Adewale Akinnuoye-Agbaje

[CRITIQUE] : Pompéi


Réalisateur : Paul WS Anderson
Acteurs : Kit Harrington, Emily Browning, Kiefer Sutherland, Carrie-Ann Moss, Adewale Akinnuoye-Agbaje,...
Distributeur : SND
Budget : -
Genre : Action, Aventure.
Nationalité : Américain, Canadien, Allemand.
Durée : 1h44min.

Synopsis :
En l’an 79, la ville de Pompéi vit sa période la plus faste à l’abri du mont Vésuve. Milo, esclave d’un puissant marchand, rêve du jour où il pourra racheter sa liberté et épouser la fille de son maître. Or celui-ci, criblé de dettes a déjà promis sa fille à un sénateur romain en guise de remboursement… Manipulé puis trahi, Milo se retrouve à risquer sa vie comme gladiateur et va tout tenter pour retrouver sa bien-aimée. Au même moment, d’étranges fumées noires s’élèvent du Vésuve dans l’indifférence générale… Dans quelques heures la ville va être le théâtre d’une des plus grandes catastrophes naturelles de tous les temps.



Critique :

Paul WS Anderson, l'un des metteurs en scènes les plus détestés de l'histoire du septième art ?

Si la question peut se poser, force est d'admettre qu'elle est un poil exagérée, car si ces films sont des nanars incroyablement friqués et foireux, le bonhomme a quand même une fan base assez solide, rien qu'à voir les résultats impensables que font ses péloches au box-office.

L'un des plus mauvais réalisateurs de l'histoire ?

Là encore si la question reste un minimum pertinente, le cinéma du Paulo - à ne jamais, Ô grand jamais confondre avec ses homonymes Paul Thomas Anderson et Wes Anderson, qui eux sont pétris de talents -, n'est devenu peu recommandable qu'à partir de Soldier en 98, ses premiers essais (on pense surtout au puissant Event Horizon) étaient bien au contraire d'aujourd'hui, d'excellentes séries B décomplexés et follement jouissives.


Mais pourquoi tant de haine alors ?

Certainement parce qu'outre les films merdiques, le bougre a pris l'habitude d'enchainer les adaptations d’œuvres cultes - jeux vidéos ou encore monument de la littérature -, avec la délicatesse d'un éléphant aveugle en rûte, en les salopant toutes les unes après les autres, sans exception, et surtout sans le moindre remords.
Ou la personnification du phénomène de répulsion/attraction - à l'instar du roi du nanar Uwe Boll - dans toute sa splendeur cinématographique, qui a fait la force, la légende même, du cinéaste.

Que l'on est fan ou pas du Paul WS, le lascar continue de squatter nos salles obscures avec une liberté de tourner frisant l'indécence, preuve en est avec son nouveau long cette semaine, Pompéi, ou la relecture friqué des derniers jours de la fameuse Pompéi durant la Rome Antique - véritable fait historique passionnant on est d'accord -, surfant tout autant sur la mode télévisé (Game of Thrones, Spartacus) que ciné (Noé, Hercules, La Légende d'Hercule, 300 : La Naissance d'un Empire) du moment.

Loin de vouloir incarner un putain de cours d'histoire redondant (on se doutait dès le départ qu'il fait oublier tout ce que l'on savait de ses événements survenus sur la côte de Campanie en 79 après J-C), ou une quelconque résurrection du film de volcans (mort depuis Volcano et surtout le Pic de Dante il y a presque deux décennies), genre cantonné aux téléfilms dégueulasses et top budgets de la TNT, et encore moins être le porte étendard du retour en grande pompe du péplum au cinéma en 2014, Pompéi se veut juste romance volcano-antique à la sauce épique, sorte de 300 sauce destins tragiques à la Titanic (parce que là aussi, tu sais comment ça va finir) et effets spéciaux cheap en mode 3D.


Un cocktail jouissif au possible donc sur un peu plus de deux plombes avec un cast ultra bandant - l'excellent Kit Harrington, la jolie Emily Browning et les inestimables Kiefer Sutherland et Carrie Ann Moss -, voilà ce que le film promettait sur le papier, sauf qu'une fois sa vision terminée, on réalise très vite que la promesse du Paulo n'est pas entièrement tenue.

Tronqué par un pitch de revenge movie aussi simpliste que rebattu - le gentil bonhomme qui a vu sa famille massacré par les méchants plus forts, veut se venger et devient gladiateur avant de tomber amoureux de la belle noble, promise au vilain envoyé de l'Empereur, qui est également celui qui a zigouillé les proches du héros -, aux enjeux aussi ridicules que certains de ses dialogues, une photographie qui pique les yeux et une musique qui pique les oreilles, mais surtout par une niaiseuse romance stéréotypée et overdosée à l'eau de rose - squattant les 3/4 du récit -, la péloche peine à pleinement décoller, dommage quand on sait qu'elle compte bon nombre de points positifs qui faisait vœux d'absences dans les précédents longs du cinéaste.

Une absence salvatrice de la madame du bonhomme à la ville, Milla Jovovich (une première ou presque), associée à une mise en scène assez sobre (une première là aussi), quelques scènes de combats pas extraordinaires - et surtout dénuées de toute violence - mais vraiment divertissant sans oublier des CGI foutrement bien maitrisés - on pense à l'impressionnante irruption du Vésuve sur Pompéi -, le film se payait même le culot d'user un tant soit peu, du talent de ses excellents interprètes dans une histoire qui ne les avantage pourtant guère - tout comme la direction d'acteur, quasi-inexistante.

Même si leurs personnages sont des archétypes manquant cruellement de chairs, Kit Harrigton tout de tablettes de chocolat ressorties, y est plus charismatique et grand cœur que jamais, Emily Browning - encore une fois sous-utilisée - reste toujours aussi sublime et brillante tandis que le grand Kiefer (dont la carrière ciné ressemble de plus en plus à celle de son pater Donald), délirant à souhait, y a une stature impensable dans la peau de la crevure de service.
Carrie Ann-Moss (salement rare sur grand écran) quand à elle, fait de la figuration de luxe et l'attachant Adewale Akinnuoye-Agbaje lui, nous sert plus ou moins la même soupe que le précieux Djimon Hounsou dans Gladiator - oeuvre culte dont s'est sensiblement inspiré Anderson, sans en égaler bien entendu, une seule once de son brio.


Pas la purge que tout le monde s'attendait de voir pourrir, une fois de plus, le c.v du cinéaste, sans pour autant être un sommet surprenant du bon gout, Pompéi est un divertissement popcorn et populaire dans toute sa splendeur, assumant (trop) ses défauts dans un déluge d'effets numériques ne cachant jamais les grosses ficelles qu'elles usent de tout son long, puisque son unique but est dans mettre plein la vue à son spectateur.

« Vivez la plus grande catastrophe de l’histoire »  affiche la fameuse tagline, on en est quand même pas là sachant que le Paulo nous a déjà servi bouillon plus indigeste, mais cette série B friqué et généreuse n'est pas le film qui le réconciliera avec les cinéphiles endurcis que nous sommes.

Et qu'on se le dise, ce n'est pas son prochain, Resident Evil 6, qui risque de changer la donne...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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