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[CRITIQUE] : Détective Conan : L'Ange déchu de l'asphalte

Réalisateur : Takahiro Hasui
Acteurs : avec les voix de Minami Takayama, Wakana Yamazaki, Rikiya Koyama,...
Distributeur : Sony Pictures Entertainment France
Budget : -
Genre : Action, Animation, Aventure, Policier.
Nationalité : Japonais.
Durée : 1h50min.

Synopsis :
Alors qu'ils se rendent à un festival de moto à Kanagawa, Conan Edogawa et ses amis se font dépasser par une mystérieuse moto noire filant à toute allure sur l’autoroute. La « Déesse du vent », Chihaya Hagiwara, officier de la police routière de Kanagawa, est lancée à ses trousses. Malgré une poursuite acharnée, Chihaya manque de capturer le mystérieux pilote et sa moto est sévèrement endommagée.
Arrivé au festival, le groupe assiste à la présentation d'une moto de police ultramoderne, « Angel », tandis que la mystérieuse moto noire réapparaît dans les rues de Tokyo et échappe encore une fois à la police. L'enquête révèle sa ressemblance avec « Angel », ce qui pousse les autorités à la surnommer « Lucifer » et lancer une vaste opération de recherche. À mesure que l'enquête se complexifie, Chihaya replonge dans les souvenirs de son frère disparu Kenji Hagiwara et de son camarade de classe Jinpei Matsuda, posant les bases d'une confrontation à pleine vitesse entre la Déesse du vent et l'Ange déchu.





Avec un beau ratio de vingt-neuf OAV indépendants en autant d'années où presque (seule l'année 2020, pandémie oblige, n'avait pas été servie), le prolifique Détective Conan issu de l'imaginaire de Gōshō Aoyama avait pourtant dû attendre son vingt-quatrième effort pour atteindre nos salles obscures, La Balle Écarlate, dont l'accueil n'avait pas forcément été mémorable.
Qu'à cela ne tienne, depuis le mauvais sort à été rompu et le bonhomme ronronne chaque année dans nos salles obscures, avec une nouvelle aventure.

Après La Fiancée de Shibuya en 2022, échoué à Susumu Mitsunaka (animateur sur les jolis Les Enfants du Temps et Mary et la fleur de la sorcière), qui avait le bon ton de ratisser large à la différence de l'opus précédent, en incarnant une sorte d'aventure ludique et jamais totalement hermétique (même si elle convoque des références évidentes à la mythologie originelle), Le sous-marin noir signé Yuzuru Tachikawa en 2023, se faisait lui une ouverture plus hermétique et grand guignolesque, sensiblement plus tournée vers les fans du shônen et des enquêtes (souvent) invraisemblables de Shinichi Kudo, un détective lycéen rajeuni à la suite de l'ingestion d'une mystérieuse drogue qui l'a fait rajeunir au stade d'enfant haut comme trois pommes - et dont la genèse est très intelligemment inséré au coeur de la narration.

Copyright 2026 Gosho Aoyama/Detective Conan Committee

L'étoile à 1 million de dollars en 2024, chapeauté par la réalisatrice rompue à la saga Chika Nagaoka (Le Poing de saphir bleu, La Belle Écarlate), suivait cette même lignée, beaucoup trop tournée vers les aficionados, dans un cocktail pas toujours détonnant mais distrayant entre son enquête criminelle et sa chasse au trésor, flanquée à Hakodate; tandis que La Mémoire Retrouvée de Katsuya Shigehara, animateur de renom et présent sur les deux opus précédents, corrigeait le tir en s'appuyant sur une intrigue sensiblement moins complexe (et riche en expositions, certes), mais divertissante tout en étant intimement liée au passé tourmenté de l'inspecteur Yamato - quitte à laisser Conan et son intuition exceptionnelle au second plan.

Tout aussi grisant se fait L'Ange déchu de l'asphalte de Takahiro Hasui, entre conspiration high tech sauce big data et balades motorisés qui en jettent, dont les rebondissements un poil faciles viennent tromper les contours un chouïa mécaniques d'une intrigue prétexte mais prenante (les codes de la saga deviennent affreusement prévisibles, mais cette aventure a au moins le mérite d'être menée tambours battant), où Hasui, comme Shigehara, met l'accent autant sur une expérience introspective centrée sur ses personnages et un mystère ravivé imbibé de vieilles blessures, que sur une esthétique soignée au cadre urbain joliment modélisé.
Rien de bien nouveau sous le soleil Conanien donc et, jusqu'ici, cela nous va très bien.


Jonathan Chevrier