Audrey Tautou

[CRITIQUE] : Casse-Tête Chinois


Réalisateur : Cédric Klapisch
Acteurs : Romain Duris, Audrey Tautou, Kelly Reilly, Cécile de France, Sandrine Holt, Benoit Jacquot,...
Distributeur : Studio Canal
Budget : 16 000 000 $
Genre : Comédie Dramatique, Romance.
Nationalité : Français.
Durée : 1h54min.

Synopsis :
Xavier a maintenant 40 ans. On le retrouve avec Wendy, Isabelle et Martine quinze ans après L’Auberge Espagnole et dix ans après Les Poupées russes.
La vie de Xavier ne s’est pas forcément rangée et tout semble même devenir de plus en plus compliqué. Désormais père de deux enfants, son virus du voyage l’entraîne cette fois à New York, au beau milieu de Chinatown. Dans un joyeux bordel, Xavier u cherche sa place en tant que fils, en tant que père… en tant qu’homme en fait ! Séparation. Famille recomposée. Homoparentalité. Immigration. Travail clandestin. Mondialisation. La vie de Xavier tient résolument du casse-tête chinois ! Cette vie à l’instar de New York et de l’époque actuelle, à défaut d’être cohérente et calme vient en tout cas nourrir sa plume d’écrivain…


Critique :

Autant l'admettre tout de suite, après deux péloches à la qualité franchement douteuse - le film choral Paris et le très (très) lourd Ma Part du Gâteau -, on était tous en droit de penser que ce bon vieux Cédric Klapisch avait égaré son mojo avec le temps, un peu comme cela est arrivé au précieux Jean-Pierre Jeunet, dont le cinéma a perdu de sa superbe depuis Un Long Dimanche de Fiançailles.

De quoi nous inquiéter un brin donc, à la sortie de cet ultime opus des aventures de l'attachant et indécis Xavier, Casse-Tête Chinois.
Etudiant entrant de plein pied dans l'âge adulte dans L'Auberge Espagnol, scénariste de sitcom goûtant aux joies de la trentaine dans Les Poupées Russes, on retrouve ici Xavier à l'aube de la quarantaine, toujours autant largué dans la vie.

Débarqué à New-York pour se rapprocher de ses enfants après sa séparation d'avec la jolie Wendy, le bonhomme continue d'en découdre avec la vie, avec hargne et enthousiasme, partagé entre l'éducation de ces deux petites têtes blondes, un mariage blanc pour obtenir une carte verte, un bébé conçu avec un couple de lesbienne et les femmes de sa vie, tout en se débattant avec ses vieux démons qui ont toujours autant la peau dure...


Si l'on doute à notre entrée en salle, dès les premières minutes de métrage Klapisch nous rassure, en prouvant qu'il n'est jamais aussi inspiré que lorsqu'il règle sa caméra dans le sillage de Xavier.
Retrouvant très vite de sa superbe, il démontre qu'il n'a finalement rien perdu de ce qui rend son cinéma infiniment séduisant, et c'est franchement tant mieux !

Toujours aussi intelligemment bien écrit, drôle et irrésistible à souhait, Casse-Tête Chinois s'impose avec solidité comme l'épisode le plus maîtrisé de la trilogie, une conclusion en forme de bilan à mi-parcours de son existence, d'un amoureux/homme indécis, définitivement attachant et fortement empathique.

Car si les trois films font autant mouche dans l'esprit et le cœur de ses spectateurs, c'est avant tout parce que le cinéaste s'efforce, avec justesse et subtilité, à rendre ces chroniques bordéliques - mais organisées à la fois -, profondément humaine et réaliste.

Brassant moult thèmes universels et toujours ancrés dans l'actualité (le divorce, l'immigration, la mondialisation, l'homoparentalité, les conflits intergénérationnels, l'éducation,...) via un ton clairement plus posé et mature que pour l'Auberge et Les Poupées, Casse-Tête est l'occasion pour le Cédric de poser un regard bienveillant - et jamais accusateur - sur une certaine idée de la quarantaine, un brin bobo certes, mais logiquement frontale, personnelle et dénué de toute futilité.


Age ou l'on se doit de privilégier sa progéniture avant soi-même et ou il est plus facile de tirer un bilan de son existence avec sincérité, le cinéaste offre un écrin pertinent à ses nombreux interprètes de talents, pour que ceux-ci composent des performances joliment inspirés, dans un cadre über cosmopolite, New-York, rarement aussi bien mis en valeur dans une production non-ricaine.

Plus désirables, enivrantes et séduisantes que jamais, Audrey Tautou, Cécile de France et Kelly Reilly incarnent à elle trois, la femme parfaite d'un Romain Duris irrésistible dans la peau d'un Xavier moins adulescent mais toujours délicieusement un peu en marge.

Chronique éclatée aussi pertinente et pétillante qu'intelligente et optimiste, bourrées d'idées de génies et de touches " Klapischienne " savoureuses  (les dialogues sont à tomber, idem pour la B.O finement choisie encore une fois), certes un peu tronqué par une voix-off trop didactique et quelques errements de récit un poil superflu, Casse-Tête Chinois est une conclusion hautement réussite et amusante de l'une des sagas françaises les plus enthousiasmantes et attachantes de ses deux dernières décennies.


Dans une Grande Pomme qui a une vraie signification au sein de l'histoire et loin des clichés touristiques rabattus, Klapisch renait de ces cendres tel un phoenix via un troisième film bien plus censé et dense que les deux opus précédents, sans pour autant complétement se démarquer de ce qui a fait leur recette triomphante.

De quoi laisser présager un avenir serein pour les prochaines péloches du papa du Péril Jeune...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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