1 Cinéphile : 1 Film Culte

[1 CINÉPHILE = 1 FILM CULTE] : Il Était Temps


#43. Il Était Temps de Richard Curtis (2013).

" Dire que le précieux Richard Curtis est une référence en matière de comédies romantiques est un doux euphémisme, tant le bonhomme s'est évertué à tirer vers le haut le genre depuis près de deux décennies maintenant.
4 Mariages et un Enterrement, Coup de Foudre à Notting Hill, Bridget Jones et sa suite ou encore l'immense Love Actually : on ne compte plus le bonheur sur pellicule qu'aura su nous offrir cet amoureux inconditionnel de l'amour qu'est ce talentueux conteur.
Impossible du coup, de passer à côté son troisième long métrage Il Était Temps, romcom délicieuse saupoudrée de surnaturel sauce Un Jour sans Fin avec comme cerise sur le gâteau, un duo-titre séduisant (la sublime Rachel McAdams et l'excellent Domhnall Gleeson).
Le jour de ses vingt-et-un ans, le grand dadet rouquin Tim apprend de la bouche de son paternel, que tous les hommes de sa famille possède un étrange et fascinant don : ils peuvent voyager dans le temps et influencer le cours des choses, à la seule condition qu'ils n'aillent que dans les lieux ou les moments qu'ils ont déjà vécues.
Loin d'être cupide, le bonhomme voit en ce don le moyen d'enfin pouvoir trouver le grand amour qui le fuit cruellement.
Et entre deux dépannages pour ses proches, il rencontrera la belle Mary, et il comprendra de facto qu'il va devoir apprivoiser ses exceptionnelles aptitudes pour pouvoir gouter au bonheur qu'il désire...




Même si Richard Curtis est un habitué à parsemer d'un ton léger - voir un poil niais - ses comédies, Il Était Temps est pourtant bien loin de la romcom simpliste : comme son titre l'indique (About Time en v.o), la péloche traite bien plus du temps qui passe et ses répercussions sur de nombreux personnages, que de la relation entre Tim et Mary et le voyage temporel lui-même qui, pour le coup ne sert ici que de simple et original gimmick.
" Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités " répétait sans cesse Oncle Ben à Peter Parker, et c'est face à cette dure réalité que sera confronté Tim durant toute le métrage, un réalisme volontaire (d'ailleurs, Curtis laissera judicieusement le temps à son personnage de se construire, de faire des erreurs, de les accepter et de les corriger, ainsi que de mûrir et grandir) qui tranche littéralement avec le postulat SF et fantastique du départ.
Un choix intelligent de la part du cinéaste, qui ne fait pas non plus de l'histoire entre les deux amoureux, une fin en soi (soit totalement l'inverse d'Hors du Temps, au pitch pas si éloigné et ou figurait déjà McAdams).
Authentique, cocasse (surtout dans l'introduction du pouvoir dans la vie de Tim), touchant et même parfois très séduisant visuellement (le charme des fameuses contrées anglaises...), le métrage décolle réellement au moment ou le cinéaste s'intéresse à l'amour au sens large du terme, et au moment ou il mettra un point d'honneur à souligner les liens familiaux (le duo père/fils est d'ailleurs subliment croqué), pilier de toute vie humaine.



Moins banale et émotionnellement très forte, cette seconde partie posera sur pellicule le dilemme de l'inévitabilité du deuil et la cruauté face aux choses qui ne peuvent être influencées, notamment via le prisme du personnage du père, campé avec brio par l'inestimable Bill Nighy.
Jolie théorisation sur l’existence triste et bouleversante, mais ne cherchant jamais à tirer de larmes faciles à son spectateur (par contre, il sera bien difficile de ne pas sortir les kleenex avant le générique de fin) grâce à une constante volonté de faire sourire même dans les moments les plus poignants, About Time roule rarement sur les routes où on l'attends, tout en veillant à toujours combler son public cible : les amateurs de comédies romantiques.
Original, drôle, charmant et intelligent, bourrés de personnages atypiques comme dans toute bonne comédie british qui se respecte (mention spécial aux géniaux Tom Hollander et Richard Cordery), et porté par un Domhnall Gleeson flamboyant et une Rachel McAdams irrésistiblement à croquer; la bande se termine sur une morale certes loin d'être révolutionnaire, mais fortement attachante et vraie : il faut savoir jouir des petites choses simples de la vie pour réellement être heureux.
Carpe Diem quoi, et Il Était Temps fait indiscutablement partie de ses petites choses à savourer sans retenue. "




Jonathan Chevrier
 
Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.



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