Chroniques

[FUCKING SERIES] : Hillary : Portrait d’une femme controversée


(Critique des quatre parties de la mini-série documentaire)



La célèbre documentariste Nanette Burstein revient avec un sujet en or : la vie personnelle et politique de la candidate démocrate et ancienne Première Dame Hillary Rodham Clinton dans une mini-série documentaire découpée en quatre parties.
Montré pour la première fois au festival de Sundance en janvier dernier, Hillary est diffusé depuis le 6 mars sur la plateforme américaine Hulu et depuis le 16 mars sur MyCanal. La réalisatrice mélange images d’archives, interviews et vidéos de la campagne présidentielle de 2016, où l’ex Secrétaire d’État s’est présentée contre Donald Trump. Essuyant un échec cuisant contre celui-ci, c’est avec honnêteté qu’elle avoue aux caméras ne pas l’avoir prévu. “J’ai participé à un tas d'élections et je n’ai pas vu ça arriver” dit-elle, non sans regret. Quatre heures, c’est le temps qu’il faut à Burstein pour dépeindre la vie de Hillary Clinton, entre scandale, élection, et vie politique. Figure controversée, tantôt encensée, tantôt traînée dans la boue, sa vie n’a pas ressemblé à un fleuve tranquille, loin de là. C’est donc avec détermination, comme tout ce qu’elle entreprend, que Hillary Clinton se raconte, donnant sa version des faits, son histoire, contée autant par elle-même que par ses proches. “Elle n’était ni bonne ni mauvaise”, son souhait d’épitaphe, qui montre bien son besoin d’être vue avec toute la nuance requise. 

Hulu/Barbara Kinney

À travers son récit, ce n’est pas seulement sa vie qu’elle raconte, mais tout un pan de la politique moderne des États-Unis et de la société où elle a grandi et vécu. Son arrivée à l’université, où il n’y avait que peu de femmes, son premier emploi en tant qu’avocate, seule femme du bureau et subissant déjà les affres du sexisme au travail. Son expérience de Première Dame, en tant femme de gouverneur tout d’abord, où il a fallu refréner ses convictions féministes (considérées à l’époque comme extrémistes) pour devenir la parfaite épouse, puis en tant que femme du président des États-Unis d’Amérique. Les scandales sexuels, politiques qu’elle a essuyé, deux campagnes présidentielles, seule femme à se présenter pour un tel poste à l’époque. Hillary Clinton admet bien volontiers les erreurs commises durant sa vie, revenant même sur une partie de sa vie privée, sans pourtant se justifier. Le documentaire évite avec intelligence le panégyrique de cette figure politique, tout en interviewant pourtant uniquement ses plus proches collaborateurs et journalistes. Evidemment, les choses les plus délicates, comme les fameux mails par exemple, sont mis ici en dérision. Il est quand même question de filmer une hagiographie, de glorifier ce qui aurait été la toute première femme présidente du pays. Malgré les points sombres de sa vie politique, l’accent est bien sûr mis sur son engagement égalitariste, féministe, ouvrant la voie aux champs des possibles : malgré sa défaite face à Donald Trump, le nombre de candidates a considérablement augmenté, entraînant ainsi un nombre d’élues plus conséquent. L’occasion de revenir sur les violents dénigrements misogynes pris tout le long de sa vie, surtout ceux durant son combat face à Donald Trump, qui a utilisé tous les outils possibles et imaginables pour asseoir une aura de mâle alpha (tactique qui a malheureusement finit par être payante). 

Jeffrey Markowitz / Getty / Katie Martin / The Atlantic

Hillary dévoile la fresque d’une grande femme politique, qui se veut honnête, quoique possédant un léger ton révérencieux. Malgré les faux pas, on peut lui concevoir une vie très riche politiquement, et un héritage conséquent.


Laura Enjolvy 



Laura Enjolvy

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