1 Cinéphile : 1 Film Culte

[1 CINÉPHILE = 1 FILM CULTE] : Babe, le cochon dans la ville



#15. Babe, le cochon dans la ville de George Miller (1998)

" Revenons il y a un peu plus d'un an chers lecteurs. J'étais encore un étudiant en licence d'arts du spectacle et audiovisuel à Metz. Nous devions faire un oral de quelques minutes en anglais sur un sujet libre qui serait basé sur quelque chose d'anglophone. En tous cas, cela pouvait provenir d'Angleterre, d'Australie ou des USA. Je me suis alors lancé devant un auditoire qui ne savait globalement pas de quoi j'allais parler (en dehors de quelques amis), pas même ma professeur.
J'ai alors commencé à parler de l'Australie dans tout ce qu'il y a de plus cliché que l'outback, l'opéra de Sydney, Nicole Kidman ou les kangourous, avant de passer aux cinéastes. J'en viens alors à parler de George Miller. Le monde était encore un peu euphorique de Mad Max Fury Road (2015) et le nom George Miller restait encore en mémoire des étudiants en cinéma (enfin je l'espère pour eux). J'ai alors dit que je n'allais pas parler de sa tétralogie iconique, mais plutôt d'une autre saga qu'il a lancé. Me voilà donc en train de parler du dyptique Babe (1995-98) devant des étudiants entre l'attention et le rire à peine voilé (en même temps, c'était un peu l'effet voulu).
Après cela, les étudiants pouvaient me poser des questions. Un de mes camarades m'avait alors demander pourquoi j'avais choisi de parler de Babe et pas plutôt de Mad Max. Je lui avais alors répondu que les Babe faisaient parties de mon enfance et en soi qu'ils étaient des films cultes pour moi. Au même titre que Space Jam (Joe Pytka, 1996), le premier Babe, que Miller avait écrit et produit (Chris Noonan s'était chargé de la réalisation), fut un des premiers films dont je me souvienne.
Avec ce film, Miller anticipait ce qu'il allait faire avec les Happy Feet (2006-2011) : prendre le point de vue d'un animal dans la tourmente. Dans le cas d'Happy Feet, il s'agissait d'un manchot s'exilant car il est différent et essayant de sauver ses congénères d'un choc écologique à venir. Dans le premier Babe, il s'agissait d'un cochon acheté par un fermier (James Cromwell) voué à finir sur la table du salon pour un bon gueuleton.
Babe était peut être un film familial, il était aussi un conte qui n'avait pas peur de secouer le spectateur. Un de ses acteurs en premier, puisque James Cromwell est devenu vegan depuis le tournage du film et lutte contre la maltraitance des animaux. Donc un film qui parlait aussi bien aux enfants qu'aux adultes. 


A l'époque, j'apprenais la sortie des films par des bandes-annonces présentes sur des VHS. J'étais trop petit pour aller au cinéma (on en reparlera un jour), donc j'attendais des films jusqu'à leurs sorties en VHS. Babe, le cochon dans la ville en fit partie.
Autant j'adorais le premier opus, autant j'ai toujours préféré sa suite. Peut être parce que l'on ressent la réalisation foldingue de George Miller. Le réalisateur avait beau s'être beaucoup impliqué dans le premier film, la réalisation de Noonan était assez classique. Babe 2 va plus loin et on le remarque d'autant plus en grandissant. Miller dézingue les repères du cochon dès les premières minutes et s'attaque à une société urbaine de plus en plus froide et inhumaine.
La fermière (Magda Szubanski) est accueillie à l'aéroport comme une potentielle terroriste. Les voisins d'un hôtel avec beaucoup d'animaux appelent la fourrière qui n'est pas loin de se présenter comme la Gestapo des animaux. Un cuistot menace la fermière de faire cuire notre camarade porcin. Babe manque de se faire bouffer par un bull terrier qui a un peu trop longtemps vécu dans le cliché du chien méchant. Un chien handicapé en vient même à rêver qu'il a toujours l'usage de ses jambes, avant le triste retour à la réalité.
Autant dire que Babe 2 n'est pas souvent fun au contraire d'être tendre ; et vous pouvez même rajouter un célèbre morceau d'Edith Piaf histoire d'en rajouter une couche ! La ville est montrée également comme un lieu universel à travers un plan bien spécifique (*). On peut voir le cochon face à un paysage regroupant le Golden Gate Bridge, la Statue de la liberté, l'Opéra de Sydney ou la Tour Eiffel. Ce qui renforce le discours de Miller à propos de la nature campagnarde débarquant dans la ville uniforme. Ce plan montre aussi à quel point nous sommes dans un univers cartoonesque qui s'affranchit de toute règle. Y compris du ridicule dans un climax délirant et n'évitant aucune excentricité pour notre plus grand plaisir.
Ce qui fait de Babe 2 un film encore plus poétique et fou que son aîné, peut être les prémices du cinéma de Miller à venir (notamment le côté frappadingue de Fury Road). Un excellent film familial aussi. Miller était tellement fou qu'il prévoyait même de montrer notre copain dans l'espace si un troisième volet était possible (Babe 2 a été un flop commercial) ! Sacré George, toujours de la suite dans les idées... "

Borat8

Blogueur depuis juin 2008 ayant promené sa frimousse d'Allociné à Canalblog (bientôt huit ans !). Cinéphile carnivore accumulant les visionnages à droite et à gauche, au point de ne parfois plus où donner de la tête. Mon quinté de films de chevet est Across the universe (Julie Taymor, 2007), Fight club (David Fincher, 1999), Ace Ventura (Tom Shadyac, 1994), Toy Story 3 (Lee Unkrich, 2010) et The land before time (Don Bluth, 1988). Mes réalisateurs préférés sont Steven Spielberg, Hayao Miyazaki, David Fincher, James Cameron, Guillermo del Toro et Clint Eastwood. 

Blog : Ciné Borat 

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