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[CRITIQUE] : The Moment


Réalisateur : Aidan Zamiri
Acteurs : Charlie XCX, Alexander Skarsgård, Hailey Benton Gates, Rosanna Arquette, Rachel Sennott, Kylie Jenner,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Britannique, Américain.
Durée : 1h43min.

Synopsis :
Ce faux documentaire suit la vie d'une pop star à l'approche de sa première tournée.





Il y a une audace assez folle mais néanmoins savamment contrôlée (et, pour le coup, incroyablement fascinante à suivre), qui se dégage de l'ambition musclée que peut avoir la chanteuse Charli XCX a vouloir se forger sa propre place au coeur de l'impitoyable jungle Hollywoodienne, elle qui a débuté chez rien de moins que le génial Gregg Araki pour son retour aux affaires, I want your sex (dans ce qui est annoncé dans un rôle a contre-emploi particulièrement marquant), avant de produire et de co-écrire elle-même son second passage à l'écran (elle a, depuis enchaîné avec 100 Nights of Hero de Julia Jackman, Sacrifice de Romain Gavras, The Gallerist de Cathy Yan et a débuté les prises de vue de A Tree is Blue, premier long-métrage de la comédienne Dakota Johnson), rien de moins qu'un premier rôle à son image, avec The Moment, estampillé premier long-métrage du wannabe cinéaste Aidan Zamiri, qui arpente le terrain sinueux du mockumentaire musicale où quelques artistes ont faillit y laisser leur carrière (petite chiquette perdue derrière la nuque de Joaquin Phoenix, bonsoir).

Copyright A24

Dans une déclinaison dont on ne sait pas réellement si elle est alternative où familière d'elle-même (l'histoire s'attache cela dit en partie à ce qu'elle est : une pop star hyper-médiatisée mais consciente de ce qu'elle est, qui refuse d'être prisonnière d'une certaine image d'elle-même tout en restant paradoxalement passive et qui, à l'approche de sa plus grande tournée et au lendemain d'un été particulièrement couronné de succès, doit négocier avec son égo comme avec l'idée que sa maison de disques, veut capitaliser encore un peu plus sur l'euphorie du moment, en filmant les préparatifs de son concert), le film, qui suit plus où moins habilement les codes du mockumentaire (tournage caméra à l'épaule, pour mieux capturer ce qui est voulu comme des instants spontanés et réels, le tout agrémenté d'une pluie d'apparitions de guests apparaissant dans leur propre rôle : Stephen Colbert, Rachel Sennott où encore Kylie Jenner), comme ceux de la satire, ambitionne de vouloir pointer aussi bien la fragilité (qui ne dépend que du soutien, parfois éphémère, du public) que l'usure d'une célébrité sous le dictat d'un opportunisme algorithmique (aussi authentique soit-elle, à l'échelle professionnelle, la musique est et reste avant tout un business) comme d'une liberté - pas uniquement créative - contrôlée à l'extrême, sous l'apparat clinquant du professionnalisme.

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Si à l'arrivée, les intentions ne suivent pas toujours l'exécution, tant le film ne sait jamais réellement équilibrer la tension entre une confession artistique authentique et la satire cynique (d'autant qu'il étire son délire un peu trop longtemps pour son bien), difficile dans le même temps de ne pas trouver de vraies qualités (comme un Alexander Skarsgård incroyablement hilarant) à cet effort certes bruyant, dénué de finesse et méchamment chaotique, qui vise parfois juste dans ses observations acerbes du milieu musical, sans pour autant trouver sa propre voie comme sa propre cohérence.

Plus Spice World que Spinal Tap donc...


Jonathan Chevrier