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[CRITIQUE] : Hungry


Réalisateur : James Nunn
Acteurs : Madison Davenport, Joaquim de Almeida, Tracey Bonner,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h30min.

Synopsis :
Un groupe de vacanciers se retrouve au milieu des marécages de Louisiane poursuivi par un hippopotame.




Alors oui, on le sait, il ne faut pas trop titiller un hippopotame sous peine de se faire chicoter, nos après-midis perdus sur les (excellents et didactiques) documentaires made in Arte, nous ont sensiblement fait comprendre de la dangerosité du bonhomme, mais quand-même, un thriller sauce survival horrifique avec un hippo-glouton et pas content au lieu d'un lion où d'un croco, ça peut choquer son cinéphile - et pas qu'un peu.

C'était la belle promesse incarné par le bien nommé Hungry signé par un James Nunn habitué aux bis pas toujours défendables (mais que l'on célébrera, pas éternellement mais pas loin, pour sa chouette trilogie One Shot), qui nous promettait de croquer les aternoiements d'un hippo affamé qui allait faire regretter à quelques touristes en quête de sensations fortes, de ne pas avoir voulu suivre le parcours classique de leur excursion au coeur des marais de la Louisiane - et ce jusqu'à ce qu'indigestion s'en suive.

Du plus ou moins sous-Asylum sorti en catimini par la case Netflix ces jours-ci, et tellement hors des radars que personne n'en a entendu parler - sauf nous, sadiques que nous sommes.
Alors oui, c'est comme le Port-Salut, c'est écrit dessus (même pas pardon) que ce n'est pas la séance de l'année, ni même la meilleure séance de ton pire samedi soir (y'a quand-même bagarre avec The Voices Kids... ne compare pas trop longtemps dans ta tête, c'est dangereux) mais, en même temps, comment se plaindre puisque l'on sait exactement ce vers quoi on se dirige.

Bah oui quoi, c'est une production qui ne ment absolument pas sur sa marchandise, aussi stupide et assumée soit-elle : celle d'incarner un film d'attaque animale involontairement comique et intentionnellement con comme la lune (c'est une expression, nous ne la connaissons pas personnellement), bâti sur une blague déglinguée - un hippo mal numérisé qui a dû trop poncé la VHS du Anaconda de Luis Llosa -, dont l'exécution devient fastidieuse avant même le virage du premier coup de babine.

Résultat, le - maigre - spectacle fait péniblement son office, la léthargie générale ne casse pas tant que cela les bonbons (même si ça tire un brin en longueur) et les attaques (pas franchement prioritaires pour l'intrigue, fou mais vrai) de l'hippo sont plus nerveuses et réussies que prévue, au point que l'on se laisse aller à rêver que le Nunn se chauffe à chapeauter des films tels que Chameau-psycho ou Bonobo-dingo, pour que notre cinéphilie puisse enfin périr de sa belle mort.
Ouais, il en faut peu pour être heureux dans le giron du DTV, très peu...


Jonathan Chevrier