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[CRITIQUE] : Ma Famille chérie


Réalisatrice : Isild Le Besco
Avec : Élodie Bouchez, Isild Le Besco, Marisa Berenson, Jeanne Balibar, Élie Semoun,
Distributeur : Weekend Films / Ava Films
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Français.
Durée : 1h23min

Synopsis :
Fuyant la violence conjugale, Estelle rejoint sa mère avant une réunion de famille. Elles partagent émotions et souvenirs. L’arrivée de Marc, absent depuis l’enfance, ravive de vieilles rancœurs. Entre conflits et révélations, la famille fait face à son passé.





Le jeu des comparaison est, sensiblement, toujours un poil vulgaire (voire putassier, d'autant plus quand il n'est pas forcément usé avec un minimum de pertinence) quand bien même plus d'un cinéaste assume, avant même que leurs œuvres ne soient placés devant le regard critique (plus où moins affûté) du spectateur, des affiliations/références qui poussent, justement, à la comparaison.

Dans ce sens, Isild Le Besco semblait pousser le bouchon encore un peu plus loin que Maurice le poisson rouge (shame on you si tu n'as pas la référence) avec son nouveau long-métrage (plus de neuf ans après le déjà pas fifou La Belle occasion), Ma famille chérie, dont la sortie passant totalement inaperçue au coeur de ce riche début de mois ciné de juin, avait presque des allures de profession de foi... presque.

Copyright Weekend Films / Ava Films

Car oui, ce nouvel effort pour lequel elle porte la triple casquette de scénariste, réalisatrice et comédienne, a tout de la comédie dramatico-familiale chorale aux accents mélodramatico-sirupeux trop affirmés pour leur bien, comme le cinéma français - où italien - en produit à foison chaque saison, retrouvailles entre terres irlandaises sans réelle valeur ajoutée si ce n'est l'annonce d'une construction des personnages intimement sculptée à partir de son propre clan.

Et, de facto, aussi bien croqué que soit ses différentes figures, aux bagages émotionnels comme aux interprétations diverses (et d'où émerge, une fois encore, une Élodie Bouchez exceptionnelle), difficile pour son auditoire de pleinement s'impliquer à la vision de ce portrait confus et ramassé qui aborde superficiellement des thèmes pourtant importants (les violences conjugales en tête), tout autant qu'il est emprunt d'une suffisance bourgeoise marquée.
Du cinéma familier et innocent donc, aussi vite vu qu'oublié.


Jonathan Chevrier