Alan Arkin

[CRITIQUE] : Match Retour


Réalisateur : Peter Segel
Acteurs : Sylvester Stallone, Robert De Niro, Kevn Hart, Alan Arkin, Jon Bernthal, Kim Basinger,...
Distributeur : Warner Bros France
Budget : 50 000 000 $
Genre : Drame, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h53min.

Synopsis :

Henry "Razor" Sharp et Billy "The Kid" McDonnen sont deux boxeurs de Pittsburgh propulsés sous le feu des projecteurs grâce à leur rivalité ancestrale. Chacun a eu l'occasion de battre son adversaire à l'époque de sa gloire, mais en 1983, alors qu'ils s'apprêtaient à disputer un troisième match décisif, Razor a soudain annoncé qu'il arrêtait la boxe : sans explication, il a ainsi brutalement mis fin à leur carrière à tous les deux.
Trente ans plus tard, le promoteur de boxe Dante Slate Jr., y voyant une occasion de gagner beaucoup d'argent, leur fait une offre irrésistible : monter sur le ring pour obtenir leur revanche une bonne fois pour toutes.




Critique :

N'en déplaise à ses (trop) nombreux détracteurs, avant d'incarner l'un des héros les plus cultes que le cinéma musclé n'est jamais connu, Sylvester Stallone est avant toute chose un performeur de génie qui comme un grand vin, s’améliore avec l'âge.

A tous ceux qui le jurait mort et enterré dans un jungle Hollywoodienne ou la date de péremption d'un talent est équivalente à l'apparition de la première ride sur un visage, il leur a cloué le bec avec maestria en offrant deux adieux bouleversants et mélancoliques à ses plus fidèles et populaires alter-égos - Rocky Balboa (surtout) et John Rambo -, prouvant non seulement qu'il fallait toujours compter sur lui, mais surtout qu'à la différence de beaucoup, il ne niait pas le poids du temps qu'il a passé loin des écrans de cinéma.

Tel un vieux loup solitaire, il aura su transformer les derniers rounds qu'il avait encore dans le ventre, pour les transformer en un dernier run certes pas toujours éclatants (les Bis Évasion et Du Plomb dans la Tête), comme la carrière du bonhomme, en dent de scie - entre péloches cultes et prods salement jouissives voir limite nanardesque -, mais qui a au moins le mérite de nous rappeler, avec nostalgie, l'époque bénit des 80's.

Un nouveau run emplit de nouveaux matchs sur pellicules qui l'ont donc menés jusqu'à ce Match Retour (j'assume complétement cette transition de merde), comédie dramatique et d'action sur fond de boxe, qui lui permet de partager à nouveau l'écran avec l'immense Robert De Niro, plus de seize printemps après le mésestimé Copland.
Ou l'affrontement légendaire et bandant entre Rocky Balboa (la saga Rocky) et Jake La Motta (Raging Bull), une fausse bonne idée alléchante même si pondue trente ans trop tard, et signé par le certes très sympathoche Peter Segal.


Fausse bonne idée oui, car si sur le papier le tout sentait franchement le pâté et la capitalisation aussi bien forcé qu'inutile, porté par deux légendes aux comebacks dans l'industrie made in Hollywood plus ou moins fracassants, en revanche à l'écran, Match Retour aka Grudge Match tient assez bien la route malgré quelques gros défauts apparents, bien masqués par de bonnes jokes, un De Niro impliqué et un Sly des grands jours.

Plus ou moins inspiré de l'idée du combat revanche - qui n'a in fine jamais eu lieu - entre les champions poids lourds Larry Holmes et George Foreman (tous deux âgés à l'époque, de 50 piges), le film suit donc les aventures des boxeurs Henry " Razor " Sharp et Billy " The Kid " McDonnen, qui se vouent une haine dans merci depuis plus de trente ans.
Dans les années 80, chacun avait battu l'autre sur le ring mais aucune belle n'avait eu lieu pour les départager, Razor ayant pris sa retraite sans explication la veille de leur troisième match.

Aujourd'hui, alors que Sharp bosse à l'usine et que McDonnen gère son bar miteux de Pittsburgh, le fils de leur promoteur de l'époque vient leur proposer de remonter une dernière fois face à face, sur le ring.
Un temps réticent, Sharp accepte à contre-cœur pour l'argent tandis que McDonnen voit enfin là, la possibilité de mettre une raclée à son rival de toujours.
Dès lors, les deux vont se soumettre à un entrainement intense et surtout, à une campagne promotionnelle ou ils vont devoir résister pour pouvoir se supporter...

Si l'on omet un script qui semble, en grande partie, louché très lourdement sur le merveilleux Rocky Balboa de Stallone (le vieux boxeur qui a encore un match dans le ventre, la simulation de combat en jeux-vidéo qui fait le buzz, la remise en forme " à l'ancienne " ou encore les relations père/fils complexe, et l'ultime combat sur-médiatisé), que la mise en scène de Segal pue l'incompétence à plein nez, et que le fight final attendu tout du long, est expédié en moins de dix minutes montre en main, force est d'admettre que ce fameux Match Retour certes un poil bancal, incarne tout de même un putain de divertissement plaisant et surprenant, que l'on attendait pas forcément aussi émouvant et réussi.


Misant tout autant sur l'humour bien sentie que sur l'émotion - qui ne cherche jamais un sentimentalisme forcé -, et jouant pleinement sur l'alchimie étonnante de son duo vedette, le film déroule sympathiquement sa petite marchandise avec un plaisir communicatif non-feint, sans que jamais le spectateur ne s'ennuie une seule seconde.
Si la compo de vieux briscard bien rôdé de l'immense Alan Arkin et celle Eddie Murhpy-esque de Kevin Hart amuseront la galerie comme tout bon seconds couteaux qui se respecte, c'est bien entendu vers les interprétations charismatiquement indécentes et impliqués de De Niro et Stallone, que le métrage tirera tout son intérêt et toute sa force.

Si, logiquement, niveau physique le Bob tient difficilement la cadence avec tonton Sylvester (une fois les peignoirs ôtés, l’Étalon Italien n'a rien perdu de sa superbe), et qu'il se laisse un petit peu moins aller dans le dramatique que son partenaire (quelques-uns de ses regards nous fout tout de même sacrément des frissons), il le bat en revanche à plat de couture sur le terrain du comique, alignant les punchlines avec un naturel confondant, cabotinant avec délectation toujours à la limite de l'auto-caricature.

Mais malgré son envie de tenir tête tout du long à son ennemi d'un film, le grand De Niro perd clairement au pont face à l'abatage d'un Stallone complètement dans son élément, formidable et d'une sobriété bouleversante en gueule cassée au cœur tendre, presque égal à lui-même.
Ses yeux tristes, sa voix toujours plus caverneuse et la mélancolie immense qu'il dégage de son être tout en muscle et  en vieillesse sage, prouve une nouvelle fois si besoin était, que lorsqu'il est totalement impliqué dans une histoire, il est capable de donner le meilleur.

Jouant intelligemment sur la vieillesse de ses deux héros, et en tournant à dérision leurs implications - en riant avec eux et non pas d'eux-même -, bourrés de petits clins d’œils cinéphiliques et d'une flopée de gags doux-amer faisant mouche quasiment à tous les coups, Match Retour est un petit miracle sur pellicule émouvant, sincère et au charme indéniable.


Plaisir coupable indiscutable - comme tout bon Stallone qui se respecte - qui aurait pu atteindre le panthéon du culte avec un petit peu plus de rigueur, le film qui n'a pas d'autre prétention que de divertir, se suffit amplement à lui-même, nous faisant autant lâcher quelques rires bien gras que de petites larmes imprévus.

Bref, on n'en demandait pas forcément autant, et comme un regard aimant de la douce Kim Basinger - qui n'a pas pris un si gros coup de vieux que ça -, il aura su nous séduire sans même que l'on puisse sans apercevoir ni même expliquer pourquoi.

Ou la grande force des Vrais héros du septième art, qui même avec un sacré kilométrage au compteur, ne cesseront jamais de nous faire rêver...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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