Billy Bob Thornton

[CRITIQUE] : Parkland


Réalisateur : Peter Landesman
Acteurs : Paul Giamatti, Zac Efron, Marcia Gay Harden, Billy Bob Thornton, James Badge Dale, Jacki Weaver,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : 10 000 000 $
Genre :  Drame, Historique.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h34min.

Synopsis :
22 novembre 1963, 12 h 38. C’est un patient peu ordinaire qui arrive en urgence au Parkland Memorial Hospital de Dallas. Il s’agit du président John F. Kennedy, sur qui on vient de tirer alors qu’il traversait Dealey Plaza en limousine décapotée, acclamé par la foule. Tandis que la nouvelle se répand dans le monde, une page méconnue de l’histoire s’écrit dans cet hôpital qui n’était absolument pas préparé à affronter cet événement. Autour du corps, les questions et les émotions s’accumulent. La pression monte. Proches, anonymes, officiels, tous vont être confrontés à une prise de conscience et à des décisions qui changeront leur vie à jamais…


Critique :

John Fitzegerald Kennedy est l'un des, si ce n'est le, président le plus populaire et marquant de l'histoire américaine, c'est un fait indéniable.

Quoi de plus normal donc, qu'Hollywood le célèbre et lui rende hommage, à sa manière, depuis plusieurs décennies et ce , même si l'engouement autour de la malheureuse famille Kennedy flirte souvent avec la déraison outre-Atlantique.
Pile poil pour les cinquante ans de sa disparition, si un peu plus tôt dans l'année, Le Majordome traitait de lui de son vivant, Parkland lui, prend pour cible son tragique assassinat.

Pas le premier métrage à faire cela, il est vrai, sauf que pour le coup, celui-ci ne se concentre pas complétement sur les faits survenus le 22 Novembre 1963, mais bien plus sur les événements suivant l’assassinat du 35ème président des États-Unis (le tout est d'ailleurs tiré du roman de tiré du livre de Vincent Bugliosi, Four Days in November), comparable, à notre époque, aux attentats du World Trade Center. 

Une idée un peu plus original, qui lui évite de tomber lourdement dans la redondance de l'éternel théorie du complot - ou encore les investigations bâclées des forces de l'ordre -, entourant ce bouleversant fait divers, pour lui préférer une vision globale et humaine de l'impact de la mort d'une figure imposante d'un pays, sur les personnes directement liées au drame.


Un projet évidemment casse-gueule donc, vu que tous les tenants et aboutissants sont déjà plus ou moins connu de tous, mais profondément intéressant dans le sens ou il contient en lui tout ce que les multiples films ou documentaires ont consciemment mis de côté jusqu'à aujourd'hui, le facteur humain.
Peter Landesman - dont c'est le premier long métrage -, reconstitue donc l'incident, pour mieux le déconstruire, le reconstruire et le décortiquer à sa guise, autour une multitude de points de vues.

Après un premier quart d'heure remplis d'images d’archive, il laisse son histoire véritablement se développer en mêlant plusieurs sous-intrigues, du reporter Abraham Zapruder - qui a filmé la scène en direct et continué de tourner malgré l'horreur qu'elle incarnait -, au frère du tireur Robert Oswald, sans oublier sa mère tyrannique, mais également l'enquêteur du FBI, harcelé par ses supérieurs pour avoir négligé la menace représentée par un Lee Harvey Oswald qu'il aurait pu arrêter, bien avant qu'il ne soit accusé du tir fatal...

Un traitement malin est joliment informatif et gorgé d'émotion, mais si son fameux concept de point de vues au pluriel est habilement maitrisé au départ, il se trouvera pourtant très vite submergé par une démultiplication trop importante de personnages - dont certains sont cruellement sous-traitées -, ce qui rend de facto la plupart de ses intrigues salement mutilées, au profit de certaines plus importantes, mais pas forcément plus fascinantes.

Fébrile scénaristiquement, et encore plus dans sa tentative de maintenir la tension de tout son long, trop classique et manichéen dans son approche, Parkland ne se sublime réellement que lorsqu'il aborde avec minutie le corps médical qui tentèrent en vain, de sauver JFK, ou encore le destin tragique de la famille Oswald, qui catalyse toute la haine d'un peuple abattu mais pressé de faire son deuil en pointant du doigt, un bouc émissaire facile.


James Badge Dale, dans la peau du frère de Lee Harvey, Robert, trouve d'ailleurs ici son meilleur rôle, littéralement bouleversant dans la peau d'un homme profondément attaché à sa famille, mais dont le désir de justice est profondément ancré dans ses entrailles.

A ses côtés, Paul Giamatti, Billy Bob Thornton, Jacki Weaver et un étonnant Zack Efron, font le boulot sans pour autant forcer leur talent, dans une réalisation alternant entre cadrage à l'arraché - caméra à l'épaule pour faire ressentir le sentiment d'urgence et la panique du moment -, et zooms soudains, plus ou moins bien sentis.

Sans véritable recul avec les faits historique, classique mais fondamentalement humain, Parkland touche sans pour autant convaincre malgré toutes ses bonnes intentions de départ.
Trop englué dans sa banalité de ton pour vraiment répondre de ses ambitions, il n'en reste pas moins un joli exercice de style au casting royal, hommage nécessaire aux oubliés de l'histoire.


Simple, respectueux mais laissant infiniment sur sa faim à causes de ses (trop) grosses imperfections, la bande aurait clairement pu être de ces films chorals à l'ampleur culte aussi imposante que son propos.

Dommage, vraiment dommage...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.