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[CRITIQUE] : Truly Naked


Réalisatrice : Muriel d'Ansembourg
Acteurs : Caolán O'Gorman, Andrew Howard, Alessa Savage, Safiya Benaddi,...
Distributeur : Shellac
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Hollandais, Français, Belge.
Durée : 1h45min

Synopsis :
Pour Alec, qui vit seul une relation toxique avec son père Dylan, acteur X, le désir se confond avec le porno. Son quotidien devient de plus en plus difficile à dissimuler lorsqu’il se rapproche de Nina, une camarade de classe. Pour s’ouvrir à ses sentiments, Alec devra se libérer et accepter de se mettre à nu.





Qu'on se le dise, elles sont rares, les évasions cinématographiques capables de gentiment vous bousculer à une heure où, printemps gentiment ensoleillé oblige, vous pensiez que les belles découvertes seraient à réserver pour une période beaucoup plus propice au refuge dans les salles obscures.
Mais, à l'instar des trois premiers mois de l'année, et quand bien même l'attention est totalement focalisée où presque sur les - plus où moins - grosses productions venues de l'autre côté de l'Atlantique (on exagère à peine), les belles découvertes sont toujours présentes pour celles et ceux qui se donnent la peine de vouloir les voir.

Copyright Shellac

Truly Naked fait décemment parti de celle-ci, estampillé premier long-métrage de la wannabe cinéaste Muriel d'Ansembourg, qui vient bousculer un brin la familiarité du coming-of-age movie à travers un postulat résolument original (et culotté, aussi), qui met dans le bain dès son ouverture : la découverte du désir d'un adolescent timide et réservé intimement lié à la petite entreprise familiale vacillante de production de films pour adultes - il ne se contente pas de filmer et de monter les vidéos des ébats son père, il s'improvise même en directeur artistique qui donne des idées pour de futurs contenus.

Pas l'adolescence la plus saine sur le papier, d'autant que le loustic a un peu de mal à trouver sa place dans sa nouvelle jungle lycéenne, lui qui a quitté Londres pour une ville balnéaire de province.
Tout bascule lorsqu'il se lance dans la conception d'un exposé sur la dépendance à la pornographie, accompagné de sa camarade Nina, au féminisme affirmé et qui est son parfait opposé, une jeune femme avec qui il va noué des liens plus complexes qu'une simple romance adolescente...

Copyright Shellac

Car rien n'est véritablement comme un récit d'apprentissage simple et commun, et encore moins comme un drame familial conventionnel tant d'Ansembourg s'attache moins à aborder frontalement l'industrie pornographique (comme l'excellent Pleasure de Ninja Thyberg) qu'à s'en servir de prisme pour non seulement sonder l'éveil sexuel d'un gamin à la vision émotionnellement détachée du sexe mais baignant depuis tout petit dans une masculinité toxique, mais également examiner les comportements d'une jeune génération autour de la sexualité (et de et de ses codes biaisés) à une ère du tout-numérique au sein d'une société contemporaine à la misogynie totalement décomplexée - et encore plus en ligne.

Le tout sans jugement moral putassier et même avec une émotion incroyablement sincère et touchante, fruit autant du regard empathique de la cinéaste que de la prestation investie de sa distribution (les jeunes Caolán O'Gorman et Safiya Benaddi en tête).
Un sacré premier effort donc.


Jonathan Chevrier