Comet

[CRITIQUE/OUR FUCKING 6TH SENS] : Comet


Réalisateur : Sam Esmail
Acteurs : Justin Long, Emmy Rossum, Eric Winter,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Romance, Drame, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h30min.

Synopsis :
La rencontre dans un célèbre cimetière hollywoodien entre le névrosé Dell et la nerveuse Kimberly est le point de départ d’une tumultueuse relation amoureuse de six ans. Une montagne russe émotionnelle, entre Paris et New York, jusqu’aux collines d’Hollywood.



Critiques :

(Critique à deux têtes - mais pas que).

Critique


Dans une distribution annuelle bourrée jusqu'à la gueule de comédies romantiques en tout genre, et volontairement calquées les unes sur les autres, quelques spécimens plutôt bien senties arrivent pourtant à s'extirper du moule pour atteindre autant notre cœurs que nos esprits de cinéphiles - on l'espère - un minimum avertis.

Ces six dernières années, les plus réussites se comptent (presque) pile-poil sur les doigts d'une main : Blue Valentine, 500 Jours Ensemble, Et (Beaucoup) Plus si Affinités, Charlie Countryman, Il Était Temps, Her et Brooklyn.
Maigre ratio dans la balance, on est d'accord.


Et c'est dans un contexte loin d'être évident pour renouveler le genre (en plein raffut Cannois et après un passage dans les salles obscures US il y a... un an et demi), que débarquait directement dans les bacs le mois dernier l'alléchant Comet, petite bombe dramatico-romantique purement indépendante incarnant le premier long métrage écrit et réalisé par Sam Esmail.

Dominé par les (très) mésestimés Justin Long et la sublime Emmy Rossum - madame Esmail à la ville -, Comet suit l'histoire somme toute banale sur le papier, de la romance compliquée entre le névrosé (assumé) Dell et la jolie mais indécise Kimberley, qui s'aimeront et se déchireront sur six longues années.
D'une rencontre dans un cimetière pour mirer une pluie de comètes, à un voyage à Paris en passant par des retrouvailles sur les collines d'Hollywood, le métrage nous conte sans artifice leur tumultueuse et atypique relation.

Un véritable enchainement de montagnes russes émotionnelles, un réel coup de cœur sans concession et dévastateur dont on tombe instantanément amoureux au premier regard, pour peu que l'on accepte l'invitation de cinéma bouleversante qu'elle incarne.
Soit, sans l'ombre d'un doute, l'une des romances les plus poétiques, authentiques et déchirantes depuis Blue Valentine et 500 Jours Ensemble - à qui il fait d'ailleurs parfois référence -; un putain de moment de cinéma unique et follement abouti à la beauté ravageuse, tout simplement.


Porté par une ambiance voguant constamment entre poésie, mélancolie et rêverie, on y suit les yeux fermés mais surtout le cœur battant les aléas sentimentaux de deux âmes douloureusement empathiques arpentant leur destin commun; dit destin semé d'embuches et complétement déstructuré par un cinéaste s'échinant à montrer face caméra la vérité d'une grande histoire d'amour, que ce soit dans ses hauts et ses bas, ses moments heureux ou malheureux, sa naissance pleine d'espoir ou sa conclusion abrupte.

Une conclusion qui n'est finalement pas une fin, comme la vision qu'à de la vie Kimberley, pour qui l'existence - comme l'amour - ne doit se voir que comme une peinture, sans début et sans fin, un simple instant hors du temps et pétri de grâce.

Magnifique conte moderne et onirique dans une réalité douloureusement dévastatrice (mais contradictoire, la présence de deux soleils laissant planer le doute sur le réel de cette histoire), rythmé comme une chute vers l'avant au réalisme touchant et à la finesse d'écriture absolument remarquable (de la narration non-chronologique et éclatée tel un puzzle jonglant sur plusieurs époques, aux dialogues incroyablement justes), le métrage interroge constamment aussi bien ses personnages que son auditoire, sur l'importance des choix prit - et de leurs conséquences - autant dans notre existence que dans une relation amoureuse avec ce qui est, visiblement, l'amour de toute une vie.


L'implication et l'identification du spectateur ont rarement été aussi totale et le jeu, d'une perfection troublante, du tandem Emmy Rossum/Justin Long y est certainement pour beaucoup.
Ajouté à ça une bande originale enivrante et une mise en scène épousant chaque faits et gestes de ses protagonistes (et à l'approche visuelle étonnante), et il vous sera facile de convenir que Comet est une merveilleuse expérience de cinéma sensorielle, audacieuse et originale.

Une romance colorée aboutie de bout en bout, pourvu d'une identité qui lui est propre et qui aurait tellement mérité sa place dans les salles obscures hexagonales.
Un culte instantané qui ne cesse de trotter dans la tête de son spectateur encore longtemps après sa vision et qui est, aisément, la plus grosse surprise des sorties DVD de l'année ciné 2016.


Jonathan Chevrier





Critique

Comet regroupe tous les ingrédients nécessaires à une jolie romcom américaine : on y découvre une rencontre inattendue, un amour vraiment passionnel et un enchainement de péripéties plus ou moins intimistes. 
Cependant, la première fois que j’ai regardé le film, je n’ai pas accroché comme n’importe quelle comédie à l’eau de rose. 
Cela manquait clairement de magie, vous savez; le couple parfaitement beau à envier, qui a tout pour lui et, qui vivra heureux jusqu’à la fin de sa vie, dans une grande maison parfaitement décorée, avec des enfants parfaitement adorables. Non, visiblement, il n’y a pas de ça dans Comet.


Mais cette comédie (tragédie ?) romantique est bien plus profond que ça, Sam Esmail pousse le spectateur à la réflexion sur l’amour, le vrai, celui que l’on croise quotidiennement dans les rues, les bars, les restaurants, les parcs. La vision du réalisateur est celle d’un amour qui est loin d’être parfait mais qui est réel, complet, aussi merveilleux que destructeur. 
Il le montre sous toutes ses facettes avec une mise en scène originale et saccagée qui reflète parfaitement la relation des deux protagonistes portée par le très joli duo Justin Long (Tusk, Trop loin pour toi) et Emilie Rossum (Shameless US). 

Comet nous dévoile ainsi la rencontre de deux inconnus dans un célèbre cimetière hollywoodien à l’occasion d’une pluie de comètes. Deux caractères complètement opposés, deux personnalités remarquables. 
Alors que l’un est un défaitiste absolu et maladroit dans ses faits et gestes; l’autre, pétillant à souhait et convaincu qu’il n’y a que l’instant T qui compte; cherche le bonheur à tout prix. 


Voici Dell et Kimberly. Ces deux jeunes amants vont follement tomber amoureux l’un de l’autre mais Sam Esmail va nous guider à travers cette histoire de manière totalement détachée et brouillon. Une mise en scène particulièrement originale qui va, petit à petit, nous amener à comprendre le pourquoi du comment en se focalisant sur cinq moments clés de leur relation.
Dans ce film, la caméra passe à travers le regard de Dell, chaque scène se réfère à des souvenirs bien précis de son passé : le cimetière, l’hôtel à Paris, le train, la voiture et l’appartement. 

Mais il n’y a aucune indication quant au déroulement des scènes. Elles vont et viennent à la manière de flashbacks et incitent le spectateur à se focaliser sur leur histoire pour remettre en place les pièces du puzzle. 
Cela rend Comet d’autant plus intéressant car l’interaction y est omniprésente. 
On en vient même parfois à se demander si Dell ne serait pas en train de rêver… certaines de ses paroles pourraient en effet confirmer cette théorie « This isn’t real » ; mais il y a un élément essentiel et indispensable qui viendrait déterminer cet état de rêve éveillé ou non. Libre choix au spectateur de l’interpréter comme bon lui semble. 


Sam Esmail se range parmi les rares réalisateurs à nous proposer un bijou réussi avec aussi peu d’expérience acquise. 
Notons que cet américain s’est tout de même chargé de nous écrire le scénario du pilot de Mr Robot, une série extraordinaire qui fait partie des révélations de 2015. 

Aux côtés de Six Years, Like Crazy ou encore Perfect Sense; Comet est une perle rare qui propose une vision merveilleuse et réaliste de ce que représente une relation amoureuse à l’ère contemporaine. 


Clélia Six



P.S. : cette critique est également visible sur l'excellent site My Sixth Sens que vous pouvez retrouver en cliquant sur le logo ci-dessous.

https://mysixthsens.com/2016/05/10/focus-serie-crazy-ex-girlfriend-rachel-bloom-aline-brosh-mckenna-2015/

John Chevrier

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