[FUCKING SERIES] : Man on Fire saison 1 : Aïe Yahyaïe quelle cata...
Il faut une certaine part de folie (où de naïveté excessive, c'est selon) pour partir dans l'idée assez osée sur le papier, d'offrir une nouvelle adaptation au roman Man on Fire de A.J. Quinnell, passée celle on ne peut plus mémorable de feu le regretté Tony Scott avec un Denzel Washington, justement, on fire (on n'oubliera pas non plus celle peut-être encore plus sombre - mais moins spectaculaire - d'Élie Chouraqui en 1987, avec Scott Glenn, Danny Aiello et Joe Pesci au casting, même si elle a pris un gentil coup de vieux sur sa bobine), et qui plus est non pas à travers une production cinématographique, mais bien télévisuelle.
C'est le pari risqué (pour ne pas dire méchamment opportuniste et absurde), que s'est lancé le showrunner Kyle Killen sous la houlette de la firme au Toudoum Netflix, pas la première pour s'auto-saborder même avec des concepts cousu main, avec Man on Fire (pourquoi s'emmerder ?), déclinaison Temu de la version de Scott étirée sur sept épisodes et cinq heures et demie qui en paraissent le triple, jamais sauvée par une action insipide ni par la partition impliquée d'un Yahya Abdul-Mateen II qui se débat comme un beau diable pourtant, pour s'extirper d'une léthargie ambiante qui lui colle méchamment aux baskets.
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| Copyright Juan Rosas/Netflix |
Reprenant, sans surprise, la même trame familière auquel il ajoute quelques remaniements au fond pas si déconnants (les aternoiements d'un vétéran des forces spéciales désabusé et traumatisé - voire même suicidaire -, pas le dernier pour imbibé son quotidien d'alcool pour tenter de calmer un syndrome de stress post-traumatique carabiné, qui a une chance de se racheter en prenant soin/protégeant dans une Rio de Janeiro plus dangereuse que jamais, la fille adolescente de son meilleur ami, qui vient de périr avec sa famille dans l'explosion d'un immeuble), tout en se laissant aller à un remplissage maousse costaud (sous-intrigues superflues, dialogues fades et répétitifs, galeries de personnages croqués au tractopelle et aux actions stupides/incohérentes, relans conspirationnistes digne d'un film de la Cannon, rebondissements prévisibles as hell,...), le show peine de tout son long à masquer la vacuité d'une quête de rédemption/vengeance dénuée de tout impact émotionnel (et de résonance christique aussi, même si un liant simili-paternel palpable entre Poe et Creasy, aurait amplement suffit), mais également toute fureur (si la violence y est totalement décomplexé, on affuble Creasy d'une flopée d'acolytes de l'ombre, faisant du vengeur lessivé par la vie mais déterminé, un sous-Ethan Hunt qui ne fait que reprendre ses activités meurtrières/missions d'espionnage pour une cause certes plus noble, que de servir les intérêts du pays de l'Oncle Sam).
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| Copyright Juan Rosas/Netflix |
Itération sans envie aussi ennuyée qu'ennuyeuse (et à la photographie sombre et grisâtre absolument dégueulasse, signature Netflixienne oblige), qui en vient même à singer - sans le moindre dynamisme - le style du cadet des frangins Scott dans des scènes d'action plus impersonnelles que jamais (et qui, parce qu'il y a un déficit criant de dramaturgie, apparaissent cruellement ridicules quand elles incarnent l'expression excessive d'une vengeance sans impact), cette première saison, dont la conclusion appelle sans détour une seconde salve d'épisodes, croule sous le poids d'un cahier des charges pachydermique comme d'une formule générique et éculée, incarnant in fine une énième proposition oubliable d'un catalogue qui les compte à la pelle.
Yahya Abdul-Mateen II méritait mieux, le spectateur peut-être encore plus.
Jonathan Chevrier



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