Adrian Rawlins

[CRITIQUE] : La Dame en Noir 2 : L'Ange de la Mort


Réalisateur : Tom Hooper
Acteurs : Phoebe Fox, Jeremy Irvine, Helen McCrory, Adrian Rawlins,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Epouvante-Horreur.
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h38min.

Synopsis :
Pendant la Seconde Guerre mondiale, huit écoliers accompagnés par la directrice de l’école et une jeune enseignante, quittent Londres pour se mettre à l’abri dans le petit village de Crythin Gifford. Ils s’installent dans une vieille demeure sur une petite île au large de la côte. Leur présence va bientôt réveiller une
épouvantable force maléfique…


Critique :

Qu'on se le dise, au moment de sa renaissance en 2010, la Hammer faisait foutrement pâle figure.

Loin, très loin de sa gloire passée, elle nous avait offert en l'espace de deux ans, des divertissements bas de gamme, à la qualité plus que douteuse : Laisse-moi Entrer - remake honorable mais informe du sublime Morse -, Wake Wood, La Locataire avec Hilary Swank et Jeffrey Dean Morgan (que l'on aurait espérer ailleurs, bien ailleurs)...

Bref, rien de bien bandant et de très marquant pour une firme qui aura fait rêver plus d'un cinéphile pendant près d'un demi siècle.
Au pied du mur - dans tous les sens du terme -, elle se devait donc de frapper un grand coup en se rattachant à un Vrai et bon projet électrochoc, qui lui ferait, un minimum, se rapprocher de sa grandeur légendaire.


Balancé sans trop y croire dans les salles obscures il y a près de trois ans maintenant, La Dame en Noir, adaptation d'un texte fantastique de la romancière Susan Hill, aura non seulement su méchamment faire renaitre la flamme de la firme, tout en se payant le luxe d'incarner l'une des péloches les plus joliment effrayantes de ses dernières années, et ce grâce au savoir faire du talentueux James Watkins à la réalisation (le génial Eden Lake), et de Daniel Radcliffe devant la caméra.

Intelligent, sombre de bout en bout, usant à merveille de jumps scares faciles mais admirablement bien instaurées, The Woman in Black est un conte gothique poétique et attachant dont la beauté froide et cruelle étreint puissamment son spectateur pour ne plus le lâcher jusqu'à un épilogue à la fois terrible et bouleversant, mais infiniment juste et mature.
Une pure pépite comme on en fait rarement et qui a su, en prime, trouver son public dans les salles obscures mondiales.

Toutes les raisons (et encore, parfois il en faut moins que cela), dans le petit monde de la Hammer - habituée à étirer plus que de raison ses franchises -, pour en cornaquer une suite, une fois encore inspirée d'un bouquin de Susan Hill, The Woman in Black : Angel of Death, terminé quelques semaines avant le début du tournage.

Sans Watkins et Radcliffe à la baguette, mais toujours avec Jon Croker au scénario et avec un pitch qui se veut plus horrifique, plaçant la figure enfantine au premier plan, difficile de ne pas admettre que La Dame en Noir 2 s'annonçait comme une séquelle des plus ambitieuses aux yeux des cinéphiles bien curieux de voir si la péloche légitimait pleinement sa production, ou si elle incarnait tout simplement une vil tentative de surfer sur la légende de la fameuse figure horrifique.


Dans l'Ange de la Mort, nous suivons l'histoire pendant la Seconde Guerre Mondiale, d'un petit groupe d'écoliers mené par leur directrice et une jeune institutrice qui, suite aux bombardements qui déchirent Londres, se voient évacués dans un petit village de campagne, Crythin Gifford, à l'abri du danger.
Dans ce village fantôme, ils vont loger dans un vieux manoir à l'état alarmant, qui a été réquisitionné pour l'occasion et qui a connu des événements tragiques.
Un des enfants, qui a perdu ses parents quelques heures auparavant, va connaitre un troublant changement de comportement au sein de cette demeure résolument hantée...

Porté par une histoire qui rappelle fortement le chef d’œuvre L’Échine du Diable de Guillermo Del Toro (des écoliers/orphelins réfugiés dans une maison hanté et reculée, pour fuir la Seconde Guerre Mondiale) mais surtout le film original de Watkins, et dont la prévisibilité frise lourdement avec l'indécence, The Woman in Black 2 n'atteint jamais l'aura qualitative de son ainé dont la finesse d’écriture faisait toute la force.

Pire, la fameuse tueuse d'enfants n'a jamais paru aussi fatiguée et difficilement inquiétante, souvent annoncée à l'écran à coups de jumps scares franchement maladroit.

Peu inspiré, mécanique, dénué de séquences tétanisantes, d'une densité émotionnelle salvatrice et d'un classicisme total, le script (que l'on imagine aisément expédié vu le peu de temps alloué à Croker entre la sortie du roman et le début des prises de vues) aligne les clichés et plonge la péloche dans un tourbillon de déjà vu proprement décevant aux vues de ses quelques qualités indéniables.
Sa modestie tout d'abord, sa jolie volonté (très européenne) de privilégier comme le film original, l'ambiance et l'atmosphère à l’esbroufe sonore et visuelle à coups d'effets spéciaux mal-venus.


Mieux, si la mise en scène est joliment élégante (celle de Hooper reste tout de même moins profonde et riche que celle de Watkins), appuyée par une ambiance aussi funèbre que triste, le casting lui, offre une partition générale on ne peut plus solide,  d'une  Phoebe Fox convaincante à une Helen McCrory très juste, sans oublier la performance remarquable de l’impressionnant Oaklee Pendergast (The Impossible).

Dommage donc, que la péloche se plombe lourdement scénaristiquement parlant - tout comme le fit Insidious : Chapitre 2 - là ou la direction artistique impressionne grandement, car La Dame en Noir 2, aussi bancale soit-il, incarne une suite plus que correct même si elle est bien loin de l'excellence d'un film original qui, dans le fond, n'aura peut-être pas du se voir aussi vite décliné en franchise.

Sans comparaison aucune avec La Dame en Noir premier du nom, on pourrait même dire qu'elle s'en sort avec les honneurs, loin du DTV cheap qu'incarne toute séquelle d’œuvres horrifiques marquantes de ces dernières années en salles (ou dans les bacs)...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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