Critiques

[CRITIQUE] : Divergente 2 : l'Insurrection


Réalisateur : Robert Schwentke
Acteurs : Shailene Woodley, Theo James, Miles Teller, Miles Teller, Ansel Egort, Kate Winslet, Maggie Q, Octavia Spencer, Naomi Watts, Ray Stevenson,...
Distributeur : SND
Budget : -
Genre : Action, Science-Fiction.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h59min.

Synopsis :
Dans un monde post-apocalyptique où la société a été réorganisée autour de 5 factions (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères et Fraternels), Tris a mis au jour un complot mené par la faction dominante, les Érudits, dirigés par Jeanine. Abandonnant une ville à feu et à sang, à la recherche d’alliés, Tris et Quatre sont désormais traqués par les autorités. Jeanine décrète la loi martiale pour anéantir les Divergents, tandis que la guerre entre les factions prend de l’ampleur. Pourquoi les Divergents sont-ils une menace pour la société ? La découverte d’un objet mystérieux, hérité du passé, pourrait bien bouleverser l’équilibre des forces…



Critique :


On le sait, les franchises Twilight et Harry Potter ne sont plus présentes dans le paysage du septième art actuel, quoique pour le second, sa résurrection est plus ou moins, actuellement en route.

Du coup, depuis quelques années maintenant, le jeu à la mode à Hollywood et auquel toutes les grosses majors s'adonnent en se tirant salement la bourre, c'est le jeu du " qui qui c'est qui leur trouvera un successeur littéraire solide et franchisable ", capable de faire plier le box-office et d'autant faire pleuvoir les billets vert.

Mis à part Lionsgate et son pari fructueux Hunger Games - qui il est vrai, boxe dans une catégorie bien plus qualitative que celle des aventures guimauves de Bella et de son vampire brillant -, ainsi que Summit (associé à Lionsgate...) avec Divergente, le constat est sans appel : toutes les majors se sont méchamment vautrées la gueule.


Aucune n'a réussit à trouver sa nouvelle poule aux œufs d'or et pire même, le cinéma fantastique pour ados boutonneux commence sérieusement à entamer son déclin, mort qu'il s'est auto-infligé en répétant inlassablement son recyclage abusif du peu d'idée originale qu'il a pu avoir sous la main.

Des clones de la franchise littéraire et cinématographique des aventures de Katniss et Peeta, Divergente est certainement le plus populaire - avec le récent Le Labyrinthe aka The Maze Runner -, mais surtout le plus étrangement semblable.

Loin de nous l'idée de critiquer son auteure, Veronica Roth, mais tout de même, le pitch centrale voyant une jeune ado rebelle se liguer contre la dictature qui régie son monde, tout en tombant in love d'un de ses compagnons de combat le tout dans un univers d'anticipation un poil futuriste; c'est, en gros, une caractérisation dans les grandes largeurs d'Hunger Games.

Reste qu'heureusement pour elle, la franchise Divergente n'est pas uniquement que cela, et il est honnête d'avouer que sa mythologie est plus fouillée qu'elle n'y parait.
Le monde décrit dans ce phénomène de la littérature pour jeunes adultes, y est une également dystopie mais sa version futuriste et post-apocalyptique du monde prend place dans un Chicago ravagée.
La société y est divisée en cinq factions auxquelles les valeurs humaines y sont fermement attachées : les Audacieux, les Erudits, les Altruistes, les Sincères et les Fraternels.


Le premier film, simpliste à outrance, bourré d’approximations et d'incohérences, manquant de partis-pris et parcourut de personnages caricaturaux à la limite du ridicule (sans compter sa tendance à se focaliser sur la relation amoureuse entre Tris et Four, plutôt confuse et mal amenée, plus que sur l'évolution de l'héroïne, manquant d'intensité), arrivait tout de même à séduire un brin les cinéphiles que nous sommes, avec l'effleurement de thèmes charnières du teen movies : le brutal passage à l'âge adulte (via le rite initiatique de la Cérémonie du Choix notamment), l'éveil à la sexualité, l'apologie de la différence et du libre arbitre dans une société contre l'émancipation et prônant le conformisme (c'est dangereux d'être différent, blablabla...).

Pas de quoi nous charmer au plus haut point, mais suffisamment pour nous divertir et nous faire attendre avec un certain intérêt sa suite, Divergente 2 : l'Insurrection, promesse d'une intrigue bien plus musclée et rythmée que l'original et louchant presque vers le culte Matrix des Wachowski, avec une Tris en Néo du pauvre.

Exit Neil Burger et bonjour Robert Schwentke (les palots Red 2 et R.I.P.D.) ainsi qu'Akiva " Fucking " Goldsman au scénario, mais toujours avec la merveilleuse Shailene Woodley et le génial Miles Teller - ici pourtant détestable au possible - et un casting de seconds couteaux d'exception à en faire pâlir plus d'un (Naomi Watts, Kate Winslet, Octavia Spencer, Ray Stevenson, Maggie Q), le film reprend pile poil là ou Divergente s'est arrêté.


Soit peu de temps après que Tris ait mis au jour un complot mené par la faction dominante, les Érudits, dirigés par Jeanine.
Abandonnant une ville à feu et à sang, à la recherche d’alliés, Tris et Quatre sont désormais traqués par les autorités.
Jeanine décrète la loi martiale pour anéantir les Divergents, tandis que la guerre entre les factions prend de l’ampleur.

Mais la découverte d’un objet mystérieux, hérité du passé, pourrait bien bouleverser l’équilibre des forces…

Porté par un premier tiers prenant (auquel s'ajoute un récapitulatif des événements court mais logique histoire de bien se replacer dans le contexte), Insurgent est un blockbuster calibré dans tous les sens du terme, alignant avec une frénésie assez jouissive les scènes d'émotions et d'action à grand renfort d'effets spéciaux joliment efficaces (même si trop de fonds vert tues le fond vert...), au point d'étonnement divertir les cinéphiles que nous sommes, réussissant là ou le trop léger premier opus pêchait par son envie de définir les règles de la franchise avec un sérieux assez discutable.

Mais en épousant pleinement les codes du grand spectacle, le film perd indiscutablement en richesse scénaristique (enfin, on se comprend), accumulant les pirouettes faciles et sacrifiant les dilemmes moraux et sociaux du roman sur l'autel de la SF friquée à sensations fortes, au sein d'un jeu du chat et de la souris entre Jeanine et la dangereuse Tris sympathique mais au climax foutrement abrupt (et à la révélation dévoilant clairement la potentielle intrigue du troisième film).


Référencé (on pense à Inception avec le monde simulé, Matrix ou encore le remake de Total Recall), d'un mécanisme et d'un féminisme assumée (le film fait la part belle aux persos féminins, tous ou presque au pouvoir), montrant une image assez limité de l'homme (soit fourbe, dangereux, traître ou lâche, au choix), plastiquement léché avec ses filtres colorés et sa description d'un Chicago post-apocalyptique très proche du travail abattu par Matt Reeves sur son merveilleux La Planète des Singes : L'Affrontement; le métrage s'appuie également sur un casting vedette indécent de talents mais aux performances plus ou moins bien inspirées.

Si l'on regrettera évidemment les présences trop fugaces de Kate Winslet et Naomi Watts (méchamment sexy pour le coup), logique vu la pléthore de personnages obligeant instinctivement le sacrifices des seconds couteaux; on s'avérera en revanche bien plus convaincu par la belle Shailene Woodley, dont le jeu tout en nuance s'efforce de rendre crédible le passage à la vie d'adulte de Tris (mais pas sa relation avec Theo " Four " James, manquant cruellement de charisme) tandis que Miles Teller lui, parvient sans peine à voler la vedette à la majorité de ses camarades dans la peau de Peter, salopard plus qu'instable.

Plus sombre, rythmé et violent tout en gardant une certaine légèreté, classique, prude et prévisible mais captivant (les longueurs sont moins dommageables que sur Divergente), ambitieux mais ne se donnant jamais les moyens de transcender la puissance de ses thèmes (sa dimension dramatique est totalement reléguée au second plan) tout étant nettement mieux troussé et maîtrisé que le premier opus; Divergente 2 : l'Insurrection fait le boulot mais ne marque pourtant jamais son spectateur.


Honorable opus de transition avant le final coupé en deux partie - comme Hunger Games -, Insurgent se suit sans déplaisir en bon produit formaté qu'il est, tout en laissant un sacré gout d'inachevé dans la bouche des spectateurs.

RDV l'an prochain donc, en espérant qu'Allegiant Part 1 s'inscrive enfin comme un vrai concurrent à la franchise portée par la belle et courageuse Katniss...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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