[CRITIQUE] : Les Survivants du Che
Réalisateur : Christophe Dimitri Réveille
Acteurs : -
Distributeur : Paname Distribution
Budget : -
Genre : Documentaire, Animation.
Nationalité : Français.
Durée : 1h34min.
Synopsis :
Depuis la victoire de la Révolution cubaine en 1959, trois guérilleros ont juré allégeance à Che Guevara et le suivent dans son combat pour exporter la révolution. En 1967, après leur ultime combat en Bolivie et l’exécution de leur leader, ces hommes de l’ombre vont réussir une incroyable échappée de 2 400 km en cinq mois. Pourchassés par plus de quatre mille soldats de l’armée bolivienne, ils parviendront finalement à rejoindre le Chili. À travers leurs témoignages inédits, Les Survivants du Che nous plonge au coeur de cette chasse à l’homme, où se croisent destins personnels et enjeux de la Guerre Froide.
Sur le papier, difficile de ne pas admettre qu'un tel projet ne vendait pas gentiment du pâté sur le papier, flairez plutôt : bientôt six décennies après son exécution (l'an prochain, en 2027), et alors que l'on pensait que le cinéma avait sensiblement tout dit où presque, sur le mythe d'Ernesto Guevara, le réalisateur Christophe Dimitri Réveille débarque avec son premier long-métrage, Les Survivants du Che, qui s'attarde moins sur la figure révolutionnaire la plus iconique (et, paradoxalement, d'une puissance marketing démesurée, un comble pour un révolutionnaire marxiste radical) de l'histoire du XXe siècle, dont la destinée est vite expédiée en (d'autant qu'elle a déjà été relatée dans de nombreuses biographies au fil du temps), mais sur ceux qui le suivaient, une poignée de guérilleros littéralement sur la corde raide et qui, au lendemain de son exécution et pour ne pas subir le même sort, entameront une fuite hallucinante de plusieurs milliers de kilomètres dans les terres boliviennes et de l'Altiplano vers une Cuba natale définitivement trop loin, avec pas moins de 4 000 soldats boliviens et les cerveaux de la CIA aux trousses.
Une chasse à l'homme gigantesque en pleine Guerre Froide, qui aurait totalement pu prendre les courbes d'un thriller haletant sauce survival viscéral et organique les pieds dans la boue (pensez Apocalypto de Mad Mel Gibson), mais qui arbore in fine la forme d'un documentaire hybride entre témoignages des dits survivants - mais pas que - à la fiabilité fluctuante, images inédites, reconstitution en animation 2D aux tons sépia (cohérente, comme marquée par le temps, à l'image des séquences d'archives) et voix-off excessivement solennelle de Vincent Lindon.
Pourquoi pas, tant le long-métrage, tout autant méticuleux et haletant qu'il est (très) procédural et un brin limité par son propre parti pris (un doc qui ne dépasse jamais son carcan méchamment télévisuel), se suit sans déplaisir dans sa volonté, non sans un didactisme marqué (mais loin d'être désagréable), de rigoureusement combler les trous de l'histoire et de replacer les guérilleros au cœur du récit tout en explorant les limites de la fragilité de la mémoire humaine, notamment à travers une animation qui (re)donne vie à une cavale folle tout en se faisant une exhumation mémorielle particulièrement prégnante.
Une sacrée proposition donc.
Jonathan Chevrier
Acteurs : -
Distributeur : Paname Distribution
Budget : -
Genre : Documentaire, Animation.
Nationalité : Français.
Durée : 1h34min.
Synopsis :
Depuis la victoire de la Révolution cubaine en 1959, trois guérilleros ont juré allégeance à Che Guevara et le suivent dans son combat pour exporter la révolution. En 1967, après leur ultime combat en Bolivie et l’exécution de leur leader, ces hommes de l’ombre vont réussir une incroyable échappée de 2 400 km en cinq mois. Pourchassés par plus de quatre mille soldats de l’armée bolivienne, ils parviendront finalement à rejoindre le Chili. À travers leurs témoignages inédits, Les Survivants du Che nous plonge au coeur de cette chasse à l’homme, où se croisent destins personnels et enjeux de la Guerre Froide.
Sur le papier, difficile de ne pas admettre qu'un tel projet ne vendait pas gentiment du pâté sur le papier, flairez plutôt : bientôt six décennies après son exécution (l'an prochain, en 2027), et alors que l'on pensait que le cinéma avait sensiblement tout dit où presque, sur le mythe d'Ernesto Guevara, le réalisateur Christophe Dimitri Réveille débarque avec son premier long-métrage, Les Survivants du Che, qui s'attarde moins sur la figure révolutionnaire la plus iconique (et, paradoxalement, d'une puissance marketing démesurée, un comble pour un révolutionnaire marxiste radical) de l'histoire du XXe siècle, dont la destinée est vite expédiée en (d'autant qu'elle a déjà été relatée dans de nombreuses biographies au fil du temps), mais sur ceux qui le suivaient, une poignée de guérilleros littéralement sur la corde raide et qui, au lendemain de son exécution et pour ne pas subir le même sort, entameront une fuite hallucinante de plusieurs milliers de kilomètres dans les terres boliviennes et de l'Altiplano vers une Cuba natale définitivement trop loin, avec pas moins de 4 000 soldats boliviens et les cerveaux de la CIA aux trousses.
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Une chasse à l'homme gigantesque en pleine Guerre Froide, qui aurait totalement pu prendre les courbes d'un thriller haletant sauce survival viscéral et organique les pieds dans la boue (pensez Apocalypto de Mad Mel Gibson), mais qui arbore in fine la forme d'un documentaire hybride entre témoignages des dits survivants - mais pas que - à la fiabilité fluctuante, images inédites, reconstitution en animation 2D aux tons sépia (cohérente, comme marquée par le temps, à l'image des séquences d'archives) et voix-off excessivement solennelle de Vincent Lindon.
Pourquoi pas, tant le long-métrage, tout autant méticuleux et haletant qu'il est (très) procédural et un brin limité par son propre parti pris (un doc qui ne dépasse jamais son carcan méchamment télévisuel), se suit sans déplaisir dans sa volonté, non sans un didactisme marqué (mais loin d'être désagréable), de rigoureusement combler les trous de l'histoire et de replacer les guérilleros au cœur du récit tout en explorant les limites de la fragilité de la mémoire humaine, notamment à travers une animation qui (re)donne vie à une cavale folle tout en se faisant une exhumation mémorielle particulièrement prégnante.
Une sacrée proposition donc.
Jonathan Chevrier









