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[CRITIQUE] : Une Fille en Or


Réalisateur : Jean-Luc Gaget
Avec : Pauline Clément, Arthur Dupont, Émilie Caen, Loïc Legendre, Bruno Podalydès,...
Distributeur : Nour Films
Budget : -
Genre : Romance, Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h26min

Synopsis :
Un jour, Clémence prend conscience que personne ne l'a jamais admirée. Bercée par les illusions d'une enfance chaotique, elle croise un certain Paul, petit patron autoritaire que rien ni personne n'impressionne. Elle se dit alors qu'il est temps pour elle de se poser la seule question qui vaille : « Et si je valais plus que je ne le crois ? »






Et si toutes les récentes romances pétillantes - où qui, tout du moins, tentent de l'être - françaises, n'étaient appelés qu'à n'être que l'expression redondante d'une seule et même formule, l'apanage il est vrai d'un genre qui ne peut plus rien produire ou presque de véritablement original - même avec la plus futée des plumes qui soit.
Dit genre dont la prévisibilité n'a d'égale que son manque cruel d'envie de faire dérailler une mécanique savamment huilée depuis des lustres.
Vous avez trois heures... où plutôt une heure et demie, environ.

Forgé dans une pellicule qui ne pète décemment pas dans la soie de l'originalité (sauf, peut-être, dans le caractère résolument fantaisiste de son personnage titre) et qui l'affirme plutôt fièrement,
dans le sens où elle ne cherche jamais à se démarquer de ce potentiel jugement puisqu'elle épouse consciemment et sans la moindre réserve tous les tropes et la prévisibilité inhérente du genre, Une Fille en Or de Jean-Luc Gaget n'en restait pas pleinement enclin à épouser toute la joyeuseté qui émane de la romance déglinguée en son coeur.

Copyright Nour films

Soit celle qui unit les deux âmes contraires inéluctablement attirée l'une vers l'autre : une femme gentiment lunaire et à l'estime de soi au ras des pâquerettes, qui vit en coloc avec un squatteur et doit encaisser le deuil soudain de son paternel; et son futur patron antipathique et voisin de sa sœur.
Du velours qui ne manquera pas de foncer tête la première vers l'issue inévitable et réconfortante que nous promet l'affiche, mais sa qualité première réside justement dans sa volonté de ne jamais tromper sa prévisibilité et d'incarner une romcom à l'ancienne, cotonneuse et - volontairement - oubliable riche en figures diverses et - plus ou moins - attachantes, qui sait se faire touchante même dans ses fragilités.

Et c'est dommage, justement que la somme de ses qualités ne supplantent jamais totalement celle de ses dites fragilités, de sa mise en scène sans ambition au fait que les deux partitions en son coeur (malgré une Pauline Clément solaire et à la complexité louable), peine à s'accorder à l'unisson, l'épine dans la pellicule d'une séance qui s'avèrent néanmoins aussi poétique et naïve que douce-amère dans l'ombre des cinémas d'Emmanuel Mouret (décemment plus subtil, évidemment) et de Jean-Pierre Améris, et qui vaut modestement son pesant de pop-corn en cette époque où tout feel good movie est bon à prendre.


Jonathan Chevrier