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[CRITIQUE] : L'Odyssée de Céleste


Réalisateur : Kid Koala
Acteurs : -
Distributeur : Bac Films
Budget : -
Genre : Animation.
Nationalité : Canadien.
Durée : 1h26min

Synopsis :
Depuis son enfance, Céleste vit avec son meilleur ami, un robot, qui l’aide à accomplir son rêve : devenir astronaute ! Mais lorsqu’elle embarque pour sa première mission interstellaire, son robot se retrouve seul sur Terre et doit faire face à sa solitude pendant que Céleste affronte des dangers imprévus. Leurs souvenirs communs leur donneront le courage et la force de lutter pour pouvoir se retrouver.




Quand bien même sa présence en salles où sur nos écrans, ne se fait pas forcément des plus évidentes, le cinéma canadien - et par extension, son pendant québécois - réussit néanmoins à régulièrement transpercer la (très) riche proposition annuelle pour nous dégainer quelques séances hautement recommandables.

Passé le chouette vrai/faux biopic délicat et humaniste Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles de Lyne Charlebois, la romance toute en douceur et en délicatesse Amour Apocalypse de Anne Émond, l'xploration douloureuse des cicatrices d'une enfance marquée par la violence La Femme cachée de Bachir Bensaddek où encore l'animé La Nuit au Zoo de Ricardo Curtis et Rodrigo Perez-Castro (prévisible mais à l'énergie gentiment communicative); place à une autre aventure animée résolument plus grisante et enchanteresse : L'Odyssée de Céleste aka Space Cadet de Kid Koala/DJ Eric San, à ne pas confondre avec l'horrible bousin made in Prime Vidéo avec Emma Roberts.

Copyright OUTSIDERS

Adaptation de sa propre bande dessinée dont la narration, sans dialogue, risque d'en laisser plus d'un sur le carreau (mais ramènera les autres vers le doux souvenir du chef-d'œuvre Wall-E), le film, qui n'est pas sans rappeler le génial Robot Dreams de Pablo Berger, s'attache à conter l'histoire fantastique du lien sentimental indéfectible qui ne noue entre une gamine orpheline (elle a perdu sa mère lors d'une mission spatiale) devenue astronaute et un robot domestique un brin dépassé qui a pris soin d'elle depuis son enfance, alors que les deux sont confrontés pour la première fois à la séparation.

Une relation exceptionnelle qui sert de liant émotionnel et philosophique à Kid Koala pour aborder avec une délicatesse folle les thèmes difficiles de l'absence maternelle et du deuil impossible, de l'importance de la mémoire et des souvenirs comme de la perte de sens parentale face au départ des enfants du cocon familial (ici pour un robot/figure paternelle de substitution confrontée de plein fouet à la solitude d'une vie sans servir, et qui laisse entrevoir une humanité absolument déchirante).
Enrobé dans une animation épurée et rudimentaire mais correspondant à la perfection au ton doux et tranquille de sa prose poétique et sensible, L'Odyssée de Céleste est une pépite intemporelle et bouleversante que l'on a absolument pas vu venir, mais qu'il nous sera désormais difficile d'oublier.


Jonathan Chevrier