Cats

[CRITIQUE] : Cats


Réalisateur : Tom Hooper
Acteurs : Taylor Swift, Idris Elba, Jennifer Hudson, James Corden, Sir Ian McKellen, Rebel Wilson, Judi Dench, Jason Derulo,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Comédie Musicale, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h51min.

Synopsis :
L'adaptation de la comédie musicale Cats. Une fois par an au cours d’une nuit extraordinaire, les Jellicle Cats se réunissent pour leur grand bal. Leur chef, Deuteronome, choisit celui qui pourra entrer au paradis de la Jellicosphère pour renaître dans une toute nouvelle vie.



Critique :


Ce qu'il y a de magique avec ce type d'incident industriel proprement fascinant qu'est Cats, qui n'avait décemment pas attendu de pointer le bout de son nez en salles pour laisser présager la catastrophe artistique monumentale qu'il incarnait, c'est qu'il semble avoir su défier toutes les logiques possibles de production, avec une facilité proprement déconcertante.
Adaptation risquée d'une comédie musicale déjà méchamment bizarre mais qui, sur scène - et uniquement sur scène -, fonctionnait du tonnerre tant les rimes de TS Eliot couplé au savoir-faire évident en la matière d'Andrew Lloyd Webber, convoquait une sorte d'enthousiasme musicale flashy aussi immersif que transporteur, qui a réellement influencé son époque (pop culture incluse) et même la méthode de production/expansion des musicals par la suite.
Une recette qu'il est difficile, voire même presque impossible, de retranscrire dans une salle obscure et sur un spectacle figé sur grand écran, tant l'aspect physique et direct d'une telle représentation, est justement ce qui en fait sa force, et même clairement son intérêt.



Mais Tom Hooper, visiblement grisé par sa mise en images célébrée - mais pourtant férocement fragile - du musical Les Misérables (adaptant à la louche le pavé merveilleux de Victor Hugo), s'est dit qu'il était capable, tel un Ethan Hunt du pauvre, à mener à bien cette mission impossible, quitte à aligner des partis pris alourdissant encore plus son entreprise d'automutilation de carrière qui ferait presque passer la quasi-intégralité des choix DTV-esque de Nicolas Cage sur la dernière décennie, comme un plan de carrière hautement exemplaire.
Frappée d'une fièvre salement discordante, Hooper, qui défendra certainement bec et ongles son nauvrage même la tête sous l'eau, fait de son adaptation une sorte de spectacle WTF-esque terrifiant et risible, tout droit échappé du laboratoire de créatures du Dr Moreau, qui perturbe plus souvent qu'il n'en enchante... d'ailleurs, est-il réellement capable d'enchanter qui que ce soit ?
Telle est la question (en fait pas vraiment, mais il faut s'occuper pendant la séance hein), face à ce mélange paresseux de partitions chantées et de bouillie numérique ou le hachage visuel et sonore dérangé de Hooper, déjà à l'oeuvre sur Les Misérables, fait à nouveau des merveilles.
Plus qu'un classique maltraité, le métrage est surtout une version furieusement bizarre d'un spectacle déjà risqué et férocement barré à la base, ou les chats ne sont plus élégants mais bel et bien effrayants et salement creapy.
Il est presque totalement insondable de se dire qu'il ait réussi a traversé toutes les réunions de production préliminaires, sans que quelqu'un n'appelle raisonnablement l'arrêt du processus en voyant un casting royal agonisant, avec leurs visages collés sur de petits corps velus, avec la présence discordante de seins humains pour les personnages féminins.
Car oui, ces chats ressemblent à des humains nus velus, portant simplement... des oreilles de chat !
Et ne commençons même pas à parler des minuscules souris elles-aussi à visages humains, ou les cafards dansants qui servent également de collations croquantes...



Mais plus que l'aspect généralement rebutant des chats, les proportions des personnages sont toutes affreusement fausses par rapport à leurs nombreux environnements, comme si Hooper et sa direction artistique, déjà passablement aveugle, crachait encore plus au visage de son auditoire, son je-m'en-foutisme global.
C'est une chose d'essayer de s'acclimater aux humains à la fourrure digitale, aux environnements à l'échelle d'une bande dessinée mal torchée ou du manque totale de respect envers les chansons et chorégraphies agitées originales, s'en est pourtant une autre totalement différente, de ressentir de la pitié profonde pour les artistes engagés dans cette galère sans nom, que Hooper filme avec ce qui peut s'apparenter à un mépris pervers.
L'ensemble de la distribution travaille dur pourtant ici, et des comédiens au talent et à la classe légendaires comme Judi Dench et Sir Ian McKellen, semblaient jusqu'ici pouvoir préserver leur dignité à peu près partout, mais Cats ne donne jamais raison à ce que l'on pensait pour une vérité générale, et réussit même à nous rendre insupportable des comédiens et comédiennes que l'ont apprécie sincèrement (James Corden et Rebel Wilson).
Même les adeptes les plus passionnés de l'oeuvre originale, devrait être consternés et rebutés face à la vision de ce qui pourrait incarner un véritable cas d'école pour les années à venir : non, tout n'est pas adaptable et plus important, Cats incarne une leçon plus que précieuse sur les limites de l'imagination, et la folie Hollywoodienne...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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