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[CRITIQUE] : The Love Hypothesis


Réalisatrice : Claire Scanlon
Acteurs : Lili Reinhart, Tom Bateman, Rachel Marsh,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h50min.

Synopsis :
Olive Smith, doctorante en biologie, et le Dr Adam Carlsen, un professeur brillant mais réputé tyrannique, entament une relation fictive, voyant chacune de leurs théories soigneusement élaborées sur l’amour sombrer dans le chaos.




Serait-ce les us et coutumes de la saison (comprendre : un automne qui pointe à peine le bout de son nez, mais qui est déjà gentiment chargé en téléfilms romantiques sirupeux, qui nous mènera sans trembler vers la route tout en glucose de Noël et de la Saint-Valentin) où un pur hasard du calendrier (pas du TOUT), mais force est d'admettre que l'on commence, gentiment mais sûrement, à être en mode guimauve/plaid/romcom, à tel point que l'on se plaît (oui, jugez-nous) à enchaîner les séances toutes plus similaires les unes que les autres.
Ne vous méprenez pas, comme tout cinéphile au cœur d'artichaut, nous pouvons concevoir d'être une bonne poire, un public facile, face à une séance qui tente de nous ramener aux heures bénies du genre, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut nous prendre pour une banane - instant Marty McFly/5 fruits et légumes par jour.

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Et en tant que fans assumés du genre, si l'on ne va clairement pas chier des bulles dans la soupe (c'est possible... tout dû moins, ça mérite une tentative), gageons tout de même que face à une homogénéisation, grandement accentuée par les propositions - majoritairement - jetables des diverses plateformes de streaming, de la comédie romantique moderne (à quelques exceptions près), il y a quelque chose de - presque - rassurant, dans l'idée de voir émerger quelques œuvres tentant de rompre un brin avec le tout commun, tout en ayant un semblant de propos dans sa besace.

Faites entrer le nouvel accusé donc, The Love Hypothesis de Claire Scanlon, dégainée sans trop d'envie par une Prime Vidéo qui semble gênée dès qu'un nouveau film débarque sur son catalogue (comme s'ils étaient blasés, autant que nous, par leurs errances algorithmiques), adaptation du roman à succès éponyme de la neuroscientifique Ali Hazelwood - classé parmi les meilleures ventes du New York Times, ça tape sur le CV - dont le pitch apparaissait certes alambiqué mais moins prétexte que la moyenne (suite à un baiser impulsif, une jeune scientifique déterminée à faire carrière dans le monde universitaire et son professeur, se retrouvent dans une fausse relation, testant leurs théories sur l'amour et l'un sur l'autre), et laissait entrapercevoir une petite lueur d'espoir, même si sa musique jouait sur le groove rebattu du frenemies-to-lovers.

Le tout dominé par une irrésistible Lili Reinhart qui pourrait nous faire mater n'importe quoi - pour preuve, on a regardé Riverdale dans son intégralité.

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Pas de bol, l'éternel Betty Cooper a beau se démener comme elle le peut (en même temps, elle ne peut pas créer une alchimie inexistante avec Tom Bateman toute seule), le film ne dépasse jamais le stade de la romance BookTok oubliable (dont il n'est pas le pire représentant, loin de là), moins la faute d'une romance cousue de fil blanc aux tropes faciles/éculés, qu'une écriture amorphe (personnages stéréotypés et sans profondeur à la clé) que ne vient jamais relever une mise en scène qui distille aucune tension dramatique/émotionnelle (aucune vraie sensation de désir où d'amour palpable à l'horizon), elle-même plombée par un montage saccadé, qui expédie une romance à laquelle on peine sensiblement à croire.

Léger donc, rachitique même.


Jonathan Chevrier