Anna Maxwell Martin

[CRITIQUE] : Philomena


Réalisateur : Stephen Frears
Acteurs : Judi Dench, Steve Coogan, Sophie Kennedy Clark, Anna Maxwell Martin, Michelle Fairley,...
Distributeur : Pathé Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Britannique, Français, Américain.
Durée : 1h38min.

Synopsis :
Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.
Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony.



Critique :

Dans l'Irlande des années cinquante, la jeune Philomena Lee tombe enceinte alors qu'elle est encore adolescente.
Envoyée de force au couvent, elle ys era employée en échange des soins qui seront dispensé à son fiston, Anthony, jusqu'à ses trois ans, âge ou l'église lui arracherra en le confiant à un couple qui l'adopteront.

Soixante-dix piges plus tard, et désormais octogénaire bien tassée, Philomena rencontre le journaliste désabusé Martin Sixmith - et accessoirement ancien reporter à la BBC -, pour lui raconter son incroyable histoire.
Tellement touché par celle-ci, ce dernier s'associe à elle dans une enquête au long cours, biend écidés à retrouver la trace d'Anthony avant que sa mère ne décède...

Autant le dire tout de suite, sous ses franches allures de machine à récompense en puissance, Philomena avait tout pour rebuter les cinéphiles avertis que nous sommes, toujours un peu rebutés par les péloches à oscars made in Britain qui font des premiers jours de janvier, leur terrain de chasse dans les salles obscures.

Histoire Kleenex + personnages caricaturaux + lourd et larmoyant secret de famille = merde, sortons les violons.


Oui, sur le papier, la péloche sentait bon feu le drame bâteau du dimanche aprem de la fameuse sixième chaine, produit uniquement pour faire mouiller les sadomasochistes et les ménagères de plus de cinquante balais.
Sauf que voilà, allier deux talents british d'exception - le désopilant Steve Coogan et l'immense Judi Dench -, le tout  devant la caméra du brillant Stephen Frears (dont on oubliera volontairement le navet Lady Vegas, sortie récemment avec la sublime Rebecca Hall en vedette), c'est bien plus vers une promesse de grand moment de cinéma que l'n se dirige, plus qu'autre chose.

Et c'est tant mieux, tant Philomena incarne un petit miracle de comédie mélancolique et dramatique.

Prenant pour point de départ une histoire on ne peut plus bouleversante et révoltante (la violence des couvents britanniques rappel toujours au souvenir du précieux et nécessaire The Magdaleine Sisters), d'autant plus forte qu'elle se trouve être vraie et clairement au pluriel - l'injustice subit par Philomena n'es pas un cas isolé, malheureusement -, Frears tisse, lentement, une comédie hilarante sur une opposition de personnages savoureuse et profonde, sous fond de chronique dénonciatrice triste et douloureuse sur la cruauté et les fautes de l'Eglise catholique et ses pratiques souvent abominables.

Bourrés de répliques succulentes et de vraies moments merveilleux et émouvants, fuyant le pathos de supermarché malgré qu'il vogue constamment sur les eaux dangereuses de genres ultra-balisés, et ne se concentrant uniquement que sur ses deux personnages principaux tout en remettant souvent en cause leurs certitudes les plus profondes, la péloche joue constamment avec son spectateur dans une intensité et une dynamique imparable.


Presque buddy movie tant l'alchimie entre Philomena et Sixmith est frappante - et ce, même si leur union improvisée ne changera aucun des deux au contact de l'autre -, et ayant la bonne idée de ne jamais porté de jugement sur l'attachement et la vision de chacun sur sa foi, Philomena est un mélodrame aussi simple que malin et foutrement irrésistible.

Nécessaire et porté par un tandem puissant et attachant - Cogan y est génialement cynique et Dench toujours aussi juste et sublime -, le film est un condensé de magie, de tristesse, de rire et de grâce comme on n'en voit que trop peu.

Une belle péloche quoi, tout simplement, dont il serait vraiment facheux et dommage de se priver.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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