Corey Stoll

[CRITIQUE] : Non-Stop


Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Acteurs : Liam Neeson, Julianne Moore, Scoot McNairy, Lupita Nyong’o, Corey Stoll,...
Distributeur : StudioCanal
Budget : 50 000 000 $
Genre : Thriller.
Nationalité : Américain, Français.
Durée : 1h46min.

Synopsis :
Alors qu'il est en plein vol, un agent de la police de l’air reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et vouloir assassiner un passager toutes les 20 minutes s'il ne reçoit pas 150 millions de dollars.


Critique :

Depuis Taken, claque violente et frontale, complétement jouissive pour tout amateur de cinéma burné, Liam Neeson est devenu le nouveau cauchemar des Albanais, mais surtout le nouveau porte étendard des quinquagénaires un chouïa usés mais qui en ont encore dans le pantalon et dans le chargeur pour défourailler un max de méchants.

Un Charles Bronson des temps modernes, en plus expressif et attachant, mais surtout en mille fois plus dangereux, et surtout quand il n'a plus de flingue en main.

Et alors qu'on l'attend sans trop d'impatience dans le troisième opus de la lucrative franchise Taken, en tournage le mois prochain et toujours géré par Europa Corp et Lucky Luc Besson - le bonhomme qui produit de la bouse plus vite que son ombre dans l'univers de la série B hexagonal -, le Liam nous revient donc cette semaine à l'affiche d'un autre actionner badass, Non-Stop, cornaqué par son nouveau poto réalisateur, le très sympatoche Jaume Collet-Serra, déjà derrière l'efficace Sans Identité ou le bonhomme perdait...son identité.


Aujourd'hui, et parce que c'est toujours plus fun de le faire zigouiller du méchant dans des situations pas possible, on l'envoie en plein air dans la peau d'un air marshall, Bill Marks - proche de Bryan Mills son perso de Taken (" Ha, Ha, Ha, la recherche scénaristique ! ", rires en boite façon Totoff Lambert) - avec un penchant mignon pour l'alcool, un téléphone et son gun, pour arrêter un salopard qui si il n'a pas ses 150 millions de dollars dans la seconde, tuera un passager toutes les 20 minutes histoire de passer le temps.

Et alors que les cadavres commencent à tomber comme des mouches - sans que les passagers ne s'en rendent compte -, et qu'il est dans l'incapacité de trouver le coupable, il finit par être soupçonné d’être lui-même à l’origine d’un détournement...

Remettant au gout du jour le film d'action en haute altitude, sous-genre célèbre dans les années 90 (Passager 57, Air Force One ou encore Ultime Décision avec le duo Seagal/Russell) et trop peu célébré ces dernières années (le fendard Des Serpents dans l'Avion, le palot Flight Plan), Non-Stop démontre surtout la volonté de Jaume Collet-Serra de faire de Neeson une figure Hitchockienne dans la série B moderne.

Tout comme dans Sans Identité - au point qu'on se demande bien si les scénaristes ne se sont pas amusés au copie-calque -, le Liam est un pauvre citoyen modèle (enfin, dans les grandes lignes) que l'on accuse à tort et qui va tout faire pour prouver son innocence - quitte à péter quelques bras en route -, envers et contre tous.
Une redite certes peu original mais qui à le mérite de ne pas être redondante tant le film s'évertue, malgré son unité de lieu et de temps, à être le plus divertissant possible pour son spectateur.


Épousant copieusement tous les défauts du genre qu'elle suit scrupuleusement, des personnages secondaires à peine esquissés (de Lupita Nyong’o en hôtesse de l'air en passant par le flicard Corey Stoll, sans oublier la sublime Julianne Moore dans la peau de la dépressive de service à forte tendance suicidaire), à la multiplication des invraisemblances tout autant que des répétitions, mais intelligemment rythmé et mis en valeur par une volonté de se la jouer plus malin que la moyenne - notamment dans son équilibre adroit du suspens entourant du maitre-chanteur -, la péloche est bien plus riche qu'elle n'en à l'air, et incarne un pur thriller nerveux et badass

Dans la peau d'un Denzel Washington sauce Flight et brisé par un drame intime, Neeson passe par toutes les émotions dans un jeu du chat et de la souris tout aussi ludique qu'intense, très loin certes de pouvoir dévoiler toutes les nuances de son jeu (pour Un Territoire des Loups, ça vaut bien dix actionners simplistes), mais assurant le minimum syndical entre deux textos incrustés à l'écran - si Machete ne tweet pas, Neeson lui textote -, jolie idée inventive et cohérente dans l'évolution du récit.

Malin et un poil tordu, tout aussi simpliste dans son traitement que complexe dans son intrigue, Non-Stop ne casse certes pas des briques mais reste un divertissement tout à fait honorable dans un genre quelque peu oublié ces dernières années.


Mieux, il reste même totalement honnête et crédible dans sa narration tout du long, et il se paye en bonus un final hautement explosif comme on en fait presque plus aujourd'hui.

Bref, du pur bonheur pour les amateurs du genre (et pas forcément pour les amoureux de série B donc), à consommer évidemment, sans aucune modération...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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