Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Iron Fist : Un poing pas assez percutant


(Critique de la première saison)

Histoire de placer le spectateur dans les meilleures dispositions possibles au moment de l'arrivée tonitruante de The Defenders un peu plus tard dans l'année (huit épisodes qui devraient dépoter), Netflix balance ces jours-ci la quatrième aventure solo de son MCU maison : Iron Fist, de loin le personnage le moins populaire du quatuor qu'il forme avec Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage - bientôt rejoint par le Punisher, on l'espère.
Mais avant tout et surtout, la proposition la plus bancale du duo Marvel/Netflix à ce jour, puisque en plus de subir la comparaison - évidente - avec ces trois ainés, le show est orchestré par la plume difficilement défendable de Scott Buck; showrunner sur les quatre dernières - et horribles - saisons de la vénéré Dexter.
Pire, le bonhomme se serait déjà vu confier également, la première saison de l'attendu The Inhumans...
Ne partant pas réellement du bon pied, la série nous conte donc l'histoire de Danny Rand/Iron Fist, super-héros au parcours chaotique même s'il est né avec une cuillère d'argent dans la bouche - comme Bruce Wayne -, lui qui est héritier d'un immense empire pharmaceutique.Revenu à New-York pile poil quinze ans après avoir disparu dans les montagnes himalayennes suite à un accident d'avion qui ôtera la vie de ses parents (il sera du coup recueillit par des moines guerriers de la cité cachée de K'un Lun, qui lui apprendront les arts martiaux, et à faire de son poing une arme redoutable); le bonhomme va se heurter à une communauté qui est loin d'être heureuse de son retour...



Origin story loin de péter dans la soie de l'originalité (on pense souvent à Arrow et Batman), méchamment décriée outre-Atlantique, Iron Fist se veut bien plus comme un drama réaliste qu'une vraie série super-héroïque, et prend beaucoup de temps à démarrer, vraiment énormément, la faute à une écriture aussi plate que manquant cruellement d'ambition, et une durée par épisode - 60 minutes, comme Luke Cage -, tendant automatiquement vers le remplissage au mieux ennuyant, au pire proprement indigeste.
Coincé le popotin entre deux chaises, entre le divertissement faussement léger aux enjeux limités (love story, trahisons,...) et le vrai show passionnant qu'il tend à devenir dès le ventre mou de sa saison avec l'arrivée de La Main (au traitement un poil quelconque, moitié gentille moitié méchante), la série n'est point la purge annoncée par une presse ne s'étant contentée que de mater son premier tiers - la moins défendable -, mais incarne sensiblement le show le plus inégal proposé dans le genre par Netflix, depuis Daredevil premier du nom.



Esthétiquement quelconque (là ou chaque show Marvel/Netflix se différenciait justement de ses petits camarades, par une esthétique qui lui était cher), plombé par une mise en place affreusement longue et maladroite, ainsi qu'une tenue à peine plus léchée qu'un téléfilm de luxe (le même soucis que sur certains épisodes de Luke Cage), saccageant la plupart des scènes de combats loin d'être mémorables (un comble pour un personage justement célébré pour son gout pour la castagne); Iron Fist souffre, évidemment, de son manque de moyen mais également, d'une écriture abracadabrante à plus d'un niveau.
Sans réel vilain majeur de toute cette première salve d'épisodes, souvent ennuyeuse - même si elle monte graduellement en puissance dès le sixième épisode -, alignant une pluie de seconds couteaux croqués à la truelle et des épisodes ne profitant jamais vraiment de la durée conséquente qui leur est alloué (pratiquement 13 heures de show, et on ne montre pas grand chose); le show peut, en revanche, pleinement s'appuyer sur un casting totalement voué à sa cause, et mené par un Finn " Loras Tyrell " convaincant à défaut d'être réellement charismatique.


Série hybride laissé entre les mains d'un tâcheron, plein de défauts mais infiniment attachante dans ses faiblesses, légère et naïve et tranchant véritablement avec le sérieux assumé de ses petits camarades, Iron Fist est évidemment le maillon faible de The Defenders, et pour le bien du personnage - tout comme celui de Cage -, sa potentielle saison deux devrait logiquement être fusionnée avec celle du big boss d'Harlem (Héros à Louer !!!), surtout si la plateforme prête entièrement attention sur l'accueil glacial de la série autant par la presse que par le public.

On va attendra patiemment The Defenders donc, mais aussi The Punisher, qui s'annonce (oui) tout aussi bandant.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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