Movie Challenge 2018

[MOVIE CHALLENGE 2018] : Nebraska de Alexander Payne


#3. Un film que personne ne s’attendait à ce que j’aime - pas même moi - (Movie Challenge 2018 / récapitulatif)


On est salement en terrain connu avec Nebraska, tant tout le long transpire joyeusement le cinéma génial d'Alexander Payne.
Sideways tout d'abord, pour son côté road trip à deux sur les routes US, dont le rejeton David, loser attachant aux illusions perdues, à des faux airs du merveilleux Paul Giamatti, ou même Monsieur Schmidt puisque les deux péloches ont pour vedettes un acteur beaucoup trop rare sur grand écran (Bruce Dern ici, le précieux Jack Nicholson dans l'autre), mais surtout un protagoniste principal presque équivalent :  un vieil homme aigri qui peu à peu, s'ouvre aux autres et se rapproche de sa progéniture.
Mais loin de céder aux facilités de la redite, le cinéaste transcende son pitch ultra-simpliste pour offrir ni plus ni moins que sa bande la plus aboutie, à la mise en scène aussi exceptionnel (une esthétique soignée alliée à un cadrage exceptionnel des longs et beaux paysages) que son script est juste.


Fort d'un parti-pris sacrément osé (le choix du noir et blanc au détriment de la couleur, qui offre un cachet d'époque séduisant), cruel et bienveillant - ce voyage vers la richesse matériel l'est tout autant qu'un voyage vers la richesse intellectuel (la mémoire) -, via son poignant pèlerinage familiale à travers les États-Unis, la péloche évite les écueils facile du pathos de supermarché pour paraitre constamment sincère et juste, pour preuve les petits détails minutieux et foutrement réaliste qui pullulent sa bande et sa description d'une famille pas si différente que ça, des autres.

Exemple parfait de l’américain moyen, parias du fameux rêve que leur propre nation vend comme un mensonge entouré de paillettes, tous sont frappés par la dure réalité de la crise économique dans des villes presque fantômes ou la seule occupation pour noyer son ennui et sa tristesse, est de boire dans des bars miteux.

Mélange de tendresse et d'amertume ou l'humour pince-sans-rire et les dialogues percutants ne font jamais tâche face à l'émotion la plus sincère, Nebraska est un conte mélancolique ou les générations s'opposent et se superposent, un film honnête, nostalgique, humain et humble, que beaucoup ont jugé et jugeront - à tord - comme mineur.
Un moment de cinéma simple et beau qui va droit au cœur, tout simplement.

Jonathan Chevrier


Nebraska de Alexander Payne avec Bruce Dern, Will Forte, June Squibb,... (2014)

Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain, à pied puisqu'il ne peut plus conduire. Un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit. Pendant le voyage, le vieillard se blesse et l’équipée fait une étape forcée dans une petite ville perdue du Nebraska qui s'avère être le lieu où le père a grandi. C'est ici que tout dérape. Rassurez-vous, c’est une comédie ! "

John Chevrier

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