A Million Little Pieces

[CRITIQUE] : A Million Little Pieces

 

Réalisateur : Sam Taylor-Johnson
Acteurs : Aaron Taylor-Johnson, Charlie Hunnam, Billy Bob Thornton, Juliette Lewis, Giovanni Ribisi,...
Distributeur : Amazon Prime Video
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h53min.


Synopsis :
La descente aux enfers de James Frey, accro à toutes sortes de drogues.



 
Critique :


Il y a quelque d'assez ironique à la vision du petit carton balancé par Sam Taylor-Johnson comme préface de son adaptation des mémoires éponymes de James Frey, articulées autour de sa dépendance puis de son rétablissement à 23 ans; une citation de Mark Twain qu'il n'aurait jamais dit : " J'ai vécu des choses terribles dans ma vie, dont certaines se sont réellement produites. "
Un petit à côté de la plaque façon clin d'œil à la controverse entourant l'aveu de Frey selon lequel il aurait fabriqué de toutes pièces certains passages de son livre de 2003, vendus - notamment par Oprah Winfrey dans son Club de Lecture - comme un biopic pur et dur; mais qui donne de facto un sacré coup de plomb dans l'aile d'un projet fictionnel qui s'appuie sur des événements volontairement... mensongers.
Pourtant, les Taylor-Johnson sont résolument rompus à l'exercice, eux qui se sont connus - puis mariés - grâce au biopic plutôt de John Lennon, Nowhere Boy, il y a déjà onze ans.
Figure moins empathique et fascinante oblige, le résultat est infiniment moins prenant voire même sévèrement aseptisé, une œuvre terne ou il ne se passe strictement rien, malgré l'abattage solide de son casting vedette (dans la généralité) impliqué et son sujet on ne peut plus important.




Passé une ouverture hypnotique et euphorique, ou l'on voit Frey danser nu après un bon cocktail de crack, qui le inextricablement tomber en arrière de son balcon pour se fracasser le visage sur le bitume; le film pose sa caméra au cœur d'un centre de réhabilitation du Minnesota pour ne plus jamais le quitter, vissé sur la trogne d'un héros sur la corde raide, et à deux doigts de rencontrer la grande faucheuse.
Et on connait déjà la chanson : refus/déni d'admettre avoir un problème, comportement toxique et nauséabond avec son entourage, apprentissage des leçons essentiels, puis l'obtention d'un acte rédempteur optimiste mais pas trop, pour ne pas dénoter avec la morosité des quatre-vingt-dix minutes précédentes.
Pourquoi pas, le problème étant qu'aussi talentueux soit-il, Aaron Taylor-Johnson ne parvient jamais à rendre crédible à l'écran, son statut de junkie aussi bien par la faute d'un physique bien trop musculeux pour l'occasion, que par un jeu lisse ne retranscrivant jamais les potentiels traumas émotionnels qui l'ont amené aussi proche de la rupture totale et définitive, rendant de facto totalement improbable son quelconque rachat.
Un choix de casting qui plombe d'autant plus A Million Little Pieces, que son exploration de la force destructrice de la toxicomanie, nous apparaît sensiblement fragile durant des millions de secondes (on exagère... un brin) qui elle, ne nous apparaissent pas si petites.
Une vraie déception, et c'est dommage quand on sait que la cinéaste à sa barre, talentueuse quand elle choisit bien ses projets, avait toutes les qualités requises pour aborder le sujet avec subtilité et force.


Jonathan Chevrier




John Chevrier

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