Byung Sung-hyun

[CRITIQUE] : Sans Pitié


Réalisateur : Byung Sung-hyun
Acteurs :  Sol Kyung-gu, Yim Si-wan, Kim Hie-win,...
Distributeur : ARP Selection
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Sud-Coréen.
Durée : 2h00min.

Synopsis :
Jae-ho, qui se rêve chef de gang, fait la loi en prison auprès des autres détenus. Mais son autorité est remise en cause à l'arrivée de Hyun-su, un nouveau venu.



Critique :


Cannes 2016, cantonné à la séance de minuit (hors compétition donc), deux péloches d'exceptions venues tout droit de Corée du Sud (en plus du chef-d'oeuvre Mademoiselle de Park Chan-wook, lui bien en compét officielle), dynamitaient autant la Croisette qu'un été ciné qui en avait foutreusement besoin : le jouissif Train to Busan de Yeon Sang-ho et, surtout, le brillant The Strangers de Na Hing-jin.
Cannes 2017, aux côtés du nouveau moment de folie de l'inestimable Takashi Miike, c'est Sans Pitié/ The Merciless de Byung Sung-hyun qui a démontré une fois encore, que le cinéma sud-coréen burné n'a pas forcément besoin de figurer parmi les compétiteurs, pour bousculer gentiment le festival.


Assumant pleinement sa filiation aux cinémas de Tarantino (Reservoir Dogs) et Scorcese (Les Infiltrés en tête), Sans Pitié, quasi-remake d'Infernal Affairs sur le papier (avec son intrigue tortueuse sous fond infiltration mafieuse jamais manichéenne), incarne une véritable proposition de cinéma foutraque et grisante, un joli polar mafieux énergique et retors (Sung-hyun joue autant avec les temporalités de son oeuvre, qu'avec les différents points de vue de ses personnages), aussi solide dans ses émotions - sincères - que dans son action explosive très HK style.


Chronique initiatique et fragmentée volontairement manipulatrice - les twists sont légion - et référencée (la péloche respecte d'ailleurs au pied de la lettre, autant les codes du polar noir que ses thèmes les plus communs : la loyauté, le sens du sacrifice,...), portée par une ambiance furieuse, paranoïaque et un casting impliqué; le nouveau long-métrage de Byung Sung-hyun, habile caméra au poing (sa mise en scène est d'une efficacité redoutable), ne pète peut-être pas forcément dans la soie de l'originalité, mais incarne clairement un puissant divertissement violent, malin et férocement séduisant.
Bref, du beau et bon cinéma asiatique comme on l'aime, frondeur, ambitieux et offensif.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.