Critiques

[CRITIQUE] : Jason Bourne


Réalisateur : Paul Greengrass
Acteurs : Matt Damon, Alicia Vikander, Tommy Lee Jones, Vincent Cassel,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h04min.

Synopsis :
La traque de Jason Bourne par les services secrets américains se poursuit. Des îles Canaries à Londres en passant par Las Vegas...



Critique :


On ne reviendra pas sur la qualité indéniable de la trilogie originelle Bourne, qui a tout autant révolutionnée le cinéma d'action des années 2000 (que ce soit d'un point de vue narratif, avec son monde connecté au transformation actuelle, ou tout simplement technique, avec l'aspect shaky cam imposé par Greengrass dès le second opus), qu'imposé le duo Matt Damon/Paul Greengrass comme une référence du bon gout; que ce soit ensemble - La Mort dans la Peau est une référence absolue - ou séparément (Damon à l'une des carrières les plus brillantes d'Hollywood, et Greengrass l'un des cinéastes les plus emballants de la décennie).

Non contente de pouvoir capitaliser sur une franchise racoleuse de billets vert, Universal n'avait pas hésité à lui offrir un pseudo reboot/spin-off en l'absence des deux bonhommes; Jason Bourne : L'Héritage, porté par le mésestimé (et convaincant) Jeremy Renner et un Tony Gilroy assumant la double casquette de scénariste (il l'était déjà sur les épisodes précédents)/réalisateur.
Peinant à se détacher de ses ainés - et de dès son titre (trop) évocateur -, avec qui la comparaison ne lui sied guère, L'Héritage, au demeurant divertissant même si un poil longuet et narrativement laborieux, avait méchamment atteint l'aura quasi-mystique de la saga tout en faisant baver les cinéphiles qu'en a une rencontre alléchante entre Aaron Cross et le nerveux Bourne.


Rencontre un temps teasé par Damon, avant que celui-ci ne revienne définitivement dans la course d'une quatrième Vraie aventure, avec Greengrass dans les bagages, repoussant à une date ultérieure (jamais) la suite de L'Héritage.
Les fans exultent, et le duo targue qu'avec les changements de plus en plus perturbant du monde depuis près d'une décennie (la crise financière, le terrorisme, la récession...), le Jason a définitivement matière à s'offrir une - supposée - ultime escapade, lui qui retrouve peu à peu sa mémoire sans pour autant connaitre tous les secrets de son passé.
Autant l'avouer tout de suite, on y croyait comme des dingues à ce come-back aussi espéré qu'improbable.

Sobrement intitulé Jason Bourne et désirant remettre avec panache la saga dans le sens de la marche en prenant pour point d'appui l'ère de la surveillance à outrance (le scandale des écoutes de chefs d’États par la NSA initié par Edward Snowden) justifiée par la psychose du terrorisme, le film ne réinvente pas la franchise en jouant presque (trop) sur la redite, et suit la même ligne directrice abandonnée neuf ans plus tôt avec La Vengeance... (dès ces premières minutes); pour aboutir à un opus certes en deçà de ses ainés, mais toujours aussi plaisant à suivre.


Si la pilule/carotte est difficile à avaler (celle de revoir Bourne une nouvelle fois traqué son passé, tandis que lui est traqué par les services secrets) et que la lassitude pointe parfois le bout de son nez, Jason Bourne fait fit de son manque de prise de risque et d'originalité (légitimité ?) évident pour mieux clore les aventures précédentes de son héros et en bâtir une nouvelle, certes moins passionnante (trauma familial et grosses ficelles narratives à la clé) et aux antagonistes plus ou moins convaincant (Alicia Vikander est solide et crédible, Vincent Cassel aussi même si son personnage est mal amené et peu aidé par une caractérisation limitée); mais s'inscrivant pleinement dans l'actualité politique d'aujourd'hui, ou les frontières entre le bien et le mal sont toujours aussi brouillées.

Moins ambitieux - le sentiment de déjà-vu transpire tout du long - mais mené tambour battant, cette suite/quasi-reboot convainc en revanche, que ce soit dans les scènes de combats musclés pour Matt Damon (toujours aussi affuté) ou la mise en scène rythmée dans les scènes d'action/courses-poursuites pour Paul Greengrass (à la maitrise toujours aussi insensée, même s'il rejoue celles de ses deux épisodes, débarrassé des tics over the top de La Vengeance...); que le duo n'a pas perdu une once de ses moyens même si Bourne (Damon, encore une fois impérial), est ici présenté comme une arme de destruction massive plus monolithique qu'un Vin Diesel chevelu.


L'épisode de trop pour certains, suite plaisante pour d'autres - dont nous -, le cinquième film de la saga Bourne frappe moins évidemment fort que prévu et laisse son spectateur sur sa faim dans sa volonté de ne pas se renouveler, à l'instar des sagas Mission : Impossible et 007 (Skyfall surtout).

Mais un Jason Bourne reste un Jason Bourne, et sachant que le duo Greengrass/Damon n'a rien perdu de sa superbe, il est difficile de bouder son plaisir devant un divertissement énergique et calibré pour une saison estivale qui, finalement, en manque cruellement...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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