Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : The Exorcist : Possède-moi si tu peux



(Critique de l'épisode pilote)



A l'instar de Lethal Weapon, remaje du cultissime l'Arme Fatale de Richard Donner déjà concocté par la FOX, l'idée de voir apparaître sur nos petits écrans une relecture de l'une des oeuvres les plus terrifiantes et importantes de l'histoire du septième art, l'Exorciste du duo William Friedkin/William Peter Blatty, nous révulse (gentiment) autant qu'elle nous intrigue tant on se demande bien comment, à une époque ou Hollywood la Putain fait du saccage de notre cinéphilie son gagne-pain foireux; un long-métrage aussi saisissant de réalisme sur des phénomènes inexplicables, peut se voir décliner en un show d'au moins treize épisodes.


Mais si l'aura mystique du film original, chef d'oeuvre absolu immédiatement reconnu, n'a pas vu sa maestria être salopée par ses trois suites furieusement - à juste titre - décriées, ce n'est décemment pas une version télévisée, à l'heure ou la possession fait son petit boucan (American Horror Story mais surtout les récentes Preacher et Outcast), qui lui fera méchamment du tort.
Dans les tuyaux depuis 2008 (Blatty annonçait travailler sur une minisérie pour le câble, adaptant au pied de la lettre son roman), ce remake a finalement vu le jour donc, sous la houlette de l'excellent Rupert Wyatt (La Planète des Singes : Les Origines, The Gambler), et du scénariste Jeremy Slater.

Traitant plus en profondeur la trame du métrage, logiquement plus épurée que l'oeuvre littéraire - notamment bien plus porté sur le religieux -, The Exorcist s'attache cette fois au quotidien perturbé de la famille Rance (et non plus McNeil), fraichement installée à Chicago.
Si le père semble épris de démence, la fille ainée elle, est cloitré dans sa chambre depuis son retour de l'université à la suite d'un événement tragique.
Mais le plus inquiétant, c'est que la matriarche, Angela, tout comme la cadette, pense entendre des voix à travers les murs...
Persuadée que le mal qui frappe sa maison et sa progéniture est l'oeuvre du démon, Angela prendra vite contact avec le prêtre de sa paroisse, le père Tomas Ortega.


Après quelques investigations qui lui feront froid dans le dos, et ne connaissant que peu de choses sur les rites d'exorcisme, il décide de faire appel au père Marcus Keane pour venir en aide aux Rance, à moins qu'il ne soit déjà trop tard...

Clouée sur les piloris du mauvais gout avant même qu'elle n'atteigne les écrans (comme tout remake d'une oeuvre culte), cette version télévisée de l'Exorciste, et surtout cet épisode pilote, surprenant et solidement charpenté, s'avère pourtant une étonnante relecture du film de Friedkin, monument de la flippe sur grand écran, même s'il lui en faut encore beaucoup pour pleinement convaincre les sériephiles que nous sommes.
Moins terrifiante - pour le moment - que le métrage d'origine ou même la série Outcast (qui ménageait elle aussi habilement ses scènes horrifiques et ses exorcismes), même si elle réserve quelques moments de terreurs plutôt bien pensés pour mettre mal à l'aise son spectateur (la scène du père Tomas Ortega, génialement immersive), encore un poil trop sage même si elle semble assumer, à l'instar de feu la regrettée (et le mot est faible) Hannibal, sa singularité via une ambiance aussi noire que (très) glauque; The Exorcist, loin de la purge redoutée, impressionne tout du long dans sa volonté de se démarquer aussi bien du matériau mère (malgré quelques clins d'oeil obligés, mais bien amenés, comme le thème original) que de ses petits concurrents, qu'il distance autant par son atmosphère oppressante - dans le bon sens du terme - qu'un visuel léché et appliqué.



Belle descente aux enfers aussi angoissantes que prenante dans sa lutte entre le Bien et le Mal, aux enjeux beaucoup plus imposants qu'une simple accumulation d'exorcismes chocs, ce premier épisode impose solidement ses marques avec une intrigue principale qui semble en avoir bien plus dans les tripes qu'elle n'en a l'air (notamment dans son opposition entre les pères Ortega et Keane, aux croyances et convictions bien distinctes), avec son twist final impressionnant, et sa galerie de personnages empathiques et incarnés avec conviction par un casting remarquable (Alfonso " Sense 8 " Herrera et Ben Daniels en tête).

On en attendait pas grand chose ou presque, et on se retrouve face à une série horrifique au potentiel énorme, digérant parfaitement son passage du grand au petit écran.
On va donc justement prier pour que ces belles promesses s'avèrent tout aussi passionnantes à suivre par la suite, et notamment dès ce vendredi avec un second épisode attendu.
Dans ces remakes à outrance, la FOX a peut-être finalement mis le doigt sur une perle...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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