Channing Tatum

[CRITIQUE] : La Légende de Manolo


Réalisateur : Jorge R. Gutierrez
Acteurs : Avec les voix de Diego Luna, Zoe Saldana, Channing Tatum, Ron Perlman,...
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Budget : -
Genre : Animation, Aventure, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h35min.

Synopsis :
Depuis la nuit des temps, au fin fond du Mexique, les esprits passent d’un monde à l’autre le jour de la Fête des Morts. Dans le village de San Angel, Manolo, un jeune rêveur tiraillé entre les attentes de sa famille et celles de son cœur, est mis au défi par les dieux. Afin de conquérir le cœur de sa bien-aimée Maria, il devra partir au-delà des mondes et affronter ses plus grandes peurs. Une aventure épique qui déterminera non seulement son sort, mais celui de tous ceux qui l’entourent.


Critique :

N'en déplaise à ses détracteurs (ils doivent se compter sur les doigts d'une main, et encore, une main salement amputé), l'inestimable génie mexicain Guillermo Del Toro est un producteur aussi malin et avisé qu'il est un cinéaste de talent.

Et encore plus en ce qui concerne le cinéma d'animation, remember le sublime Les Cinq Légendes de Dreamworks, dont les envolées fantastiques et sombres rappelaient constamment son cinéma.

Alors qu'elle joie pour nous - en attendant son foutrement alléchant Crimson Peak pour courant 2015 -, de le voir revenir en cette fin d'année 2014, avec une production animée qui colle parfaitement avec l'actualité, Halloween, fête qui ne sera d'ailleurs justement pas à la fête cette année vu les timides sorties du genre horrifique ces derniers temps (Annabelle quoi...).


En effet, The Book of Life aka La Légende de Manolo par chez nous, est l'adaptation un brin déluré de la légende mexicaine du jour des morts, dite légende que Pixar envisage depuis longtemps d'adapté via son Día de Muertos.
Fou, délirant, macabre et se payant le luxe de griller la priorité au roi de l'anim made in Hollywood, il n'y a pas photo, sur le papier, cette Légende avait tout pour nous allécher au plus haut point.

Et inutile de dire qu'une sa vision terminée, on ne peut qu'une fois de plus, saluer la finesse de choix d'un Del Toro réellement bien futé d'avoir porté ce conte mexicain, indiscutablement l'un des meilleurs films d'animation de l'année avec Dragons 2 et La Grande Aventure Lego...

La Légende de Manolo nous conte que depuis la nuit des temps, au fin fond du Mexique, les esprits passent d’un monde à l’autre le jour de la Fête des Morts.
Dans le village de San Angel, Manolo, un jeune rêveur tiraillé entre les attentes de sa famille (il est torero) et celles de son cœur (il se veut musicien), est mis au défi depuis sa plus tendre enfance par les dieux, La Muerte et Xibalba (le gardien du royaume des oubliés), qui ont pariés le destin de l'humanité (rien que ça), sur qui épousera en premier la belle Maria, lui ou Joaquin, son meilleur ami.

Afin de conquérir le cœur de sa bien-aimée et sauver le monde, il devra alors partir au-delà des mondes et affronter ses plus grandes peurs.
Soit une aventure des plus épiques qui déterminera non seulement son sort, mais celui de tous ceux qui l’entourent...


Mis à part Laïka, qui s'est fait un malin plaisir à laisser exploser toute la maestria de sa cinéphilie à coups d'histoires sombres et méchamment référencés, peu ou presque ont réellement eu le courage de traiter d'un sujet aussi sombre que la mort - mis à part Tim Burton et Henry Sellick, étroitement liés à Laïka -, au sein du cinéma d'animation ces dernières années.
Même Sony avait singé les plus grands monstres du cinéma d'épouvante (Dracula, le loup-garou, Frankenstein entre autres), dans Hotel Transylvanie,  pour en faire un produit tellement mainstream qu'il en devenait presque ridicule.

Pas un petit défi donc, relevé par Jorge R. Gutierrez, qui pour marquer encore plus sa singularité, aura fait de ses héros des pantins de bois articulés - tel Pinocchio (que doit prochainement produire, justement, Del Toro !) - mis en scènes au gré de l'histoire par un guide, qui sert de narrateur.
Dénué de toute tristesse, d'un ton constamment jovial et ironique dédramatisant la rudesse de son propos et de certaines scènes , La Légende de Manolo est une pétillante péloche animée sous forme de romcom décalé joliment drôle et colorée, et à la richesse visuelle foutrement étonnante qui retranscrit à la perfection - jusque dans ses plus faciles et risibles clichés - un Mexique festif et enchanteur.

Mieux, la patte de Del Toro - maitre du conte racé, beau, adulte et intelligent -, marque plus le film qu'on ne l'aurait penser de prime abord, puisque la bande, tout comme Le Labyrinthe de Pan, embrasse clairement la part d'ombre des contes tout en mariant l'universel avec le fantastique, dans un récit hors du commun qui laisse la part belle au surnaturel.

Génialement immersif grâce à un univers aussi fouillé que référencé (mais pas aidé par une 3D proprement inutile), léger tout en étant mature, complexe et riche en rebondissement (trop d'ailleurs peut-être, puisque la narration se perd parfois dans ses allers-retours entre les mondes), foutrement bordélique mais pétri de charme grâce à des personnages attachants et bien croqués, le film se paye même le luxe d'avoir un casting vocal des plus convaincants et prestigieux, allant de Ron Perlman (un ami de la famille Del Toro, parfait dans la voix de la mort) à la douce Zoe Saldana (Maria), sans oublier Diego Luna (Manolo) et Channing Tatum (Joaquin).


D'un sujet glauque - la mort quoi, summum du glauque -, Gutierrez en découle une merveilleuse et lumineuse histoire d'un héros fou amoureux en quête de sa bien-aimée dans un royaume ou tout est possible, une douce et tendre aventure à la magie constante, saupoudrée de thèmes chers au cinéma d'animation - l'amitié, le sens de la famille, l'amour -, pimentée par un humour bien dosé et une musique constamment au top (les reprises sauce Mariachi sont excellente).

La Légende de Manolo, ou tout simplement une belle petite pépite d'animation assaisonnée au tabasco, incroyablement généreuse (Mexican style, y'a qu'à voir le cinéma de Robert Rodriguez !), originale et menée tambour battant.
Une de ces jolies surprises avec de vraies intentions et un réel univers comme on adorerait en voir plus souvent.

La vraie péloche digne d'Halloween est bien là...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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