Critiques

[CRITIQUE] : Wind River


Réalisateur : Taylor Sheridan
Acteurs : Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Kelsey Asbille, Jon Bernthal,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h50min.
Ce film fut présenté au Festival de Cannes 2017 dans la sélection Un Certain Regard

Synopsis :
Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…



Critique :



Un brin cantonné à la section Un Certain Regard là ou il faisait décemment partie des films les plus attendus de la Croisette - dû moins par nous -, le second passage derrière la caméra du brillant scénariste Taylor Sheridan, avait tout sur le papier pour faire saliver les cinéphiles endurcis que nous sommes.
Casting trois étoiles (Jeremy Renner, Elizabeth Olsen et Jon Bernthal) ainsi qu'une promesse de la part de Sheridan de faire de la péloche, l'ultime opus de sa trilogie sur " la frontière américaine moderne " (entamée par Sicario et Comancheria); Wind River transpirait de tous ses pores, la proposition de cinéma radicale et potentiellement indispensable.



Dans la droite lignée du film de Mackenzie, le Sheridan nouveau creuse un petit peu plus le sillon du polar noir/revenge western débuté par son ainé, au sein d'un prenant thriller glacial, sondant à merveille la noirceur de l'âme humaine, tout en étoffant considérablement sa critique fataliste - mais nécessaire - de l'Amérique contemporaine, véritable fil conducteur de sa trilogie; de son questionnement houleux sur les communautés (du racisme évident de l'homme blanc à son portrait douloureux des laissés-pour-compte, déjà au centre de Comancheria), au capitalisme gerbant.
Critique marquée au fer rouge autant par les thèmes chers du cinéaste (les liens du sang, la transmission, la loyauté et la difficulté de trouver sa place dans une société qui nous rejette) que par des clins d'oeil appuyés aux cinémas des vénérés frangins Coen, et du grand Sam Peckinpah.



Ambitieux et tragique, cet énième constat doux-amer sur une Amérique profonde saignée de toute part et au bord de l'implosion (ici sublimé par une mise en images cruelle et fiévreuse de la condition amérindienne, proprement indigne), laisse pourtant un curieux goût d'inachevé.
Si, scénaristiquement parlant le film tient la route tout du long, autant par la richesse de son propos émotionnellement fort que par la puissance de son casting vedette impliqué (et bien aidé par une fine caractérisation des personnages); en revanche, côté mise en scène, on ne pourra que déplorer les partis-pris discutables et les maladresses évidentes (sur-découpage, symbolisme plus qu'appuyé, montage parfois hasardeux) d'un Sheridan encore un petit peu green derrière la caméra.
Pas de quoi tout de même, gâcher l'aura lumineuse d'un thriller enneigé efficace et passionnant, qui sublimera la fin d'un été ciné franchement prometteur.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

1 commentaires:

  1. Il m'a beaucoup plu :) Je lui ai mis 3.5/5 aussi. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai parfois pensé à Prisonners, je crois que c'est à cause de l'ambiance par moment.

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