsie Verdeilles, Louise Podolski,...
Distributeur : Les Films du Losange
Budget : -
Genre : Drame, Romance.
Nationalité : Portugais, Italien, Français, Espagnol, Qatari.
Durée : 1h30min.
Synopsis :
Sur la Côte d’Azur, deux bandes d’enfants s’affrontent à leur jeu favori : sauter des rochers rouges de la Méditerranée. Géo, 5 ans à peine, découvre le temps d’un été un monde où l’amitié se mêle à la rivalité, et où les premiers élans du cœur deviennent source de tensions.
C'est parce qu'il n'est jamais réellement là où l'on attend, que le cinéma de Bruno Dumont est aussi passionnant à suivre, qu'important dans une production hexagonale où sa singularité fait - franchement - du bien.
C'est vrai, qui aurait pu imaginer que le cinéma français, et encore plus le papa de Camille Claudel, 1915 et Ma Loute, compose son propre Spaceballs avec L'Empire, simili-pudding spatio-science-fictionel à la fois très européen (jusque dans sa production) et furieusement franco-français (mais surtout Ch'tis), bêtement immature - un compliment ici - et volontairement ridicule, imprévisible et pourtant totalement dans la droite lignée déglinguée des précédents efforts du bonhomme.
Un effort à part, logique quand on tente de mixerTinto Brass (pensez Il Disco volante avec feu Monica Vitti, pour les érudits du cinoche rital qui dépote), Hayao Miyazaki et la créativité continue et folle de George Méliès, dans un bon gros space opera burlesque/hamburger George Lucasien à sa propre image et sur son propre territoire : ça ne peut que passer ou casser et, pour les fans du bonhomme comme nous, ça avait tendance à passer - même si c'était un brin au pied de biche.
Les Roches Rouges se fait un exercice sensiblement moins casse-gueule en apparence, dans le sens où il arpente un terrain balisé par son propre cinéma : la chronique enfantine, entre P'tit Quinquin et Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc, dans une sorte de relecture pas si lointaine de La Guerre des Boutons sauce Sa Majesté des Mouches, débarrassé de toute sentimentalité facile - et encore moins de moralisme putassier - dans son exploration d'une enfance libre et sauvage, régi par ses propres règles (pas moins violente ni complexe que celles des plus grands, où les différences de classes sont présentes mais jamais marquées) et une envie de bouffer l'existence par la racine.
Acteur : Kaylon Lancel, Kelsie Verdeilles, Louise Podolski,...
Distributeur : Les Films du Losange
Budget : -
Genre : Drame, Romance.
Nationalité : Portugais, Italien, Français, Espagnol, Qatari.
Durée : 1h30min.
Synopsis :
Sur la Côte d’Azur, deux bandes d’enfants s’affrontent à leur jeu favori : sauter des rochers rouges de la Méditerranée. Géo, 5 ans à peine, découvre le temps d’un été un monde où l’amitié se mêle à la rivalité, et où les premiers élans du cœur deviennent source de tensions.
C'est parce qu'il n'est jamais réellement là où l'on attend, que le cinéma de Bruno Dumont est aussi passionnant à suivre, qu'important dans une production hexagonale où sa singularité fait - franchement - du bien.
C'est vrai, qui aurait pu imaginer que le cinéma français, et encore plus le papa de Camille Claudel, 1915 et Ma Loute, compose son propre Spaceballs avec L'Empire, simili-pudding spatio-science-fictionel à la fois très européen (jusque dans sa production) et furieusement franco-français (mais surtout Ch'tis), bêtement immature - un compliment ici - et volontairement ridicule, imprévisible et pourtant totalement dans la droite lignée déglinguée des précédents efforts du bonhomme.
Un effort à part, logique quand on tente de mixerTinto Brass (pensez Il Disco volante avec feu Monica Vitti, pour les érudits du cinoche rital qui dépote), Hayao Miyazaki et la créativité continue et folle de George Méliès, dans un bon gros space opera burlesque/hamburger George Lucasien à sa propre image et sur son propre territoire : ça ne peut que passer ou casser et, pour les fans du bonhomme comme nous, ça avait tendance à passer - même si c'était un brin au pied de biche.
Les Roches Rouges se fait un exercice sensiblement moins casse-gueule en apparence, dans le sens où il arpente un terrain balisé par son propre cinéma : la chronique enfantine, entre P'tit Quinquin et Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc, dans une sorte de relecture pas si lointaine de La Guerre des Boutons sauce Sa Majesté des Mouches, débarrassé de toute sentimentalité facile - et encore moins de moralisme putassier - dans son exploration d'une enfance libre et sauvage, régi par ses propres règles (pas moins violente ni complexe que celles des plus grands, où les différences de classes sont présentes mais jamais marquées) et une envie de bouffer l'existence par la racine.
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| Copyright Rosa Filmes |
L'idée d'une enfance presque en marge du monde adulte (une sorte de bruit de fond, qui ne parasite jamais leurs pérégrinations), en pleine harmonie avec un cadre méditerranéen dont la géographie de caractère, balayée par un soleil de plomb, se fait le métronome de leurs émotions intérieurs (aussi tendres que nerveuses et agitées), que le cinéaste cherche moins à dompter, à orchestrer (sauf peut-être dans un triangle amoureux un chouïa superficiel) qu'à capturer dans leurs vérités brutes - et un brin surréaliste -, dans leurs discussions à la fois sincères et décousues, leurs escapades chaotiques et improvisées.
Le cinéaste prend excessivement au sérieux ses petites blondes, plus même que toute structure narrative (le film ne dépasse jamais le stade de l'observation amusée), pour mieux sublimer leur force intérieur indomptable, le pouvoir illimité de leur imaginaire, il embrasse leur spontanéité comme leur fougue sans jamais l'idéaliser, et accouche d'une œuvre à part, entre le documentaire au naturel et le récit quasi-mythologique (voire même presque philosophique), l'étude étrange d'un mystère que l'on s'entête à chérir : l'enfance est le terrain de tous les possibles, et l'on a de cesse de courir après sa magie avec nostalgie.
Du très (très) bon Dumont.
Jonathan Chevrier


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