[CRITIQUE] : Affection Affection
Réalisatrice•teur : Alexia Walther et Maxime Matray
Acteurs : Agathe Bonitzer, Nathalie Richard, Christophe Paou,...
Distributeur : UFO Distribution
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Belge, Français.
Durée : 1h42min.
Synopsis :
Sur la Côte d'Azur, une adolescente disparaît le jour de son anniversaire. Géraldine, employée municipale, s'improvise alors détective. Personne n'a rien vu mais tout le monde a son mot à dire et Géraldine aura du mal à ne pas se laisser submerger par les potins, les théories et les croyances de chacun. Et ce n'est pas le retour inopiné de sa mère qui va lui faciliter la tâche. Une petite ville, c'est bien connu, c'est plein de petits crimes...
Alors même que le cinéphile se plaint d'une uniformisation (pas totalement véridique, excepté si l'on ne se place que sous le prisme du divertissement populaire) de la comédie hexagonale, quelques irréductibles plumes gauloises tentent de leur prouver que l'on peut proposer quelque chose d'un tant soit peu original par chez nous, sans forcément chercher à renouveler le genre de fond en comble - ni même chercher à atteindre le sacro-saint statut de référence singulière.
Quand bien même le parallèle est des plus putassiers, difficile de ne pas voir dans le tandem Maxime Matray/Alexia Walther, des cousins pas si éloignés de Bruno Dumont et d'Alain Guiraudie voire même de Claude Schmitz, tant une ironie existentielle transpire de tous les pores de leurs efforts hybrides - pour ne pas dire OFNIs -, qui font fit de leur fragilité certaine avec une énergie et une envie de bousculer son auditoire des plus admirable.
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Affection Affection s'inscrit dans la même lignée que leur Bêtes Blondes, vraie expérience de cinéma difficile à conter mais infiniment fascinant à vivre comme décortiquer, sorte de comédie dramatique qui n'en est pas réellement une tant elle embrasse fougueusement la moindre loufoquerie de ses embardées absurdes, flanqué au coeur d'une station balnéaire de la Côte d'Azur à la Rivette où les disparitions s'enchaînent dans une apathie générale effrayante; la narration feint de s'intéresser un temps à ce mystère mi-approximatif, mi-Lynchien au détour d'une figure/enquêtrice amatrice directement impactée par ses disparus (une cartésienne dont la vie se résume cruellement aux abandons qu'elle accumule malgré elle), avant de totalement se laisser porter - comme elle - dans une errance instinctive tout en rencontres et en confusions, qui transforme un suspense volontairement inerte en une exploration décalée d'une société française totalement déconnectée et à l'humanité défaillante, incapable de communiquer comme d'écouter/se soucier de son prochain, dans une apocalypse de pensées embaumée par une mort inéluctable et un contrôle répressif.
Jeu de pistes de tous les possibles façon puzzle sociologique tout en nonchalance plutôt savoureuse et en humour pince-sans-rire, vissée sur une Agathe Bonitzer littéralement charentaises, Affection Affection bouscule autant qu'il fascine, décontenance parfois dans la futilité de certains de ses écarts autant qu'il sait intelligemment toucher par sa profondeur subtile.
Du cinéma à part et donc, de facto, hautement recommandable.
Jonathan Chevrier


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