1 Cinéphile : 1 Film Culte

[1 CINÉPHILE = 1 FILM CULTE] : Lone Ranger


#44. Lone Ranger, Naissance d'un Héros de Gore Verbinski (2013).

" Gore Verbinski est encore un réalisateur trop peu connu du grand public, alors qu'il pèse plus de deux milliards de dollars au box-office mondial. La raison est probablement que les titres de ses films sont plus populaires que son nom. Le premier de ses films que j'ai vu était son premier, La Souris (1997). Une des premières productions Dreamworks et un film savoureux, sorte de Tom et Jerry live-action complètement dégénéré. Une réussite parmi tant d'autres qui parsèment depuis sa filmographie, où apparaît la trilogie Pirates des Caraïbes (2003-2007).
Aujourd'hui, je vais m'intéresser à son avant-dernier film. Une production onéreuse qui a dû passer par des économies pour se réaliser. Un flop commercial pas forcément fatal pour son réalisateur (il a réalisé depuis A cure for wellness qui a lui aussi bidé), mais du genre qui marque quand même sa filmographie au fer rouge. The Lone Ranger subit encore maintenant son flop commercial, d'autant plus que l'accueil critique n'a pas été non plus très flatteur à son égard.
A mon sens, il s'agit d'un film essentiel de sa filmographie, où l'argent est toujours à l'écran et il est d'une générosité que l'on ne retrouve pas toujours dans les blockbusters récents. Si l'on devait d'ailleurs le comparer avec un film, ce serait certainement Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (Steven Spielberg, 2011) avec lequel il partage une certaine folie furieuse dans des scènes clés.



Avec Rango (2011), Gore Verbinski s'était intéressé au western dans une tendance métaphysique singulière, y compris en faisant un clin d'oeil merveilleux à l'Homme sans nom. Ici, le réalisateur s'intéresse davantage aux Indiens. Certes, il a engagé Johnny Depp pour incarner l'indien Tonto qui sert d'acolyte au Lone ranger (Armie Hammer pas forcément une star, malgré un talent certain, se doit d'avoir un acteur fort à ses côtés). Toutefois, Depp s'en sort bien, ne faisant pas de Tonto un Jack Sparrow bis et retranscrit un héritage triste et malheureux, fait de tueries foudroyantes sur le peuple indien.

Il n'y a qu'à voir cette scène nocturne où une flopée de natifs passe à la casserole sous les feux des visages pâles. Un visage peu reluisant des USA et qu'il est bien venu de voir dans un film qui peut être vu par un large public. Comme évoqué plus haut, The Lone Ranger se dévoile également par une folie furieuse qui le rend tout de suite attachant. Le film commence sur les chapeaux de roue et se termine par un des meilleurs climax du cinéma américain des 2010's.
Verbinski avait déjà tenté avec Hans Zimmer le sample d'un morceau préexistant sur Rango avec une poursuite folle dans les airs et sur terre sur La Chevauchée des Walkyries (Richard Wagner, 1870) et Le Beau Danube Bleu (Johann Strauss, 1866). Les prémices de la "scène Guillaume Tell", où Verbinski rythme sa poursuite sur l'ouverture de l'opéra de Gioachino Rossini (1830) remise au goût du jour par Zimmer. Un sommet de rythme et d'actions synchrones entre les bruitages, les actions des personnages et la musique. Ce n'est pas tous les jours que vous verrez cela avec autant de maîtrise et la scène valait à elle seule le déplacement au cinéma.


The Lone Ranger est aussi très surprenant dans son traitement de la violence. Verbinski dévoile le massacre des Indiens, mais il ne s'arrête pas là puisque l'existence même du Lone ranger (Hammer est d'ailleurs très charismatique dans le rôle) arrive par une tuerie tout aussi crapuleuse. Le film a beau être un PG-13 (interdit aux moins de 13 ans avec accompagnement aux USA), il n'en reste pas moins très radical selon certains endroits, ce qui lui donne une saveur particulière de plus.
The Lone Ranger est un film que je défends depuis sa sortie et que je continuerai encore et encore de le faire. C'est un des meilleurs blockbusters des 2010's, un des plus fous et pourtant un de ceux qui ont été les moins vus en salles. C'est pourtant ce type de films que je veux voir au cinéma aujourd'hui : des films généreux, qui osent des choses et n'ont pas peur d'aller sur des pentes glissantes.  "



Borat8


Blogueur depuis juin 2008 ayant promené sa frimousse d'Allociné à Canalblog (bientôt huit ans !). Cinéphile carnivore accumulant les visionnages à droite et à gauche, au point de ne parfois plus où donner de la tête. Mon quinté de films de chevet est Across the universe (Julie Taymor, 2007), Fight club (David Fincher, 1999), Ace Ventura (Tom Shadyac, 1994), Toy Story 3 (Lee Unkrich, 2010) et The land before time (Don Bluth, 1988). Mes réalisateurs préférés sont Steven Spielberg, Hayao Miyazaki, David Fincher, James Cameron, Guillermo del Toro et Clint Eastwood.


Blog : Ciné Borat



Unknown

0 commentaires:

Publier un commentaire

Fourni par Blogger.