Critiques

[CRITIQUE] : Jamais entre Amis


Réalisateur : Leslie Headland
Acteurs : Jason Sudeikis, Alison Brie, Adam Scott, Amanda Peet, Adam Brody,...
Distributeur : La Belle Company
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min.

Synopsis :
Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l'université. Quand ils se recroisent 12 ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu'ils sont devenus des champions de l’infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s'engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s'entraider dans leur quête du véritable amour.


Critique :


Fou mais vrai, en cette pourtant riche année ciné 2015, on retiendra bien plus de poilades made in France dans les salles obscures, que de bonnes comédies made in US, à la différence de l'an dernier avec ses excellents The Interview, Nos Pires Voisins ou encore 22 Jump Street et Albert à l'Ouest.

Alors bien sur, le pays de l'Oncle Sam nous a offert deux, trois must bien croustillants ces derniers mois (Paul Feig et son Spy, Seth MacFarlane et son Ted 2, et dans une moindre mesure Entourage), mais ce ne sont que des caches misères d'une réalité de plus en plus voyante : l'humour ricain peine ses dernières années a véritablement faire mouche.


Un écart de conduite certain que tenteront pourtant de réparer quatre péloches hautement attendus ces prochaines semaines : le déjà en salles American Ultra signé par Nima " Projet X " Nourizadeh, mais également (et surtout) les derniers Judd Apatow (Trainwreck aka Crazy Amy, qui cartonne outre-Atlantique) et Will Ferrell (Get Hard, ou il partage la vedette avec le délirant Kevin hart) en date, et la romcom épicée Jamais entre Amis porté par le savoureux duo Jason Sudeikis/Alison Brie.

Si le film de Nourizadeh ne nous a pas déçu - loin de là même - malgré un flop retentissant au moment de sa sortie aussi bien chez nous qu'outre-Atlantique, voilà que débarque dans nos salles cette semaine le moins attendu du lot, Jamais entre Amis, ou le second long métrage de Leslye Headland (le manqué Bachelorette).

Semblant s'inscrire dans la droite lignée des comédies un brin cul et potache sauce Apatow tout en recyclant de fond en comble les codes de la romcom bien ricaine, Sleeping With Other People en v.o s'est pourtant payé une étonnante carrière dans les festivals au point d'être même plébiscité au sacro-saint Sundance.


De quoi laisser présager finalement un bon petit moment de rigolade dans les salles (excellente bande annonce pour le coup), surtout que son pitch a tout pour nous rejouer, à l'instar du craquant Et [Beaucoup] Plus si Affinités l'an dernier, un remake rafraichissant du cultissime Quand Harry Rencontre Sally.
Mais plus porté sur le sexe donc, puisque la péloche suit l'histoire de Jake et Lainey, qui ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l’université.

Quand ils se recroisent 12 ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu’ils sont devenus des champions de l’infidélité.
Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s’engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s’entraider dans leur quête du véritable amour...

Plus maline qu'on aurait pu le penser à la vue de son foutrement réchauffé Bachelorette, Headland retient les leçons de son précédent échec pour signer ici une comédie romantique rafraichissante et désopilante sur deux accros au sexe/inadaptés sentimentaux paumés qui par le grand hasard de la vie, vont se retrouver, devenir les meilleurs amis du monde et plus si affinités car l'amitié peut-elle réellement exister sans sentiments entre deux âmes célibataires ?


Charmant, cru, subtil (elle contient autant les atouts de la comédie populaire que de la comédie romantique indé, happy-end forcé à la clé), intelligent (la péloche ne cherche jamais à révolutionner le genre, juste à l'embrasser fougueusement), s'éloigne des standards de la romcom US pour offrir un divertissement aussi drôle que tendre et attachant, au capital sympathie énorme notamment grâce à la finesse de ses dialogues, la densité de son propos (entre deux blagues cul, le film interroge sur la notion de l'amour ou même du couple au sein d'une société contemporaine ou l'on change de partenaire comme de chemise) et à la justesse de son jeu d'acteur.

Le follement sous-estimé Jason Sudeikis en tête, qui profite de l'occasion pour dévoiler toute la palette de son génie comique (mais pas que) dans la peau d'un Woody Allen en plus séduisant et attachant, trainant dans le cadre New-Yorkais son titre de champion de l'infidélité.
A ses côtés, la sublime Alison Brie est pétillante dans la peau d'une jeune femme un brin barrée mais sentimentalement vulnérable, capotant ses relations amoureuses dans l'espoir d'être aimé d'un homme marié.

Leur duo énergique, à l'alchimie renversante et transpirant la spontanéité (leur couple est constamment crédible et on sent que les deux acteurs prennent un vrai plaisir à jouer ensemble), incarne le point fort du métrage, aussi bien dans l'humour immature que dans les moments plus intimes et dramatiques.
Un duo par ailleurs rudement mis à l'épreuve par les facéties d'une pluie d'excellents seconds-couteaux (Natasha " Orange is The New Black " Lyonne, Amanda Peet et l'hilarant Adam Scott).


Délicieux mélange des genres, Jamais entre Amis est une romcom rafraichissante, convaincante et bien rythmée sous fond de feel good movie adorable et sans prétention comme on aimerait en voir plus souvent.

Bref, sans aucun doute l'une des plus belles surprises de cette riche fin d'année ciné 2015.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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