Chris Sanders

[CRITIQUE] : L’Appel de la Forêt


Réalisateur : Chris Sanders
Acteurs : Harrison Ford, Omar Sy, Dan Stevens, Cara Gee,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Aventure, Drame, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h40min

Synopsis :
La paisible vie domestique de Buck, un chien au grand cœur, bascule lorsqu’il est brusquement arraché à sa maison en Californie et se retrouve enrôlé comme chien de traîneau dans les étendues sauvages du Yukon canadien pendant la ruée vers l’or des années 1890. Buck va devoir s’adapter et lutter pour survivre, jusqu’à finalement trouver sa véritable place dans le monde en devenant son propre maître…




Critique :



Il y a un vrai petit pincement au coeur, certes totalement indépendant au film, à la vision des premières secondes de L'Appel de la Forêt en salles, puisqu'il est officiellement le premier long à arborer le doux logo (non) de 20th Century Studios, désormais effectif après le rachat pleinement digéré de la Fox par Disney.
Passé cette petite anecdote au doux relan de vomito, la découverte du premier film en prise de vues réelles de Chris Sanders (Lilo & Stitch, Dragon et Les Croods, c'est lui) se fait dès lors sans trop d'embûches, le bonhomme arrivant plus ou moins à renouer avec une certaine idée du divertissement d'aventure familial purement 90's qui a biberonné nos enfances (souvent signées Disney... pas de hasard), tout en embrassant les thèmes et la sensibilité si particulière de la plume de Jack London (à la violence/crudité ici réduite à peau de chagrin).




Publié en 1903 - 1906 par chez nous -, le roman relatait comment un bonheur chien domestique méchamment attachant, Buck, vendu à la suite d'un concours de circonstances (totalement volontaire, il attire tellement les convoitises qu'il est justement volé) comme chien de traîneau, en pleine époque de la ruée vers l'or.
Il revient à ses instincts naturels une fois confronté aux pièges et à la rudesse du territoire du Yukon, au Canada, tout autant qu'il fera de belles connaissances, comme celle de Perrault (un homme gentil et sage qui transporte du courrier avec des chiens de traîneau), d'une meute de loups sauvages mais surtout John Thornton, un maître respectable marqué par la disparition de son fils.
Exit la mort et la cruauté humaine qui surplombent tout le livre - mais pas les allusions darwiniennes qui sont définitivement inscrites dans sa chair -, le film, sèchement scindé en deux parties bien distinctes (que l'on pourrait grossièrement nommer " partie Omar Sy/Cara Gee " et " partie Harrison Ford "), ne quitte jamais du bout de la caméra son héros de chien tout numérique, sincèrement attachant à l'écran mais dont le photoréalisme bancale et les expressions faciales risibles, laissent un sacré goût d'inachevé huit mois seulement après le sublime - esthétiquement parlant tout dû moins - Le Roi Lion de Jon Favreau.



Incarnation parfaite d'un parti-pris de production ahurissant de bêtise et à l'imperfection visuelle constante (si les animaux sont horribles, les décors eux - sauf dans son dernier tiers -, ne rivalisent jamais vraiment avec la beauté naturelle des décors luxuriants du Grand Nord, même avec la présence incompréhensible du talentueux Janusz Kamiński à la photographie), Call of The Wild en v.o., arrive pourtant à étonnement tirer son épingle du jeu, réservant autant un joli lot de rebondissements prenants et bien rythmés par une partition enlevée de John Powell (déjà derrière celle épique de Dragon), qu'une prestation habitée d'Harrison Ford (égal à Charlton Heston dans la version de 72 signée Ken Annakin), également voix-off/pilier de l'intrigue, et que l'on a pas vu aussi impliqué depuis des lustres.
Omar Sy est excellent également, tandis que Dan Stevens, habituellement juste dans ses interprétations, frise lourdement avec le ridicule dans le rôle du " vilain " majeur de l'histoire. 



Vrai conte familial bienveillant et attachant à la lisière de la fable écologique avisée et humble (et non amenée avec de gros sabots), techniquement fragile (hybride pendant une bonne partie de sa longueur, il est gentiment plombé par ses fonds verts), L'Appel de la Forêt est une belle aventure canine entre prise de vue réelles et images de synthèse, pas toujours fine mais joliment shootée aux bons sentiments et au coeur gros comme ça, parfait pour la saison.
Un film Disney dans l'âme (et résolument tourné vers les plus petits, sans que cela ne lui joue des tours) qui l'est devenu réellement par un rachat dont on commence peu à peu réaliser les dommages collatéraux dans les salles obscures. . une vraie histoire Hollywoodiennes qui n'a pourtant jamais cherché à l'être.


Jonathan Chevrier






La première chose qui m’a frappée c’est le nouveau logo de la 20th Century. Amputée du mot Fox comme un rappel de la domination de Disney sur le paysage cinématographique américain. Et très vite, la patte Disney s’est faite ressentir. L’impression de visionner un film live-action Disney est constante. Les couleurs sont belles, les acteurs sympathiques, les images superbes, mais le propos est on ne peut plus manichéen, contrairement à l’oeuvre de Jack London qui est d’une complexité reconnue. Il est indéniable que London par son travail journalistique sur la colonisation de l’Ouest du continent et par sa chronique du quotidien des colons blancs face à la “Wilderness” impregna durablement l’imaginaire américain. C’est un auteur emblématique. Ses fictions narrent la complexité de la condition humaine et animale dans un processus violent de colonisation.




Or dans cette adaptation la majorité des passages dramatiques de l’oeuvre (surtout ceux concernant les chiens) sont effacés au profit d’une réécriture bien plus compatible avec un jeune public moderne. Ici, les chiens n’attrapent pas la rage (ils s’en vont simplement dans les bois), les loups sont sauvages (mais n’attaquent pas les attelages), etc. Pour conclure, je dirais que le film est une ré-écriture relativement inoffensive, bien plus accessible à des enfants que ne l’était le livre, et qu’il manque de substance pour avoir une chance de marquer les esprits durablement comme l’a fait Jack London. Ce lissage du matériel original n'empêche pas de passer un moment sympathique, surtout si on a 10 ans. 


Marie-Laure 

John Chevrier

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